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Ma Fille,
Jane Shelmit

Bien longtemps avant sa sortie, j’ai entendu parler de Ma Fille au Salon du Livre de Paris par Solène, que je remercie pour cet envoi. L’idée de la disparition d’une adolescente n’était pas sans me rappeler Amelia, un thriller également paru au Cherche-Midi que j’avais beaucoup aimé. Il y avait donc le risque que je compare ces deux lectures…

Le résumé

Jenny est médecin, mariée à un neurochirurgien célèbre. Ensemble, ils ont élevé trois superbes enfants. Un soir, la plus jeune, Naomi, 15 ans, ne rentre pas à la maison. Les recherches lancées à travers tout le pays restent vaines. L’adolescente a disparu. La famille est brisée. Plus d’un an a passé et les pires scénarios envisagés – enlèvement, assassinat – semblent de moins en moins plausibles. L’enquête s’essouffle… Cependant, Jenny, désespérée et obsessionnelle, n’a pas renoncé. Elle continue à chercher. Elle sent qu’elle ne retrouvera pas sa fille si elle ne sait pas tout de sa vie. Mais faut-il vraiment vouloir tout savoir de ceux qui nous sont le plus proche ? Car les vérités qu’elle va découvrir sont loin d’être celles auxquelles elle s’attendait.

Mon avis

Voilà quelques semaines que j’enchaîne les lectures qui ont un thème similaire : la disparition d’un enfant. J’ai commencé avec Ne pars pas sans moi (où il s’agissait d’un enfant en bas-âge, avec une alternance de point de vue et de temporalité), puis Trois jours et une vie (là encore, un enfant plus jeune), et à présent Ma Fille, où une adolescente de 15 ans disparaît du jour au lendemain.
Le récit se décline en deux temps également : dans chaque chapitre, Jenny nous raconte sa perception des événements au moment de la disparition de sa fille, puis un an plus tard. J’ai eu du mal à accrocher à ce mode de narration, car au début, j’ai nettement préféré les passages qui se déroulent dans le passé. Je voulais en apprendre davantage, et le présent n’était composé que de lents états d’âme de Jenny qui m’ont un peu ennuyée. Ces chapitres sont finalement là pour dépeindre toutes les conséquences de la disparition de Naomi sur la vie de la famille.

Jenny est une mère médecin, parfois absente, mais qui surtout ne connaît pas du tout ses enfants. J’ai ressenti un peu de pitié pour elle : on se rend bien compte qu’elle fait tout ce qu’elle peut pour les aider, pour les laisser se construire seuls. Mais ce n’est pas du tout ainsi que ses enfants l’interprètent. Et au fond, sa naïveté et son absence ne font que confirmer une vérité qui s’impose de plus en plus au fil du roman : Jenny ne sait absolument rien de sa fille.
Je n’ai vraiment pas compris comment ce personnage avait pu se laisser aveugler à ce point, et fermer les yeux sur autant de détails au sujet de sa fille : la cigarette, l’alcool, la drogue, le sexe… Et sur ses autres enfants aussi, d’ailleurs.

Des petites perches sont lancées par Ed, le fils aîné, dont l’on ressent toute l’aigreur envers sa mère dans les rares scènes de confrontation. J’ai trouvé dommage que cet aspect du roman ne soit pas approfondi : pourquoi balancer que Jenny ne connaît pas Théo, si ce n’est pas pour expliquer par la suite ?

Le rythme s’accélère environ 100 pages avant la fin, peut-être un peu tard, mais tellement efficacement qu’il en est impossible de lâcher le livre sans en connaître le dénouement.
Ce final m’a étonnée car je ne m’y attendais pas du tout. Il permet de reconsidérer les premiers événements, de les voir sous un autre oeil, et donne même envie de relire quelques scènes pour se demander ce qu’on a manqué. J’ai été stupéfaite par la noirceur d’un personnage en particulier. Je me suis fait manipuler par l’auteure jusqu’à la toute fin, qui m’a d’ailleurs laissée un goût d’inachevé. Là encore, j’aurais aimé avoir davantage d’explications. Pourquoi ?

En conclusion

Ma Fille est un livre surprenant par son dénouement, auquel je ne m’attendais pas. J’ai trouvé l’intrigue lente à se mettre en place et le rythme un peu bancal : après avoir tâtonné pendant 300 pages, tout s’accélère pour le dénouement qui nous tient en haleine. Une lecture surprenante, mais que je n’ai pas pu m’empêcher de comparer à Amelia que j’ai largement préférée.

4 Agréable à lire

La Parisienne

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