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Réparer les vivants
Maylis de Kerangal
Ma note : 12/20

Vu l’écho que ce roman a eu sur les blogs et face à l’accumulation des retombées médiatiques, ma curiosité l’a emporté. Je ne pouvais pas entendre parler de quelque chose sans avoir fondé mon propre avis sur la question.

Mon résumé

Réparer les vivants, c’est l’histoire de Simon Limbres, un jeune de 19 ans dont le cerveau meurtri déshabite son corps à la suite d’un accident de voiture au retour d’une session de surf. C’est aussi l’histoire de Marianne et Sean, ses parents, qui sont confrontés à une réalité inimaginable, celle du don d’organes. C’est enfin l’histoire de tous les autres, Thomas Rémige, Cordélia Own, Claire, Juliette, Lou…

Mon avis

Il faut se le dire : sans le succès qu’a connu le roman et le bruit qu’il a fait autour de lui, je ne l’aurais jamais lu, encore moins acheté. Le thème ne me séduisait vraiment, mais alors vraiment pas. La quatrième de couverture, pour tout vous dire, me donnait envie de fuir en présentant la diégèse comme une « chanson de geste » – ah mes souvenirs de littéraire avec la Chanson de Roland en cours d’Ancien Français, mais quelle horreur !! Et puis, finalement, la curiosité l’a emporté. Quand un livre connaît autant de succès, je me demande toujours si c’est justifié. Alors, je prends l’initiative de vérifier par moi-même.

Il faudra dissocier deux choses importantes : le propos du style. Le fond de la forme. S’il m’a été difficile d’accrocher au thème, de m’attacher aux personnages, de compatir à leur douleur, j’ai néanmoins beaucoup apprécié la plume de l’auteur. De jolis mots très soigneusement sélectionnés. C’est pour moi le gros plus du roman, c’est ce qui justifie sa gloire, c’est la raison pour laquelle, d’après moi, on le lit, on le recommande, on en parle. La seule chose du style de l’auteur qui m’a vraiment profondément dérangée, ce sont les longueurs des phrases. Quand j’écris (au sens littéraire, j’entends), j’aime les phrases courtes. Percutantes. Nominales et averbales parfois. Et là… mais qu’est-ce qu’on s’y perdait ! Comme les phrases traînaient ! J’ai souvent du relire plusieurs fois pour focaliser mon attention, j’ai donc recouru à un très très gros effort de concentration pour venir à bout de phrases longues d’une ou de pages, dans une lignée proustienne précoce. S’il vous plaît, plus jamais, c’est une torture. Ca m’a gâché le plaisir de cette si belle écriture, et c’était vraiment dommage. Autre chose qui m’a gênée : les discours directs libres. Je déteste ça. Voir des dialogues insérés sans la ponctuation adaptée. Le DIL ne me dérange pas, mais là, DDL participait également des quelques lourdeurs du style.
Ensuite, il y a la trame. L’histoire. Et là… c’était pas vraiment pour moi. Le don d’organes, c’est un sujet très délicat. Je me suis mise à la place de Simon, car j’ai presque le même âge que lui. Mais la facilité avec laquelle l’auteure passe d’un personnage à l’autre n’a pas réussi à attirer ma sympathie. Et en même temps, cette rapidité qui nous fait jongler entre les protagonistes, c’est aussi ce qui fait la beauté du roman, ce qui le rend presque cinématographique. J’imaginais très bien des scènes qui s’enchaînaient, où l’on se focalisait tantôt sur l’un, tantôt sur l’autre. Il m’a manqué quelque chose pour réellement me passionner. Le thème aurait pu être très émouvant, mais c’était loin de tout sentiment… loin d’être humain, paradoxalement.

En conclusion

J’aimerais retrouver l’auteure dans un autre roman. Ses anciens titres ne m’attirent absolument pas – comment lire un roman qui parle d’un pont ? pardonnez-moi, ma fibre littéraire a ses limites. Je suis surprise que Réparer les vivants ait obtenu le Grand Prix Lire RTL, ainsi que le prix Roman des étudiants France Culture. Je ne le trouve pas facilement abordable. Si le style a su me séduire, difficile d’en dire autant du récit. Affaire à suivre !

La Parisienne

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