Fifty-Shades-of-Grey-Film-t_720x1080Cinquante nuances de Grey
Ma note : 14/20

Après avoir lu le livre phénomène, mon insatisfaite curiosité n’a pas souhaité s’arrêter là. Voilà pourquoi (et comment) je me suis retrouvée au cinéma pour aller tester la tant attendue adaptation de Cinquante Nuances de Grey. Et comme je ne fais pas les choses à moitié, j’ai bien évidemment mis à profit la date maudite de la St Valentin pour expérimenter le tout.

Mon résumé

Est-ce vraiment bien nécessaire de rappeler l’histoire d’Anastasia Steele, la jeune étudiante en littérature qui fait la rencontre du beau et mystérieux Christian Grey ?

Mon avis

Le phénomène Fifty Shades a su me prouver une chose : je suis tout aussi influençable qu’un mouton de Panurge, et n’ait guère plus de volonté qu’une chaussette molle. Lorsque la déferlante Fifty Shades a débarqué en France, j’ai souhaité, l’espèce d’un instant, me rebeller, et dans mon élan de féminisme, combattre cette vague de clichés. Mais voilà : la curiosité a pris le dessus, et je me suis retrouvée sans me comprendre à lire la trilogie dans son intégralité en un temps record. Paradoxe 1 – Cohérence 0.
Je me doutais bien que ce roman aurait son petit effet sur moi, et c’est, je crois, ce qui me frustrait le plus. J’aimerais être insensible à de tels best-sellers. Malheureusement, j’ai toujours l’insatiable envie de savoir de quoi tout le monde parle, et malgré moi, je me mets à aimer, à me prouver que mes goûts ne sont pas aussi élitistes que ce que j’aimerais croire en qualité d’ex-khâgneuse et d’étudiante en lettres, et à finalement comprendre que mon esprit critique est décidément bien torturé pour, tout en ayant conscience de la piètre qualité de ce que je lis, l’apprécier tout de même. C’est mon petit côté schizophrène.Voilà pour mon auto-critique.

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Connaissant l’histoire, je n’attendais pas de ce film qu’il m’apprenne quelque chose. Je souhaitais plutôt retrouver une fidélité à l’intrigue originelle, mais j’étais perplexe et me posais la même question que vous tous : comment adapter un tel roman sur grand écran sans tomber dans la pornographie, en ne l’interdisant qu’aux moins de 12 ans, et tout en restant fidèle à la trame de départ ? Vaste pari, pourtant tenu (sauf pour l’interdiction aux moins de 12 ans, à mon goût).

Je ne vais pas vous mentir. Evidemment, cette adaptation comporte des défauts, dont le plus grand selon moi est probablement la VF. J’aurais préféré le voir en VO, mais le cinéma où je suis allée ne le diffusait qu’en VF. Et là, c’est le drame. QUI a choisi ces voix ? Pour Christian, passe encore. Mais Ana, ce n’est vraiment pas possible. D’une niaiserie insupportable, la voix d’Ana ne correspond pas du tout à ce qui émane du film. Et le summum est atteint dans la scène du bar où Ana, saoule, contacte Christian par téléphone. Sincèrement, je ne pense pas que la doublure de la voix d’Ana ait été bourrée très souvent dans sa vie. C’était quand même très drôle, et surtout très peu crédible. Mais bon, cette scène aura eu le mérite de me faire beaucoup rire.
Dans cette même scène, j’ai été plutôt choquée de voir la tenue vestimentaire d’Ana. Bien sûr, E.L. James ne nous la vend pas comme une fashionista. Ana est même le prototype de la fille « jolie » qui ne fait pourtant pas nécessairement attention à elle, chose qui bien évidemment évoluera au contact de Christian. Cependant, autant de laisser aller, c’était quand même un peu too much.

Concernant le casting, j’émettrai certaines réserves. Dakota Jonhson ne m’avait pas convaincue lorsque je l’avais découverte, mais je trouve finalement qu’elle interprète très bien le personnage d’Ana. Elle s’est très bien approprié le tic de se mordre la lèvre : un rendu naturel, bon point. Christian n’était pas vraiment tel que je l’imaginais, mais j’ai bien aimé retrouver Jamie Dornan à l’écran (souvenez-vous, il jouait le Chasseur dans Once upon a time). Son regard faisait bien passer les émotions, mais j’aurais tout de même préféré un jeu plus torturé.
Ca se dégrade dès que l’on aborde la problématique des personnages secondaires. Une Kate bien trop âgée pour le rôle, un Elliot censé être « beau » (c’est raté !!), une Mia bien plus distante que dans le livre… Et la mère d’Ana qui ressemble davantage à Kate qu’à sa fille !

Autre point négatif : certains détails du livre peuvent passer inaperçus à l’écran si le spectateur n’est pas familier de l’univers Fifty Shades. Je pense par exemple à la scène de la culotte volée. J’ai été franchement déçue de voir supprimée la scène du hangar qui suit le repas de famille, qui avait été un moment phare de ma lecture.

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Pourtant, dans l’ensemble, j’ai tout de même apprécié le film. J’ai adoré la bande originale qui collait parfaitement à l’ambiance du film. Les images ont su conférer à l’intrigue ce qui manquait au roman. J’ai nettement mieux cerné la peur d’Ana en découvrant moi-même la salle de jeux de Christian. Beaucoup plus impressionnant sur grand écran que toutes les descriptions du monde !
Peu d’action dans ce film qui concentre l’attention sur l’histoire d’amour, ce qui ne m’a pas tant ennuyée que ce que j’imaginais. Après tout, on s’y attend ! J’ai trouvé Ana très drôle, même si ses « pensées » m’ont manqué. Dans le livre, on voit tout à travers ses yeux. Et l’objectivité du film m’a un peu gênée… même si elle est compréhensible. Par contre, j’aurais tout de même aimé que les personnages secondaires aient plus d’importance. José, par exemple, est totalement évincé de l’intrigue !

Les scènes d’amour torride sont plutôt bien dosées. J’ai par moments regretté un Christian trop doux, surtout lors de la scène finale. Même moi, j’aurais fait mieux. Je comprends la gêne qui peut exister entre deux comédiens, mais tout de même… Autre détail : je déteste ces films où l’on montre beaucoup plus la nudité féminine que le corps masculin. On ne voit jamais entièrement Dakota, mais tout de même beaucoup plus que Jamie ! Enfin, que voulez-vous, c’est le cinéma hollywoodien…

En conclusion

Un très long article construit dans le détail pour vous transmettre les cinquante nuances de ce film pour lequel je n’ai pas d’avis bien tranché. Je suis tout de même contente de l’avoir vu. Pas vous ?

La Parisienne

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