9782749140049

Six femmes,
Tina Seskis

Six femmes est une parution que j’avais repérée dans le catalogue du Cherche-Midi. Comme j’ai, jusqu’ici, aimé tous leurs thrillers, j’étais très curieuse de découvrir le portrait de ces six femmes la nuit d’un drame qui les souderait pour toujours. Merci le Cherche-Midi pour cette lecture !

Le résumé

Elles sont six, se sont connues à l’université et se réunissent une fois par an pour un dîner, plus par habitude que par réelle amitié. Car, après vingt-cinq ans, leur parcours les a séparées et elles ont finalement aujourd’hui moins de secrets à partager que de choses à se reprocher. Cette année, les six ont organisé un pique-nique au bord de la Serpentine, la rivière de Hyde Park. Au fil des années, toutes ont connu des drames, adultère, veuvage, etc. Certaines d’entre elles en ont trahis d’autres, les rancœurs et regrets se sont accumulés, et les secrets aussi. Au bord de la Serpentine, après plusieurs verres de vins, la tension monte peu à peu et les langues se délient, libérant leur poison. Un terrible événement va soudain faire tourner la soirée au cauchemar. La vie des anciennes amies ne sera plus jamais la même… Après Partir, Tina Sekis réussit un nouveau coup de maître avec ce thriller psychologique d’une intensité redoutable et d’une acuité psychologique rare.

Mon avis

Ce qui est sûr, c’est que Six femmes est un roman à part, étrange, indescriptible. Il y règne une ambiance particulière : on y fait la connaissance de six femmes très différentes, qui se sont rencontrées lors de leur adolescence, et qui sont restées plus ou moins amies depuis lors. Chaque année, elles se retrouvent autour d’un pique-nique pour faire le point sur leur vie, et maintenir un semblant de lien entre elles.

J’ai eu très peur au départ, en ouvrant les premières pages. J’ai cru que le projet de l’auteur était simplement de critiquer les femmes qui ne souhaitent que maintenir un semblant d’amitié, alors qu’elles se détestent et se critiquent plus ou moins ouvertement, sur le dos les unes des autres. Heureusement, je me suis vite rendu compte que ce n’était pas cela, du moins pas uniquement.

Chacune de ces six femmes a sa particularité. Camilla souhaite tout contrôler, Renée subit encore les traumatismes de son adolescence, Juliette est toujours en quête d’identité, Natasha est une spectatrice impuissante de l’échec de son mariage, Sissy a du mal à se remettre de la mort de son mari, et Shioban est une pleurnicheuse maladroite.
A travers une alternance entre le passé et le présent, nous allons en apprendre un peu plus sur l’histoire de leurs vies, sur les événements marquants qui les ont jalonnées, sur ce qui construit leur personnalité et détruit les liens de leur amitié.

L’atmosphère de ce roman, que je qualifierais plutôt de drame que de thriller, est pesante. On s’attend à ce qu’il se passe quelque chose (que l’on découvre à peu près à la moitié du livre), et l’on ignore tout du dénouement, et même du but recherché par l’auteur : est-ce de souder ces amies dans le drame ? Ou de montrer à quel point les conséquences des non-dits peuvent être lourds, tant que les secrets n’éclatent pas ?
J’ai aimé découvrir ces six femmes, car aucune n’a une existence parfaite. Les moments de vie qui nous sont présentés m’ont paru très réalistes, car après tout, la vie est une succession de bons et de moins bons moments… Personne n’est épargné, chacune nous est présentée dans deux versions d’elle-même : dans son adolescence, et dans sa vie actuelle. Ces six femmes portent, à leur façon, le poids de leurs erreurs ou de leurs malheurs.

J’ai beaucoup aimé le sort de Renée, probablement parce que l’auteure joue jusqu’à la fin sur un quiproquo qui éclate au cours des dernières pages. J’aime toujours lorsqu’une vérité éclate pour bouleverser ce que les personnages ont pensé jusqu’alors, et ce fut le cas avec l’épisode de l’adolescence de Renée. L’auteure s’amuse à retenir des informations qui nous sont lâchées au compte-goutte, comme pour la nature du drame, l’identité de la personne qu’il touchera, etc.
Shioban est également l’une de celles qui m’a le plus parlé, par son comportement, par son caractère.

En conclusion

Six femmes est un roman particulier qui ne ressemble à aucun autre. On y attend un drame, qui survient assez tardivement dans la lecture. Ce que j’en retiens, c’est le portrait psychologique de six femmes qui ont chacune vécu leurs drames, et qui, malgré les apparences, ont construit un lien indéfectible entre elles.

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La Parisienne

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