109494532

Newland,
Stéphanie Janicot

Newland m’avait attirée par son intrigant résumé. Promesse d’une dystopie politique, ce livre m’avait d’autant plus interpellée qu’il est publié chez Albin Michel, une maison que je n’associe pas forcément à ce genre, et que je remercie pour cette lecture !

Le résumé

Suite aux mesures drastiques prises durant les siècles précédents, l’Europe devenue Newland vit désormais en paix et en harmonie. Chaque citoyen se voit orienté à quatorze ans vers la filière qui correspond le mieux à ses inclinations. Depuis l’enfance, au vu de ses performances, Marian est assurée d’être dirigée vers un domaine intellectuel. Aussi éprouve-t-elle un véritable choc à ne pas y être admise et un sentiment d’injustice qui va la conduire à transgresser les lois de Newland et en découvrir le fonctionnement, au risque de s’y briser.

Mon avis

Newland est un livre très percutant, qui m’a plu dès les premières lignes. Il n’est jamais facile de planter le décor d’une société futuriste : il faut que l’auteure décrive toutes les évolutions, les nouveautés, les règles et les lois du nouveau système, sans trop fournir d’informations au lecteur et sans non plus sombrer dans la description à rallonge. Newland fut en cela assez déroutant, mais plutôt habile, puisque les informations étaient distillées au fil des chapitres. Pour autant, je n’ai jamais été perdue dans cette nouvelle Europe, et il ne m’a pas été difficile d’entrer dans l’histoire.

Les chapitres alternent entre l’histoire de Marian, une jeune fille qui, lors de la Sélection, sera menée dans la caste des Noirs, alors qu’elle rêvait d’être une Blanche, et Dan, gouverneur de Brittonie quelques années plus tôt, qui expose son histoire. Par la suite, on rencontrera également le point de vue de Rhéa, parfaite intersection entre les deux précédents personnages.
Au fur et à mesure du récit, les intrigues s’imbriquent et font sens dans l’esprit du lecteur, qui ne peut y voir qu’une évidence. Je n’ai jamais douté du chemin que prenait l’auteure, ni de là où elle souhaitait m’emmener à travers ma lecture, ce qui avait un côté rassurant dans un monde qui m’était totalement inconnu.

Finalement, les histoires de Marian, Dan et Rhéa, bien qu’essentiels puisqu’ils apparaissent au premier plan de l’intrigue, m’ont paru presque secondaires. Ce qui importe bien plus à l’auteure, selon moi, c’est cette critique de notre monde, de notre Europe, à travers cette vision d’un Newland pas si parfait qu’il n’en a l’air.
Newland
est de ces romans qui font réfléchir. Ce n’est pas une simple lecture contemplative, elle comporte un véritable projet et une réflexion que j’ai beaucoup aimée. Stéphanie Janicot aborde des questions plus que jamais d’actualité, comme celle de la liberté de culte, l’abolition des religions, la fermeture des frontières, le contrôle des naissances, l’égalité des sexes… Je ne suis pas quelqu’un de très active dans la vie politique de notre pays, je suis les débats de loin, j’ai quelques convictions mais que je n’expose pas toujours publiquement. Pour autant, j’ai vraiment aimé la construction de Newland, et toutes les théories que cet état porte avec lui.

En conclusion

A la croisée de Divergente et Le Meilleur des Mondes, Newland est une lecture réflexive très intéressante, en parfait accord avec l’actualité, et qui est de plus vraiment bien écrit. J’ai beaucoup aimé découvrir ce futur improbable, et son histoire, à travers les lois et les événements qui l’ont forgé. Si vous aimez les lectures actives, qui vous restent en mémoire et font raisonner sur notre société, je vous invite fortement à découvrir ce récit improbable et très intéressant.

6 Je recommande

La Parisienne

Publicités