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La Singulière Tristesse du gâteau au citron,
Aimee Bender, Editions Points
Ma note : 10/20

J’ai souhaité lire ce roman dès que je suis tombée sur sa couverture aux couleurs attrayantes. La lecture du résumé de l’éditeur n’a fait qu’accroître cette envie. J’aurais peut-être davantage dû me fier aux avis de mes compères bloggeurs…

Mon résumé

Le jour de son neuvième anniversaire, Rose goûte au gâteau préparé par sa mère et se découvre un don tout à fait nouveau : elle parvient à décrire avec minutie toutes les émotions ressenties par sa mère lors de la préparation du gâteau au citron. Et cela n’est pas spécifique à ce gâteau, ni à sa maman ! Ce don est universel, elle ne saurait y échapper. Dès qu’elle goûte de la nourriture, elle peut remonter la chaîne alimentaire jusqu’à savoir si telle laitue de son hamburger est bio, ou si le cuisinier qui a haché le persil était en colère. Mais ce don devient vite un fardeau, et pour y échapper, Rose se réfugie dans la nourriture industrielle plus « neutre ».

Mon avis

L’histoire m’a d’emblée séduite lorsque j’ai lu le résumé de quatrième de couverture, et j’avais hâte de voir comment elle serait exploitée. Et bien, justement : elle n’est absolument pas exploitée. Je m’attendais à ce que Rose se serve de son don pour aider les gens autour d’elle, pour les consoler, les réconforter, pour devenir altruiste. Au lieu de quoi, elle s’enferme dans un monde de solitude totalement désespérant. Je ne me suis absolument pas attachée à la protagoniste qui nous conte elle-même son histoire, et l’ai même trouvée profondément antipathique. Le mot est fort, mais c’est véritablement ce que j’ai ressenti. Enfant, ses mots semblaient trop adultes, son vocabulaire inadapté à une gamine de son âge. Adulte, ses réactions me paraissaient puériles. Le livre retrace le passage de Rose à l’état adulte, et j’ai pourtant trouvé que sa narration et son comportement manquaient cruellement d’évolution.
Le comportement de Joseph paraît profondément antisocial à Rose, mais que dire du sien ? Peu d’amis, des parents avec lesquels elle entretient une relation très distancée, un frère quasiment toujours absent… Le manque de complicité avec qui que ce soit alentour est assez flagrant. La seule nuance que j’apporterai provient du personnage de George, que j’ai adoré. L’attrait qu’il suscitait chez Rose m’a été communiqué, sans que je sache pourquoi. Il n’est décrit physiquement que très brièvement, mais j’ai aimé son attitude, sa façon d’épauler et de protéger Rose. Seul son mariage m’a évidemment dérangée, tout comme l’indifférence de Rose à cette annonce. Ce qui me fait d’ailleurs dire que Rose, capable de sentir les émotions des autres, est elle-même incapable d’en ressentir en-dehors de son envie pressante de retourner à ses huit ans. Une protagoniste fade, sans intérêt, en dehors de sa particularité mise en avant ici.

L’intrigue est à mon goût assez mal menée. Longue. Bancale. J’ai été dérangée par le manque de ponctuation des dialogues. L’histoire aurait vraiment pu donner quelque chose de très sympa, si seulement elle avait eu plus d’envergure. Au lieu de quoi, je l’ai trouvée sans intérêt, tout comme la protagoniste. J’ai vogué au gré des pages en cherchant le sens de la diégèse : où l’auteur souhaitait-elle m’emmener ? Sur quoi se focaliser ? Mais non, décidément, cela va dans tous les sens, et dans aucun à la fois. Au début, l’on croit qu’il faut suivre le parcours (initiatique ?) de Rose attentivement. Puis, l’on croit à une péripétie à la suite de l’annonce de la liaison de sa mère avec un autre homme, chose qu’elle découvre à travers la culpabilité et le bonheur d’un plat préparé. La dernière partie du roman se concentre sur Joseph. On attend des révélations qui ne viendront jamais. Idem pour le père : en refermant le livre, l’affaire des hôpitaux n’est toujours pas résolue. Un récit inachevé.

En conclusion

Je pensais d’abord attribuer un 12 à ce roman, et puis la fin si insatisfaisante m’a fait revoir ma note à la baisse. Je me suis posée une question centrale : est-ce que je pourrais le recommander ou l’offrir à un ami ? Non. Et c’est à partir de 10 qu’un livre se passe de mes recommandations. La moyenne tout de même, car malgré tout j’ai eu envie d’aller jusqu’au bout de ma lecture. J’attendais quelque chose qui n’est jamais arrivé. J’espèrais beaucoup plus de ce livre, je dois ainsi avouer que je suis légèrement surprise de voir figurer sur mon exemplaire « Prix du meilleur roman des lecteurs de Points ». Si quelqu’un parmi vous a apprécié cette lecture, n’hésitez pas à venir la défendre !

La Parisienne

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