9782226317186Toute la lumière que nous ne pouvons voir,
Anthony Doerr
Ma note : 15/20

J’avais repéré la jolie couverture de Toute la lumière que nous ne pouvons voir en librairie, avant de tomber sur la critique très enthousiaste et élogieuse de Pretty Books, qui est toujours de bon conseil. Attirée par le résumé, il ne m’en a pas fallu davantage pour souhaiter découvrir ce livre qui promettait d’être émouvant. Merci aux éditions Albin Michel pour cet envoi !

Mon résumé

Marie-Laure est une jeune fille de 16 ans, qui a appris à vivre sans voir grâce à son père. Werner, quant à lui, est un Allemand orphelin, embarqué dans l’armée de son pays pour ses talents exceptionnels en physique qui firent de lui un atout précieux pour son camp. En toile de fond : 1944, Saint-Malo, la guerre et les bombardements. Deux nations, deux destins qui n’étaient pas amenés à se croiser, et pourtant…

Mon avis

Dès les premières lignes, j’ai su que j’allais chavirer pour l’écriture d’Anthony Doerr. Un style très travaillé qui lui valut d’ailleurs le Prix Pullitzer, ce qui est assez significatif pour être signalé. Pourtant, pendant toute ma lecture, je n’ai pas pu m’empêcher d’être un peu gênée de la distance qui s’établit entre cette narration et l’histoire prenante des protagonistes.

Sur fond de seconde guerre mondiale, nous allons donc rencontrer Marie-Laure, une jeune aveugle française, et Werner, un soldat allemand. A travers leur histoire s’entremêle la fiction de l’Océan de flammes, un diamant maudit, et l’incroyable épopée de la radiophonie, un outil plus que précieux dans le contexte du conflit international qui fait rage.

Ce que j’ai préféré, en dehors des personnages que j’ai trouvés très attachants, c’est cette incroyable fin. Choquante. Indescriptible. Je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir l’estomac noué, la gorge serrée, la main devant la bouche pour étouffer un cri silencieux. Mes premières pensées vont à Jutta, bien sûr. Cette jeune enfant dont nous ne suivons que le portrait fantomatique tout le long du roman. Et puis, Werner, évidemment. Ce prodige d’intelligence qui ne cernera jamais pleinement l’ampleur du rôle qu’il joue, sous la protection de Volkheimer.

Ce livre nous interroge sur les frontières entre le bien et le mal. Qui sont les bons et les méchants dans cette histoire ? La guerre ne cause-t-elle pas finalement que des victimes ? Certaines plus innocentes que d’autres, mais toutes des produits de la faim, de la soif, de la nécessité de vivre… On excuserait même Von Rumpel. Quelques personnages sont détestables, bien sûr. Claude. Les soldats russes, même si l’officier semblait davantage se forcer pour « honorer » ses morts.
Mais, vous l’aurez compris, j’ai aimé cette réflexion en filigrane transversale au roman. Qui fait vraiment la guerre ? Qui porte le poids de la culpabilité ? Qui est bon, qui est mauvais ? Qui sommes-nous pour juger ?

En conclusion

Ce livre n’est pas un coup de coeur pour moi, mais il ne m’aura pas laissée indifférente. Encore une histoire sur la guerre, mais abordée d’un point de vue différent, mêlant une réflexion sur la frontière entre le bien et le mal, la transformation des hommes en objets au service d’une cause qui les dépasse, et dont ils ne partagent peut-être même pas les convictions. Un style très travaillé qui rend la lecture vraiment plaisante !

La Parisienne

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