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Ne pars pas sans moi,
Gilly MacMillan

Récemment, j’ai été contactée par Les Escales, qui m’a proposé de recevoir leur dernier thriller, Ne pars pas sans moi, pour en donner mon avis. J’étais assez curieuse de découvrir ce roman à la lecture de son résumé de quatrième de couverture. Comme vous le savez, le thriller est un genre qui me plaît de plus en plus et auquel j’essaie de m’ouvrir, j’ai donc accepté la proposition avec grand plaisir. D’autant qu’il me permettait de participer au challenge Thriller avril lancé par ma copine Le Rousse Bouquine ! Un immense merci aux Escales pour cette belle lecture !

Le résumé

Un petit garçon de 8 ans est enlevé. Pour l’opinion et les médias, une seule coupable : sa mère. Et ils veulent sa peau… Alors qu’elle se promène dans les bois avec son fils Ben, Rachel le laisse partir devant elle jusqu’à l’aire de jeux. Quand elle arrive sur les lieux, Ben a disparu. Bientôt, médias et réseaux sociaux se déchaînent : Rachel est accusée d’être une mauvaise mère qui n’a pas veillé sur son fils…à moins qu’elle n’ait fait le coup ? Attaquée de toute part, soupçonnée par la police, Rachel ne peut se fier à personne : Elle seule peut découvrir la vérité et retrouver Ben.

Mon avis

La disparition d’un enfant est un sujet grave et éprouvant, bien que souvent relégué au rang de « faits divers » par les médias (ce qui ne sera pourtant pas le cas ici). Pour autant, je n’avais encore jamais rien lu qui parlait de ce sujet. Je ne connaissais que quelques films qui abordait cette thématique (L’échange, notamment, que je recommande très chaleureusement !), et j’étais donc curieuse de découvrir comment elle serait abordée et traitée dans un roman.

La narration a plusieurs voix : il y a d’abord celle de Rachel, la mère du petit Ben, qui s’adresse à nous, lecteur, pour nous raconter ce qui s’est passé, ce qu’elle a vécu, avant le drame, pendant la semaine qui a suivi la disparition de son petit garçon, et bien plus tard, un an après. Il y a également Jim, l’inspecteur chargé de l’enquête, que l’on suit à travers son rapport rédigé pour sa hiérarchie. De temps en temps, Jim interagit avec sa psychologue, un an après le drame, pour revenir sur les événements qui se sont déroulés cette semaine-là. Et puis, pour ponctuer le tout, il y a des articles de presse, de blogs, des emails.
J’ai beaucoup aimé cette narration, elle alterne les points de vue et permet au lecteur de ne pas se lasser. Elle permet en outre au lecteur de se fonder son propre avis, de mieux comprendre les actions des personnages.

Je suis très vite entrée dans l’histoire, il faut dire que l’urgence de retrouver le petit Ben a quelque chose de happant. Nous sommes très vite pris par ce sentiment de peur, d’angoisse, d’ignorance de ce qui pourrait être arrivé à Ben. Et plus le temps passe, plus les chances de le retrouver sain et sauf sont minces. C’est donc une véritable course contre la montre qui se joue.
En nous plaçant du point de vue de Rachel, nous sommes confrontés à son impuissance, et à l’injustice de ce qui lui arrive. Dépassée par les événements, Rachel apparaît comme quelqu’un d’instable, de fragile, et elle fait rapidement l’objet d’un déchaînement médiatique ravageur. Je ne fais pas partie de ceux qui ont soupçonné cette mère désarmée, au contraire, je l’ai plutôt comprise et me suis sentie aussi seule qu’elle lors de ma lecture. J’avais envie de la soutenir, au moment où sa vie vole en éclats alors qu’elle se retrouve seule pour affronter ça, malgré le soutien de sa soeur et de sa meilleure amie.

Dans ce roman, il n’est pas seulement question des personnages, de leur réaction, de leur comportement, de leur psychologie. Ce roman comporte également une large part de questionnement : quel est le rôle des médias dans ce genre d’affaires ? Comment la pression sociale peut-elle influencer le cours d’une enquête ? En quoi les jugements hâtifs peuvent-ils risquer des vies ?

Ne pars pas sans moi est un véritable page-turner : impossible de lâcher ce roman sans savoir ce qu’il adviendra de Ben. J’ai aimé être plongée dans l’ignorance, ne rien savoir, avancer à l’aveugle, fonder mes propres hypothèses et me faire mener en bateau. Et, bien que j’ai trouvé le dénouement un peu simple par rapport à ce que j’en attendais, j‘ai beaucoup aimé cet épilogue sur la reconstruction. Un processus dont on parle finalement très peu…

En conclusion

Ne pars pas sans moi fut une lecture rapide, addictive, que j’ai dévoré en deux jours seulement. J’ai beaucoup aimé les personnages que j’ai trouvés très travaillés dans leur comportement et leur psychologie, et surtout très crédibles. Il ne m’a pas été difficile de les comprendre, et de compatir à leur sort. Petite déception sur le dénouement, compensée par l’épilogue qui aborde le sujet de la reconstruction. Je recommande !

6 Je recommande

La Parisienne

2

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