Miss Cyclone,
Laurence Peyrin

Laurence Peyrin est une auteure que j’ai découvert avec son premier roman, La drôle de vie de Zelda Zonk. Si j’avais apprécié sa plume, le contenu du roman (et surtout la fin) m’avaient déroutée, et j’étais donc curieuse de poursuivre mon aventure avec l’auteure en découvrant ses autres romans. Je remercie les éditions Calmann-Lévy de m’avoir donné cette chance avec Miss Cyclone.

Le résumé

A l’ombre du Cyclone, les célèbres montagnes russes de Coney Island, là où New York se jette dans la mer, Angela et June, deux jeunes filles que tout oppose, se construisent ensemble dans une amitié indéfectible. A l’ombre du Cyclone, les célèbres montagnes russes de Coney Island, là où New York se jette dans la mer, Angela et June, deux jeunes filles que tout oppose, se construisent ensemble dans une amitié indéfectible.

Mon avis

En ouvrant ce roman, j’ai eu la trompeuse impression que je resterais plongée au coeur de l’adolescence d’Angela et June, dans les années 1980. Force m’est de constatée que je me suis trompée, et que tout m’y a conduit : l’auteure elle-même, et le résumé de quatrième de couverture, que je trouve très intelligent puisqu’il réserve de belles surprises aux lecteurs. J’aime ces petits moments de stupeur, lorsque l’intrigue prend un tournant auquel je ne m’attendais pas. J’ai été servie avec ce roman qui m’a étonnée de bout en bout.

J’aime la capacité qu’a Laurence Peyrin de s’interroger sur les conséquences de nos choix, ou de notre absence de choix, sur le reste de notre existence. C’est une chose que j’avais déjà constatée lors de ma lecture de Zelda Zonk, et c’est une caractéristique que j’ai retrouvée ici avec la vie d’Angela. J’ai d’ailleurs trouvé que la plume de l’auteure avait vraiment beaucoup évolué.
Vous l’aurez compris à la lecture du résumé : Angela a déjà sa vie toute tracée devant elle lorsque s’ouvre son roman, et cette nuit bouleversante où se produit un terrible événement aura des conséquences bien plus lourdes que ce qu’elle aurait cru au départ, en voulant cacher son secret.

Comme j’ai aimé le poids de ce secret, de cette vie cachée, de ces non-dits… Comme j’ai regretté qu’Angela ne se batte pas davantage, ne clame pas la vérité haut et fort, ne soit pas encore plus en colère, au point de prendre les bonnes décisions ! C’est un peu le constat qui ressort de mes lectures de Laurence Peyrin : je suis souvent dans l’incompréhension de ses personnages qui font des choix qui me paraissent « lâches », et qui n’assument pas leur désir ou leurs envies jusqu’au bout. Je suis peut-être un peu trop passionnée, ou vindicative, mais j’ai souvent envie de secouer ces héroïnes qui laissent la vie les porter, et qui ne font rien pour changer les choses.
Là où, cependant, j’ai noté une rupture par rapport à Zelda Zonk, c’est dans le dénouement qui se veut plus heureux et plus cohérent. Enfin, me suis-je dit ! Après tout ce temps, enfin Angela a droit à la vie qu’elle mérite. Et cela rejoint mon intime conviction que notre destin nous permet toujours d’être réuni avec la personne pour laquelle nous sommes faits.

Ce roman questionne de nombreux autres sujets également qui ont eu un écho particulier en moi : le destin, bien sûr, les rencontres, le « bon moment »… Il y a également tout l’aspect de l’adultère, à travers le prisme du personnage de Nick, que j’ai beaucoup aimé. Cette question n’est pas abordée de manière manichéenne, et la volonté de l’auteure n’est pas de trancher sur le sujet ou d’émettre le moindre jugement. Au contraire, je l’ai trouvée dans la compréhension, elle ne nous offre pas de réponse ou d’explication, mais nous en venons à comprendre cette Margaret, à avoir de la peine pour elle.
L’adultère est une chose que j’ai toujours condamnée, et pour la première fois de ma vie, je me suis mise à la comprendre. Et peut-être même à la pardonner. C’est d’ailleurs là où j’ai mesuré toute la force et la grandeur d’Angela, que je n’aurais pas forcément eue à sa place.

J’ai aimé June, aussi, évidemment. Cette fin était parfaite, tellement cohérente avec son personnage, et j’avais compris bien avant Angela. J’ai vraiment beaucoup aimé ce personnage que j’ai trouvé touchant, avec énormément de relief et d’aspérités. Elle est complexe, et c’est pour cela que nous l’apprécions, alors qu’elle même en semble incapable.
Et puis, petite surprise à la fin ! C’est la première fois que je découvre un roman où l’un des personnages (secondaires) porte mon prénom. Forcément, ça m’a marquée, et j’y ai peut-être vu un clin d’oeil à ma rencontre avec l’auteure, lors de la dernière édition de St Maur en poche !

En conclusion

Contre toute attente, ce roman n’est pas un coup de coeur pour moi. Néanmoins, c’est une lecture pleine de sens, qui nous amène à nous questionner sur de très nombreux sujets de la vie. J’ai aimé les personnages peints par Laurence Peyrin, avec leurs forces et leurs fêlures. J’ai aimé les événements qui sont loin d’être présentés sous un jour manichéen. L’auteure est davantage dans la compréhension que dans la seule explication, et cette humanité transparaît à travers son écriture. Une très belle lecture.

La Parisienne

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