9782265099029ORIA la mesure de nos silences,
Sophie Loubière
Ma note : 14/20

Avant toute chose, je tiens à témoigner mon infinie reconnaissance à Babélio et Fleuve Editions, qui m’ont permis de recevoir ce service presse, et grâce à qui je vais pouvoir rencontrer l’auteure demain !

Mon résumé

A quelques semaines de passer son bac, Antoine se fait soudainement « kidnapper » par son grand-père. En l’échange de deux jours sans technologie, François entreprend en effet de faire changer son petit-fils. L’occasion de conter à demi-mots une histoire ignorée et tue jusqu’à présent : celle de la guerre, de la 13ème division des SS, de Villefranche-de-Rouergue.

Mon avis

Je sors de cette lecture à la fois émue et déçue. Emue, parce que l’histoire que l’on nous raconte est tout aussi belle et qu’horrifiante. Déçue, parce que l’on retrouve tout du résumé de quatrième de couverture, mais ça ne va pas tellement plus loin.

Avant toute chose, je tiens à souligner l’extrême élégance de la plume de Sophie Loubière. D’entrée de jeu, j’avais déjà été séduite par la poésie du titre. Par la suite, j’ai adoré son style, ce fut un vrai plaisir d’accompagner François et Antoine dans leur aventure à travers une écriture d’une telle qualité. L’alternance des trois narrations rend la lecture fluide. Les chapitres courts aident aussi à dévorer le livre très rapidement, et j’aime toujours beaucoup ça.

Pour ce qui est de l’histoire en elle-même, j’ai bien aimé le personnage d’Antoine, même si je l’ai parfois trouvé un peu stéréotypé dans le portrait typique de l’adolescent incompris, le climax étant atteint dans l’une des scènes finales où l’on apprend qu’il a voulu se mutiler. Je ne pense pas qu’il était nécessaire d’accentuer son caractère à ce point-là. Quant à François, j’ai eu beaucoup de mal à le cerner, et même en ayant clos le roman, je ne sais toujours pas quelles étaient ses intentions. Je pensais que l’amour l’animait, alors que le dénouement nous apprend que ce n’est pas vraiment le cas, qu’il a plutôt épousé la soeur de son meilleur ami par culpabilité et fierté…

J’ai trouvé le récit plutôt émouvant, et enrichissant. L’on découvre une facette de la Seconde Guerre Mondiale mal connue, que l’on ne nous enseigne pas à l’école. J’ai aimé découvrir l’histoire de cette petite ville de France. Le voyage de François et Antoine se veut volontairement initiatique. Pourtant, j’ai trouvé que rien n’avait vraiment changé pour Antoine au retour de ce weekend, ou en tout cas, l’évolution n’est pas franchement marquée ni développée. Quant à leur échappée en elle-même, si j’ai bien accroché au début, je me suis un peu ennuyée vers la fin. Il ne se passe pas grand chose. La scène de la station service a eu un drôle d’échos avec les récents évènements (un tireur fou débarque pour se venger d’une insulte), mais n’était pas vraiment développée et n’avait donc que peu d’intérêt. Enfin, j’aurais aimé que l’auteure pousse la réflexion un peu plus loin et nous surprenne davantage. Il m’a manqué un petit quelque chose.

En conclusion

Premier contact avec l’écriture de Sophie Loubière qui s’avère concluant ! C’est avec plaisir que je renouvèlerai l’expérience.

La Parisienne

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