Le liseur du 6h27,
Jean-Paul Didierlaurent

Le liseur du 6h27 est un roman dont j’avais beaucoup entendu parler au moment de sa sortie, et qui m’intriguait pas mal. J’avais d’ailleurs rencontré Jean-Paul Didierlaurent lors de sa venue à St Maur en poche. Je remercie mon amie Bénédicte de m’avoir offert ce livre lors de notre swap, j’ai enfin pris le temps de le sortir de ma PAL et je ne le regrette pas !

Le résumé

Guylain Vignolles est préposé au pilon et mène une existence maussade et solitaire, rythmée par ses allers-retours quotidiens à l’usine. Chaque matin en allant travailler, comme pour se laver des livres broyés, il lit à voix haute dans le RER de 6H27 les quelques feuillets qu’il a sauvé la veille des dents de fer de la Zerstor 500, le mastodonte mécanique dont il est le servant.
Un jour, Guylain découvre les textes d’une mystérieuse inconnue qui vont changer le cours de sa vie…

Mon avis

J’ai l’impression d’avoir vu passer ce livre à de très nombreuses reprises, et d’avoir vu des avis plutôt mitigés à son sujet. Il était soit très bien défendu (« un roman qui permet de passer un très bon moment, une bonne lecture » etc), soit, au contraire, il laissait les lecteurs sur leur faim. Ce qui fait que je ne savais pas du tout à quoi m’attendre avec ce roman, redoutant un peu même de ne pas accrocher, et finalement… c’est une très bonne surprise pour moi !

Le point de départ m’a un peu fait penser à Fahrenheit 541 de  Ray Bradburry : il est en effet ici question de destruction de livres. Guylain Vignolles, notre héros, nourrit chaque jour la Chose, cette machine effroyable qui a privé Giuseppe de ses jambes. Il faut recycler les livres pour en fabriquer de nouveaux. Et la Chose est exigeante ! Pour rendre hommage aux livres disparus, Guylain récupère chaque jour quelques feuillets qu’il lit dans le RER à voix haute pour les autres passagers.
C’est une histoire plutôt jolie, et que j’ai bien aimée. Guylain est un personnage plutôt banal, un peu déprimé, qui cherche à donner du sens à sa vie. D’abord, il se fait repérer par les Delacôte Sisters, qui lui demandent de venir faire la lecture dans leur maison de retraite. Puis, par la suite, par le plus grand des hasards, il tombe un jour sur une clé USB qui suscite sa curiosité.

J’ai aimé cet homme perdu qui cherche à donner un sens à sa vie. Ce qu’il fait n’est pas vraiment égoïste, ce n’est pas non plus par amour des autres. S’il sauve quelques pages de ses livres et en fait la lecture dans le RER, c’est avant tout, je crois, par amour des livres disparus. Une façon à lui de leur rendre hommage.
Mais Guylain n’est pas mon personnage préféré dans cette affaire. J’ai été très émue par Giuseppe, qui incarne le grand-père que nous aimerions tous connaître. J’ai aussi apprécié Julie, cette dame-pipi qui nous apprend à nous méfier des apparences.

Par-dessus tout, je crois que ce que j’ai préféré, c’est l’écriture de ce roman. Je l’ai trouvé beau, doux, j’ai aimé la construction des phrases et la recherche de sens. C’est le style de Jean-Paul Didierlaurent qui m’a le plus interpelée tout au long de ma lecture, et c’est la raison pour laquelle je relirai certainement cet auteur avec ses prochains titres.

En conclusion

Le Liseur du 6h27 est un roman que j’ai apprécié, et qui représente pour moi une petite bulle de douceur. On y croise des personnages atypiques et attachants, que l’on aimerait cotoyer d’un peu plus près, ou peut-être un peu plus longtemps. Une jolie découverte !

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La Parisienne

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