1546240_1626074914281915_62433640733906596_nJe vous le disais en vous parlant de Et je danse, aussi : Babelio, c’est un site un peu magique pour les petits lecteurs que nous sommes. Encore une fois, lorsque j’ai vu le concours proposant de rencontrer les auteurs de ce roman épistolaire, je n’ai pas hésité une seule seconde. Et j’ai eu raison ! (propos reconstitués)

Retour sur ma rencontre avec
Anne-Laure Bondoux et
Jean-Claude Mourlevat

.

Qui a eu l’idée d’écrire un roman à quatre mains ?
A.L. : C’est Jean-Claude qui a eu cette idée.
J.C. : Moi, ça m’allait très bien ! Pendant six mois, j’ai mesuré 1m92 et j’ai eu un Goncourt.
A.L. : Nous sommes amis depuis 15 ans. Nous sommes tous les deux des écrivains jeunesse, et nous nous sommes d’ailleurs rencontrés lors d’un salon. Nous avons évoqué notre façon de travailler et nous nous sommes rendus compte que nous avions des habitudes communes. Lorsque cette idée nous est venue, nous ne savions pas vraiment où nous allions, nous écrivions « à la lanterne », comme dit Jean-Claude, sans vraiment savoir la suite. Moi, je n’y croyais pas du tout.

Vous êtes chacun édités à votre nom dans votre maison… Le choix de votre éditeur commun a-t-il posé problème ?
J.C. : Nous sommes tous deux édités chez Gallimard, pour la jeunesse. Mais en matière de roman adulte, nous sommes tous les deux des débutants. Mon premier roman a été publié en 1998, au bout de six envois à des maisons d’édition. J’avais un peu l’impression de retourner à cette situation ! Nous avons envoyé notre manuscrit à 5 maisons seulement avant de recevoir une réponse positive. L’enthousiasme de Fleuve Editions a été immédiat.
A.L. : Pour ma part, j’étais assez pessimiste. Nous n’avions pas du tout le réseau pour porter ce roman. Jean-Claude, lui, est doté de ce « flegme anglais » qui le rendait totalement optimiste.
J.C. : C’est vrai ! Mes tiroirs sont vides : tout ce que j’ai écrit jusqu’à présent a été publié. Pourquoi en aurait-il été autrement avec ce roman ? (rires)

Comment avez-vous procédé pour écrire ce roman ?
J.C. : Il s’agit d’un roman épistolaire qui provient de la boîte mail de Pierre-Marie Sotto. Moi, j’ai toujours endossé la plume de Pierre-Marie, tandis qu’Anne-Laure a incarné chacun des autres personnages. Elle les a tous inventés. Nous n’avons pas du tout discuté pour créer nos personnages, nous avons décidé d’en jouer. C’est Adeline qui m’a attribué un Goncourt et trois mariages. Ca m’a d’ailleurs fait sourire, et je l’ai corrigée : pas trois mais quatre !
A.L. : Je ne vous explique pas ma surprise le jour où j’ai ouvert ma boîte mail et ai découvert une lettre qui commençait par « Cher Max » ! Ce jour-là, quand même, j’ai appelé Jean-Claude. Nous avons également eu une discussion téléphonique pour nous mettre d’accord sur l’ouverture de l’enveloppe. En commençant le roman, je ne savais pas moi-même ce qu’il y aurait dans l’enveloppe, mais je ne voulais pas que ce soit un manuscrit. Chacun avait ses hypothèses, mais nous nous sommes mis d’accord seulement le jour J.

Avez-vous rencontré des difficultés ?
A.L. : Nous n’avons jamais eu de désaccord profond. Nous avons eu une mise au point pour le scénario, et une grande concertation a été nécessaire, pour la fin. Ce roman à quatre mains, c’est véritablement une « leçon de modestie » pour moi, du fait d’avoir travaillé avec un autre auteur.
J.C. : Nous n’avions que l’idée de départ : celle d’un roman épistolaire. Mais nous n’en savions pas davantage lorsque l’on a commencé à écrire. D’ailleurs, les dates de mails retracent notre avancée en temps réel. Sauf pour l’ellipse finale, bien évidemment. Nous avons consacré quatre jours à la relecture, après nos six mois d’écriture. A ce moment-là, nous avons beaucoup enlevé et ordonné, afin de donner de la cohérence à l’ensemble.

La fin ouverte pourrait laisser présager une suite… y avez-vous pensé ?
J.C. : C’est au lecteur d’envisager la fin de son choix. C’est le but d’une fin ouverte ! J’ai toujours peur des suites : je n’aimerais pas que ce soit moins bon que l’original. Je pense que nous sommes allés au bout de l’histoire.
A.L. : Pour moi, les personnages continuent d’exister dans la vie quotidienne. Mais j’ignore s’il y aura une suite papier.

Combien de vous avez-vous mis dans vos personnages ?
J.C. : Je ne me sens pas tellement Jean-Marie Sotto. J’ai dû mettre en lui 50% de ma personnalité, mais guère davantage. J’ai en commun avec mon personnage mon engagement dans l’écriture.
A.L. : Je me sens bien plus proche d’Adeline que Jean-Claude de Jean-Marie. Je suis 75.5% d’Adeline : dans des détails, des réflexions, des expériences, des émotions ressenties. Pour Josy et Max, je me suis inspirée de la boîte mail commune de mes parents ! Mais demandez plutôt à Jean-Claude ce qu’il pense des points de suspension ! (rires)

Enfin, pourquoi ce titre ?
A.L. : Le titre sous lequel nous avons envoyé notre manuscrit était « Prières pour ceux qui restent ». Mais notre éditeur a trouvé ce titre trompeur, il ne correspondait pas du tout au ton du roman. Après ça, nous avons songé à « Le contraire du malheur », mais ça faisait deux négations… Nous nous sommes mis d’accord sur le titre actuel, qui nous plaît bien.
Editeur : Il est à noter que ce livre a été vendu dans 6 pays à l’étranger, avant même sa sortie en France ! Fait suffisamment rare pour être souligné.

Et je danse aussi

Cette rencontre fut assurément la plus riche qu’il m’ait été permis de faire, et je suis vraiment ravie d’y avoir participé. Il y a eu un réel débat entre lecteurs – éditeur – auteurs, et échanger en direct de cette façon n’est pas une expérience quotidienne ! Alors, pour ça, encore merci Babelio, et Fleuve Editions !
Je vous rappelle au passage le concours en cours pour remporter deux exemplaires de Et je danse, aussi. Bonne chance !
La Parisienne

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