La jeune fille sur la falaise,
Lucinda Riley

Est-il encore utile de vous préciser à quel point j’aime les parutions des éditions Charleston ? Il ne me semble pas. Lucinda Riley est l’une des auteures que j’aime le plus de cette maison, c’est pourquoi j’étais curieuse de découvrir ce roman qui manquait à ma liste. Je remercie Elise pour sa patience, car j’ai mis plus d’un an à l’ouvrir… mais ça valait le coup d’attendre !

Le résumé

Pour échapper à une récente rupture, Grania Ryan quitte New York pour aller se ressourcer en Irlande auprès de sa famille. C’est là, au bord d’une falaise, qu’elle rencontre Aurora Lisle, une petite fille qui va changer sa vie.
En trouvant de vieilles lettres datant de 1914, elle se rend compte du lien qui unit leurs deux familles. Les horreurs de la guerre, l’attrait irrésistible du ballet, le destin d’un enfant abandonné, ont fait naître un héritage de chagrin, qui a tour à tour marqué chaque nouvelle génération.
C’est finalement l’intuition d’Aurora qui leur permettra de se libérer des chaînes du passé, et d’aller vers un futur où l’amour triomphe sur la perte.

Mon avis

Mon histoire avec Lucinda Riley est très fluctuante. Je dois lui reconnaître un immense talent dans l’art de raconter des histoires qui serrent le coeur, pourtant parfois ses personnages stéréotypés m’agacent et je sens souvent venir ses révélations, ce qui a le don de me gâcher ma lecture. Une ambiance « lourd secret » plane toujours au-dessus de ses romans, et parfois je devine le secret en question bien avant qu’on nous l’énonce. Il y a eu un peu de cela dans La jeune fille sur la falaise, mais heureusement, je ne me suis pas arrêtée à ça.

Comme dans nombre de Charleston, ce roman nous présente une histoire familiale hors norme, complexe et intrigante, et le récit alterne entre deux époques. C’est probablement ce qui crée mon attachement à ces beaux romans, j’aime les secrets de famille, et j’aime les romans qui les mettent en scène.
Ici, nous nous attachons à Aurora et Grania, dans le présent, et Mary et Anna, dans le passé. Deux histoires similaires, plus que ce que l’on peut imaginer. C’est Kathleen, la mère de Grania, qui va faire le lien entre les deux époques.

Aurora, narratrice de l’histoire, est une jeune enfant au moment des faits. C’est une petite fille très intelligente, qui comprend et s’exprime comme une adulte, ce que j’ai parfois trouvé dur à croire, mais après tout pourquoi pas ! Grania va très rapidement s’attacher à elle : elle vient de perdre son bébé et a fui New York pour une raison que nous ne connaissons pas. Elle refuse de parler à Matt, son compagnon, sans que l’on sache pourquoi. La raison nous sera révélée à la fin du roman et… était finalement là sous nos yeux pendant tout ce temps !
J’ai aimé le lien qui se tisse progressivement entre les deux femmes, c’est une relation qui n’est pas difficile à concevoir, en tout cas pour moi qui adore les enfants. De même, rien n’est simple dans la vie amoureuse de Grania, et j’ai aussi apprécié cet enchevêtrement des situations. Sans qu’il y ait de triangle amoureux à proprement parler, l’auteure parvient avec très grande justesse à immiscer toutes les nuances des sentiments amoureux à travers les personnages de Matt et d’Alexander.

Leur histoire présente d’étranges similitudes avec celle de Mary et Anna, leurs ancêtres respectives, dont Kathleen ne veut pas entendre parler. On sent évidemment qu’un secret pèse sur ce silence, et c’est une partie de l’histoire que je n’avais pas du tout deviné. J’ai trouvé la réaction de la mère plutôt cohérente, lorsque l’on comprend ce qui s’est passé, alors que j’avais peur de la trouver démesurée.
Je n’ai pas très bien compris le brusque revirement du personnage d’Anna. Dommage, car elle était très attachante et son changement n’a pas du tout été progressif, c’est la raison pour laquelle j’ai eu du mal à y croire. Son caractère et ses actes changent du tout au tout, et son ingratitude pèse tout au long du récit.

Et puis, il y a ces dernières pages, cette fin inoubliable qui m’a émue aux larmes. Difficile de se douter ce qu’il arrive car la narratrice veille à nous induire en erreur. Pourtant, on comprend finalement que tout vise à ce dénouement que j’ai adoré. J’ai profondément aimé cette vision des âmes qui voyagent à travers le temps et les espèces, c’est une très belle légende.

En conclusion

La Jeune Fille sur la falaise a tout d’un bon Charleston : une alternance narrative entre deux époques, un destin familial bouleversant, des personnages féminins forts et attachants. J’ai adoré me plonger dans la vie des Lisle et des Ryan, et j’ai été très touchée par leurs aventures. La fin m’a retournée le coeur, et c’est pourquoi je vous recommande cette belle lecture qui laissera sa marque ! Lucinda Riley, je serai définitivement au rendez-vous pour vos prochains romans.

Notation 6 Je recommande

La Parisienne

Par la même auteure :
Les Sept Soeurs, tome 1 : Maia
Les Sept Soeurs, tome 2 : La Soeur de la tempête
La Belle Italienne

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