Nos Années Sauvages,
Karen Joy Fowler

Il y a quelques mois déjà, mon amie Pretty Books m’a proposé d’intégrer le comité de sélection du Prix Littéraire des Chroniqueurs Web, un projet qui me plaît beaucoup et auquel j’ai pris plaisir à participer cette année. Dans cette sélection figure un certain nombre d’ouvrages, comme vous l’imaginez, classés par catégorie. Et dans ma catégorie préférée se trouvait Nos Années Sauvages. Afin de pouvoir voter en toute partialité, je m’étais donc lancée le défi de découvrir à mon tour le maximum de livres de cette catégorie. Merci à ma Valentine pour l’envoi de ce roman, que j’ai dévoré et beaucoup aimé.

Le résumé

Il était une fois deux soeurs, un frère et leurs parents qui vivaient heureux tous ensemble. Rosemary était une petite fille très bavarde, si bavarde que ses parents lui disaient de commencer au milieu lorsqu’elle racontait une histoire. Puis sa soeur disparut. Et son frère partit. Alors, elle cessa de parler… jusqu’à aujourd’hui. C’est l’histoire de cette famille hors normes que Rosemary va vous conter, et en particulier celle de Fern, sa soeur pas tout à fait comme nous…

Mon avis

Pour qu’un livre se retrouve dans la sélection du Prix, c’est qu’il a été soutenu par plusieurs d’entre nous (membres du comité), et je ne doute donc nullement de sa qualité. J’étais à vrai dire très pressée de découvrir cette petite pépite dont m’avait beaucoup parlé ma copinaute Pretty Books, et j’étais certaine de l’aimer. Je ne m’étais pas trompée (et toi non plus Fiona, d’ailleurs !).

Ce roman repose pour beaucoup sur l’effet de surprise qu’il suscite. Le résumé est très habile, puisqu’il nous informe que cette famille n’est pas vraiment comme les autres, mais il nous est impossible de deviner réellement en quoi la famille de Rosemary est si différente de celles que l’on connaît.
Il me sera donc difficile de m’exprimer sur ce roman sans vous en parler, mais c’est ainsi qu’il faut l’ouvrir et le découvrir : à l’aveugle, et sans être aucunement prévenu ou préparé de ce que l’auteure nous réserve.

Si le début semble tâtonnant et qu’on hésite sur le chemin que l’auteur veut nous faire emprunter, la surprise du roman se dévoile au bout d’une centaine de pages, et c’est à partir de ce moment-là que l’on sent à quel point ce roman va être exceptionnel, fort, marquant, et différent.
À travers Fern et Rosemary, l’auteure aborde des questions psychologiques sur le développement de l’enfant. Quelle place pour l’expérience et la science dans une famille ? Comment vivre avec une telle particularité ? Comment, pourquoi, dans quel but, jusqu’où aller, que dire, que cacher…

Ce qui est certain, c’est que Rosemary est profondément bouleversée, à la fois dans son enfance, dans son adolescence et dans sa vie d’adulte, par la disparition de sa soeur. Comment grandir en gardant tant d’interrogations au fond de soi ? Quelle place pour la culpabilité dans tout cela ? Quelles conséquences sur la croissance et le développement de Rosemary ?
C’est notre humanité que nous interrogeons également à travers ce roman. Qu’est-ce qu’être une famille ? Que veut dire « être humain » ? Et qu’est-ce qu’être humain ?

Nos Années Sauvages est un roman intelligent qui nous pousse à nous questionner, qui nous confronte à une réalité qui est malheureusement la nôtre, et qui nous donne envie d’agir. A travers l’indignation, la peur, l’amour… c’est aussi l’espoir d’un changement, d’une amélioration qui transparaissent. Et une belle sensibilisation, également.

En conclusion

Nos Années Sauvages est un roman que l’on ouvre sans être préparé à ce que l’on va y découvrir. Difficile d’en parler sans trop en révéler sur son contenu. Ce qui est sûr, c’est que l’on referme ce roman en étant différent, parce que c’est un roman qui ne ressemble à aucun autre. Je ne peux que vous encourager à découvrir cette magnifique et poignante histoire, qui vous fera voir le monde autrement.

Notation 6 Je recommande

La Parisienne

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