engrenage-mathieu-meriguetEngrenage,
Mathieu Mériguet
Ma note : 12/20

J’ai été contactée par Mathieu Mériguet via la page Facebook du blog ! Et oui ! Et j’étais on ne peut plus ravie de recevoir un service de presse en étant en contact direct avec l’auteur. C’est donc avec joie que je me suis empressée d’accepter de recevoir son livre.

Mon résumé

Vincent est un jeune homme à qui tout réussit. Il a un bon emploi dans la vente par téléphonie, vit avec sa petite amie Sarah qui est la soeur de son meilleur ami Jeremy dans un grand appartement. Le jour où il se fait licencier marque pourtant pour Vincent le début d’une longue descente aux enfers. La situation semble s’aggraver de jours en jours… jusqu’à ce qu’il commette l’irréversible.

Mon avis

Tout d’abord, je ne suis pas certaine que j’aurais choisi Engrenage dans les rayons de ma librairie préférée si l’on ne me l’avait pas conseillé. Je n’aime pas tellement la couverture un peu grossière, où l’on voit clairement le montage en transparence, et qui pour moi manque de finesse, de subtilité et de sobriété. Et sans attrait pour la couverture, je m’aventure rarement à la lecture du résumé de quatrième de couverture. Je suis donc ravie de cette expérience de lecture plutôt agréable qui m’a poussée à découvrir un livre que je n’aurais sûrement pas lu de moi-même.

L’intrigue est plutôt happante : Vincent est un Monsieur tout le monde qui mène un train de vie ordinaire et qui, au lendemain de son licenciement, va devoir affronter un enchaînement d’évènements qui sauront lui faire repousser de plus en plus loin ses limites morales et ses propres valeurs. L’histoire est donc celle d’une mécanique bien huilée qui démontre la facilité de dépravation d’un individu au détour de rencontres hasardeuses, le tout légitimé par un besoin financier croissant. Le livre se lit rapidement, avec un intérêt décuplé par les quelques coups de théâtre finement orchestrés par l’auteur.

Cependant, je déplore un langage plutôt pesant, souvent maladroit. Mathieu Mériguet ne choisit pas la facilité avec l’emploi du passé simple et de l’imparfait, j’ai toutefois noté des erreurs récurrentes dans la concordance des temps. J’ai aussi observé de très, très nombreuses répétitions qui parasitaient ma lecture : une saturation de liens logiques (« cependant », « pourtant », « c’est pourquoi », « par conséquent », « d’ailleurs », « aussi », « ainsi »…) manquant de naturel et qui ont très fortement nui à la fluidité de ma lecture. Il ne s’est pas passé une page sans que je n’entoure au moins deux de ces connecteurs, et c’est vraiment dommage. Une confusion entre le futur et le conditionnel m’a également fait grincer des dents à plusieurs reprises.
Si le rythme du roman est tout à fait intense, celui de l’auteur est souvent bancal : de bien trop nombreuses phrases commencent par une dislocation ou un détachement de l’adverbe, ce qui m’a fait davantage pensé à un tic oral plutôt qu’à une caractéristique de style. J’ai noté quelques rares incohérences dans l’intrigue : un prénom qui apparaît avant que le personnage ne se présente, une phrase qui se répète deux fois à la suite, des maladresses dans des passages qui se suivent et qui disent exactement la même chose… Autant de petites erreurs techniques auxquelles une jeune plume saura remédier.
Enfin, j’aurais aimé m’attacher davantage au personnage principal. Aucune description physique n’est faite de lui, et les quelques traits de caractère qu’il nous montre ne sont pas très avantageux (sa fierté notamment). Un petit quelque chose m’a manqué.

En résumé

La fin d’Engrenage nous laisse très nettement escompter une suite, que je lirai avec plaisir. Je suis certaine que Mathieu Mériguet saura vite pallier les quelques défauts que j’ai soulignés, qui ne sont que formels, car l’essentiel est là : le plaisir de l’intrigue. Une belle découverte.

La Parisienne

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