La Séparation,
Dinah Jefferies

Il y a parfois certains romans qui vous appellent, et auxquels on ne peut résister. Ce Charleston en fait partie : dès que j’ai découvert son résumé et sa jolie couverture, j’ai su qu’il allait me plaire. Et je ne me suis pas trompée ! D’autant qu’il m’avait été recommandé par mes amies Stéphanie et Bettie Rose ! Un grand merci aux Éditions Charleston pour cet envoi.

Le résumé

En Malaisie, la guerre civile fait rage en 1955. Chez les Cartwright, une famille de colons, le départ pour l’Angleterre est imminent : il est devenu trop dangereux de rester. Mais, du haut de ses onze ans, Emma ne comprend pas les raisons qui poussent son père à hâter les préparatifs sans même attendre le retour de sa mère, Lydia. Elle se heurte à un mur de silence et doit bientôt embarquer sur un bateau pour l’Europe avec lui et sa jeune soeur.
Après un séjour passé au chevet d’une amie souffrante, Lydia rentre chez elle pour trouver sa maison vide. Aucun signe de son mari, Alec, ou de leurs filles, ni même des serviteurs. Désespérée, elle se lance dans un périlleux voyage à travers la Malaisie pour retrouver ses enfants, sans se douter que des milliers de kilomètres les séparent.

Mon avis

La Malaisie est un pays que je connais mal, voire pas du tout. Sa culture m’est totalement étrangère, et son histoire plus encore. Pourtant, lorsque j’ai lu le résumé de ce roman, j’ai tout de suite eu envie de le découvrir. J’aime lorsque certains livres me donnent envie d’aller plus loin et de faire des recherches sur des faits historiques que j’ignorais, et c’est exactement ce qui s’est produit avec La Séparation. J’ignorais tout de la guerre civile malaise qui avait déchiré ce peuple sous la période coloniale, et Dinah Jefferies m’a donné envie de m’y intéresser.

En dehors de tout l’aspect historique, un élément primordial que l’on retrouve presque systématiquement dans les parutions des éditions Charleston, j’ai été très touchée par ces destins de femmes. De nombreux thèmes traversent la narrations, tous plutôt dramatiques. On se prend à espérer un dénouement heureux, qui finit par arriver après de très nombreuses épreuves de la vie. Le seul petit détail « too much » à mon goût était lié à la mère de Lydia (grand-mère d’Emma, donc) qui s’ajoute un peu comme une histoire en plus sans être vraiment très développée. Je ne pense pas que cet élément était nécessaire à l’intrigue, ou alors, il aurait mérité d’être davantage approfondi.
Tout au long du roman, je me suis questionnée sur la raison qui a poussé Alec à quitter Lydia et à la faire passer pour morte. Finalement, j’ai trouvé l’explication plutôt bancale, mais pourquoi pas… Tout cela ne nécessitait pas une punition aussi injuste et ferme de la part de cet homme abject.

À de nombreuses reprises, tout au long du roman, j’ai prié pour que Lydia retrouve ses filles, pour qu’enfin la vérité éclate. Il était terriblement frustrant de suivre en parallèle l’histoire de Lydia et celle d’Emma, chacune persuadée de la mort de l’autre, tentant vainement de s’en remettre, alors qu’elles auraient pu si « facilement » se retrouver…

Si les sujets sont graves, ils ne sont pas pour autant traiter avec trop de tragique ou de pathos. J’ai trouvé l’écriture de l’auteure très justement dosée en cela, car elle ne sombre jamais dans la surabondance. Bien au contraire, tout est parfois dans la suggestion, à tel point que je m’interrogeais sur les sens cachés des phrases pendant ma lecture (merci Stéphanie d’avoir écouté mes doutes, ahah). Comme il est plaisant de pouvoir échanger en direct avec des copines sur une lecture…

En conclusion

La Séparation nous plonge dans un univers exotique qui m’était inconnu : celui de la Malaisie des années 50. L’histoire de cette mère de famille arrachée à ses deux filles est le point de départ d’une longue épopée qui abordera de multiples sujets, sans jamais pour autant susciter la pitié du lecteur. Une belle lecture à découvrir !

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