Zelda Zonk

La drôle de vie de Zelda Zonk,
Laurence Peyrin

Voilà un roman dont j’avais entendu parler sur plusieurs blogs, et que j’avais envie de découvrir. Lorsque j’ai découvert cette magnifique couverture de la réédition poche, j’ai su que je ne pourrai pas résister très longtemps. Pourtant, je n’ai pas lu ce roman avant de rencontrer l’auteure à St Maur en poche en juin dernier (dommage, car j’aurais eu matière à échanger avec elle !). Merci Pocket pour cet envoi ;)

Le résumé

Foutu mardi, foutue pluie… Sur cette route d’Irlande qu’Hanna a prise tant de fois pour aller à son atelier, c’est l’accident. À l’hôpital, la jeune femme se lie avec Zelda, sa voisine de chambre de 85 ans, positive et joyeuse, experte en broderie. Mais Hanna sent un mystère chez la vieille dame, qui esquive toute question précise sur son passé. Que peut-elle avoir à cacher, à son âge ? Bientôt, Hanna découvre que Zelda Zonk était le nom d’emprunt de Marilyn Monroe quand elle voulait passer inaperçue. Hanna sait bien que c’est absurde, Marilyn est morte il y a presque cinquante ans, et pourtant… Tout en menant l’enquête, Hanna commence à réfléchir au sens de sa propre vie. Est-elle vraiment épanouie dans ce hameau perdu, dans ce mariage routinier ? Si vraiment Zelda est Marylin, si elle a réussi à passer de la lumière à l’anonymat, pourquoi elle-même ne pourrait-elle pas changer de vie ?

Mon avis

Et si Marylin n’était pas morte et avait seulement décidé de changer de vie et de sombrer dans l’anonymat le plus complet ? Voici ce que je pensais être le point de départ de ce roman original, qui nous parle de Zelda Zonk, le pseudonyme emprunté par Marilyn Monroe lorsqu’elle souhaitait ne pas être reconnue. Mais ce n’est pas vraiment ainsi que ce roman commence… Car cette intrigue est assez secondaire, finalement.
Il y a tout d’abord Hannah, une jeune femme irlandaise, quasiment femme au foyer, qui élève Patti, la fille de sa soeur hôtesse de l’air. Hannah est mariée à Jeff, un ancien journaliste devenu écrivain, qui a quitté la vie américaine pour rester avec la femme qu’il aime. Hannah se rend chaque mardi au travail où elle répare des petits trésors avec sa collègue un peu incroyable.

Aux prémices de ce livre, Hannah est une jeune femme tâtonnante, qui se satisfait de son existence un peu molle et anesthésiée dans laquelle elle évolue depuis plusieurs années. Pourtant, son accident va venir tout remettre en cause. Les questions du survivant se posent, bien évidemment : pourquoi a-t-elle survécu et pas les autres ? Comment faire pour continuer sa vie ? Est-ce le signe que son existence doit changer ?
Et puis, parmi ce brouhaha, il y a la voisine de chambre d’Hannah. Une vieille dame de 85 ans, Zelda Zonk, qui guide Hannah, qui l’aide à se poser les bonnes questions, à se recentrer sur elle-même. Grâce à Zelda, Hannah découvre qu’elle s’est longtemps mise de côté mais qu’elle a, elle aussi, besoin de vivre.

Au coeur de toutes ces considérations, il est question d’amour, bien sûr. D’avenir, évidemment, et de maternité, de désir d’enfant. Hannah et Jeff n’arrivent pas à avoir un enfant, alors ils élèvent ensemble leur nièce, mais qui n’est pas leur fille…
C’est dans cet étrange contexte qu’Hannah va faire la connaissance de Michael, le fils de Zelda.

Pour vous livrer mes impressions sur ce roman, je vais être obligée d’en dévoiler davantage sur l’intrigue. Si vous ne souhaitez pas en apprendre davantage, ne poursuivez pas la chronique et filez directement à la conclusion ! 

Progressivement, Hannah va donc se remettre en question, apprendre à écouter ses envies. Et Michael n’est pas innocent dans ce changement. Il va en effet être rapidement question d’adultère… Et s’il est bien quelque chose qui me dérange, dans les romans comme dans la vie, c’est l’infidélité. Celle d’Hannah est décrite avec douceur, l’amour qu’elle porte à Michael est dévastateur, c’est une passion à l’état brut, contrairement à l’amour qu’elle porte à son mari, plus doux, plus rassurant, fort lui aussi mais moins consumant.
J’ai compris les raisons d’Hannah, qui la poussent à trahir son mari. Elle qui s’est toujours mise de côté, qui ne s’est jamais écoutée. Elle qui se sent vivre à Paris, qui enfin se prend en main, se construit, fait passer ses envies en premier.

En revanche, le court chapitre sur la vie de Jeff à New York ne m’a pas du tout plu, et m’a même beaucoup dérangée. Si Hannah évoque son adultère comme une passion à laquelle elle ne sait pas résister, Jeff trompe sa femme par-ci, par-là, sans raison, parce qu’il retrouve une bonne copine, parce qu’il rencontre une petite jeune qui lui fait les yeux doux. Parce qu’il veut tester son sex-appeal, parce qu’il a quelque chose à se prouver, parce qu’il s’ennuie… En vérité, on n’a aucune réponse. Et si j’avais au début beaucoup de pitié pour ce personnage, je l’ai trouvé répugnant à ce moment-là et ne lui ai plus du tout porté attention.

Alors, évidemment, il y a cette fin. Zelda au premier plan, un dénouement qui me paraît parfait et qui n’aurait pas pu être autrement selon moi. J’ai aimé n’avoir aucune réponse à mes questions, et je crains un peu la suite car je n’ai pas envie d’avoir une hypothèse validée plus qu’une autre… J’aimais ce flou que je trouvais idéal.
Et puis il y a la fin d’Hannah… après tout le chemin parcouru, pourquoi revenir à ce point de départ ? Elle a certes connu la passion, mais pourquoi s’enfermer dans une existence qui ne lui ressemble plus, avec un homme qu’elle a trahi ? Elle a pourtant évolué mais semble toujours aussi dépendante d’un homme pour construire son bonheur. Il est pourtant question de liberté, non ? Pourquoi s’enferme-t-elle dans le carcan de sa vie maritale lorsqu’elle en connaît l’échec et s’apprête à tout quitter un jour pour Michael ? J’admets que je n’ai pas compris, c’est comme un retour en arrière.
Mais en même temps… une happy-end n’aurait pas été réellement cohérente. Ce qu’il m’aurait fallu, je pense, c’est qu’Hannah quitte Jeff et se reconstruise seule, dans la maison de Zelda. Voilà la fin qui me paraissait parfaitement cohérente. Mais je ne suis pas écrivain… :)

En conclusion

Voilà un roman qui m’a permis de me poser plein de questions, et qui m’a fait ressentir des émotions paradoxales. Je l’ai à la fois beaucoup aimé, et également détesté, pour cette fin qui ne m’a pas réellement satisfaite. En tout cas, c’est un roman qui suscite des réactions, et qui donne envie d’en discuter ! J’attends de voir ce que nous réserve la suite de cette histoire, même si j’aurais pu m’en tenir à ce premier tome.. :)

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