Quoiqu’il arrive,
Laura Barnett

Quoiqu’il arrive était l’une de ces sorties du mois de mai que j’attendais avec impatience. Son pitch pour le moins original était prometteur, et j’avais hâte de découvrir comment l’auteure avait traité ces trois versions différentes d’une même histoire. Je remercie les Escales pour cette lecture.

Le résumé

En 1958, Eva a dix-neuf ans, elle est étudiante à l’université de Cambridge et la petite amie de David, un acteur ambitieux follement amoureux d’elle. En chemin pour un rendez-vous, son vélo roule sur un clou. Un passant, Jim, assiste à la scène. Que va-t-il se passer ? Ce moment sera déterminant pour leur avenir commun. Un point de départ, trois versions possibles de leur histoire d’amour : le roman suit les différents chemins que leurs vies pourraient prendre après cette première rencontre. Des vies remplies d’amour, de trahisons, d’ambition et sous-tendues par un lien si fort qu’il se renforce au fil du temps. Car, quoi qu’il arrive, Eva et Jim finiront ensemble.

Mon avis

Lorsque l’on ouvre Quoiqu’il arrive, on ne sait pas à quoi s’attendre. Ne serait-ce que sur la forme, je me posais plusieurs questions : comment l’auteure va-t-elle réussir à traiter trois fois la même histoire sous des angles différents ? Comment vais-je retenir tous les détails de chacune des versions ? Est-ce qu’on aura trois parties, avec chacune des versions dans son intégralité ? Non, ici, l’auteure a choisi de faire alterner les chapitres avec les trois versions différentes. Les histoires varient, donc, mais l’on retrouve des similitudes dans les grandes caractéristiques de la vie des personnages, invariables : le point de départ, les anniversaires, certaines rencontres, des traits de caractère, quelques événements.

L’idée est donc la suivante : il y a Eva, il y a Jim, il y a leur rencontre à vélo, et trois versants possibles, trois alternatives pour une seule et même histoire d’amour. Puisque « quoiqu’il arrive », leurs routes se croiseront et ils se retrouveront. Mon esprit romantique avait fait le chemin, avec en plus une accroche promettant des similitudes avec du David Nichols ! Evidemment, mes attentes étaient lourdes : je voulais de l’amour dégoulinant, je voulais des fins heureuses quoiqu’il arrive, je voulais du grand romantisme, l’histoire du destin qui réunit les âmes soeurs. Et j’ai été un peu déroutée de me rendre compte que finalement, non, il ne s’agissait pas de cela.
Je suis obligée de vous parler brièvement des premières pages, pour que l’on s’y retrouve ! Dans la première version, Eva et Jim tombent amoureux (je ne vous en dis pas plus, vous verrez la suite par vous-mêmes). Dans la deuxième, les chemins d’Eva et Jim se croisent mais ils ne commencent pas d’histoire d’amour. Dans la troisième, Eva et Jim tombent amoureux, mais Eva est enceinte d’un autre et quitte Jim. Trois points de départ donc, pour une conclusion que j’imaginais similaire : Eva et Jim, heureux ensemble pour toujours.

Malheureusement, j’ai trouvé ce roman très sombre, et c’est peut-être pour cela que j’ai été si longue à le lire (dix jours, tout de même !). Je ne prenais pas plaisir à l’ouvrir, je n’avais pas hâte de retrouver les personnages, et je trouvais le tout un peu déprimant… Même dans cette première version, la plus « heureuse » pour nos deux personnages, le tableau dépeint est triste. Des drames jalonnent l’existence d’Eva et Jim, qui ne sont pas heureux ensemble.
Je n’ai pas non plus aimé l’idée du couple qui s’est dégagée de ma lecture : celle d’un échec assuré, où l’adultère est banalisé, où personne ne s’épanouit, où mariage et divorce vont de paire. Non, ce n’était pas cela que je voulais avec cette lecture. Et c’est ce qui fait que je n’ai pas apprécié ce roman.

En conclusion

Quoiqu’il arrive était un roman original avec un excellent point de départ mais qui n’a malheureusement pas tenu toutes ses promesse pour moi. Je m’attendais à trois belles histoires romantiques, avec une jolie finalité sur le destin qui rapprocherait les âmes soeurs. Au lieu de cela, j’ai trouvé un roman sombre qui ne m’a pas transportée. Dommage !

Notation 2 S'oubliera vite

La Parisienne

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