nos-faces-cachees-510548Nos faces cachées,
Amy Harmon
Ma note : 16/20

Difficile de rester totalement insensible au bruit causé par Nos faces cachées sur la blogosphère. Et comme tout livre-phénomène, j’ai bien entendu souhaité savoir de quoi il était question. Puisque l’une de mes amies a récemment gagné les épreuves lors d’un concours organisé par R, elle a gentiment accepté de me les prêter, et je l’en remercie :).

Mon résumé

Ambrose Young, en plus d’être un lutteur d’exception, est un jeune homme beau qui semble promis à un avenir radieux. Fern est une petite rousse transparente à ses yeux, amoureuse de lui depuis le jour où elle l’a rencontré. Bailey, le cousin de Fern, est cloué dans son fauteuil roulant en raison de sa myopathie. Nos faces cachées relate les destins croisés de ces trois protagonistes, ainsi que ceux de Paul, Beans, Jesse, Rita, et les autres.

Mon avis

Je suis contente d’avoir lu la version « épreuves », car je n’aime pas particulièrement la couverture de ce roman. C’est dommage, car d’habitude je suis rarement déçue de la collection R. Déjà, je trouve les couleurs trop sombres. Je comprends la symbolique, c’est Ambrose qu’on imagine, mais ce n’est pas une couverture qui m’aurait attirée en librairie. Comme quoi, « don’t judge a book by its cover » !

Le roman s’ouvre alors que nos personnages sont en terminale. D’emblée, on apprend que Fern n’est pas très jolie, et qu’Ambrose est incroyablement beau. Une thématique récurrente du roman, qui a d’ailleurs fini par me lasser. A force de répéter que Fern n’est pas belle, mais le devient, et qu’elle n’en est pas consciente… j’ai fini par en avoir un peu marre.
Fern est un personnage plutôt fade, que je n’ai pas apprécié plus que ça. D’ailleurs, est-ce un hasard si Fern rime avec terne ? J’ai tout de même beaucoup aimé la relation qu’elle entretenait avec Bailey, son attrait pour les romances et son goût pour l’écriture. En dehors de ça, je l’ai trouvée vide. Elle n’a pas d’aspiration pour son avenir, sa seule obsession s’appelle Ambrose. Il m’a manqué quelque chose.

Ambrose, quant à lui, est un personnage tendre, pour lequel le lecteur se prend à porter de l’affection. Ses blessures nous vont droit au coeur, et ne l’en rendent que plus touchant. J’ai bien aimé son petit côté torturé.
Bailey est probablement le personnage le plus « réel » de tout le roman. Celui que l’on a le moins de mal à imaginer exister dans la vraie vie. C’est un personnage profond, émouvant, incroyablement vivant et courageux. Pour une fois, j’ai été ravie de voir que le pauvre enfant malade en fauteuil roulant n’était pas la risée de tout son lycée, mais avait au contraire le respect des « populaires ». Un bon point pour une auteure qui n’est pas tombé dans la facilité des clichés, pourtant omniprésents dans les romans young adult.

L’intrigue se déroule dans les années 2000, un choix qui se justifie par des besoins historiques. C’est quelque chose que j’ai bien aimé, on ne lit pas assez de romans qui prennent appui sur les attentats du 11 septembre 2001, et c’est pourtant un évènement marquant de l’histoire des Etats-Unis. Malgré ça, j’ai trouvé que l’intrigue était un peu empreinte d’un autre temps. Des enfants à 18 ans ? Le mariage dans la foulée ? Pas d’études post-bac ? Il me semble que l’on est davantage dans un contexte des années 70-80, allez.
J’ai trouvé peu crédible le fait que Rita se marie et ait un enfant lorsque Fern n’avait jamais embrassé de garçon. Un si grand décalage entre les personnages m’a un peu dérangée. Idem pour la facilité avec laquelle Ambrose convainc ses amis de le suivre… De même, je m’attendais à ce que le roman s’étale davantage sur la période du lycée, or elle n’est qu’une mise en situation de départ. J’ai cependant trouvé que le temps passait d’une façon plutôt étrange.

L’écriture est fluide, le roman se lit très rapidement. Deux typographies nous distinguent le présent du passé, ce qui clarifie la lecture. Les titres des chapitres, dont la véritable signification nous est donnée à la fin, m’ont paru tout simplement géniaux. C’est un détail qui m’a beaucoup plu.
En lisant cette histoire, j’ai eu le coeur serré. J’y ai trouvé quelque chose que je ne m’attendais pas à lire, et c’est un sentiment que j’adore : être surprise. J’ai apprécié la profondeur des thèmes abordés (la guerre, le terrorisme, le handicap, la violence conjugale). J’ai bien aimé tous les drames qui entourent les personnages, qui les rendent attachants et intéressants. Sans eux, Ambrose se serait-il retourné sur Fern ?

En conclusion

J’attendais un coup de coeur de ce roman, mais il m’a manqué un petit quelque chose. Nos faces cachées n’en fut pas moins une agréable lecture, avec son lot de petits défauts. Je pense que Bailey et Ambrose me hanteront longtemps. Amy Harmon a eu raison de croire en elle, pari de l’auto-édition réussi !

La Parisienne

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