Leur séparation
Sophie Lemp

Allary Editions est une maison dont je suis l’actualité de près. Vous n’êtes pas sans savoir que j’affectionne particulièrement les romans graphiques de Riad Sattouf, et que j’ai également beaucoup aimé les livres de Diane Brasseur. Cette fois, j’ai eu la chance de pouvoir découvrir Leur séparation en avant-première, sur recommandation personnelle ! Merci à Allary Editions pour cette lecture.

Le résumé

« Ce samedi matin de janvier, ma mère m’attend à la sortie de l’école. Comme les autres jours, nous remon- tons la rue des Boulangers mais, au lieu de nous arrêter au carrefour, nous prenons à gauche dans la rue Monge. Je me retourne et aperçois un camion de déménagement garé en bas de notre immeuble. Ma mère serre ma main dans la sienne. Je n’ai pas envie de parler, je pense au camion, aux cartons, au salon qui demain sera à moitié vide. Je pense à mon père. Désormais, j’irai chez lui tous les mercredis soir et un week-end sur deux. Ma mère s’est organisée pour que je passe l’après-midi et la nuit chez une amie. Avant de partir, elle me dit Profite bien de ta journée, amuse-toi, essaye de penser à autre chose. Je hoche la tête mais je sais que jamais plus je ne penserai à autre chose. »
Sophie Lemp fête ses dix ans quand ses parents divorcent. Trente ans plus tard, c’est avec le regard d’une petite fille devenue adulte qu’elle revit cette séparation.
Pourquoi cette blessure, commune à tant d’enfants, est-elle si difficile à cicatriser ?

Mon avis

Je ne connais pas Sophie Lemp, mais Leur Séparation est son deuxième roman. C’est un livre autobiographique qui parle des conséquences du divorce des parents de l’auteure sur la construction de sa propre vie, de son identité.

Ce roman se place en véritable thérapie pour l’auteure, ou du moins, c’est ainsi que je l’ai vécu. A travers Leur séparation, Sophie Lemp s’adresse à ses parents qu’elle réunit le temps d’une centaine de pages. Comme si ce rêve de voir ses parents s’entendre de nouveau n’avait jamais vraiment disparu, même si la prise de conscience de l’impossibilité de leur entente surgit vers la fin du récit.
Tout au long du roman, l’auteure alterne entre les moments de son enfance, avant la séparation, après, et bien sûr actuellement, une fois mariée, adulte, et mère à son tour. La chronologie n’est pas linéaire, le récit fonctionne comme une porte ouverte aux associations libres de souvenirs dans l’esprit de Sophie Lemp.

L’écriture très simple de l’auteure nous tient à distance de ce qui pourrait relever de l’intime. Finalement, le but recherché n’est pas l’hommage, ni même la compréhension des conséquences de ce divorce sur la future personnalité de la petite Sophie. Il s’agit tout simplement de raconter. Peut-être de transmettre un message à ses parents ? C’est ce que laissent sous-entendre les dernières pages.

Il m’aura manqué des émotions pour me toucher plus personnellement. J’ai trouvé que l’auteure retranscrivait assez clairement les faits, de manière non chronologique, mais sans toutefois s’attacher vraiment à ses propres sentiments. Bien sûr, on comprend le déchirement qu’a causé le divorce de ses parents, et toute la culpabilité qui en découle. Mais j’ai malgré tout trouvé le récit assez froid, et je m’attendais à être davantage percutée ou émue par les mots de l’auteure.
Néanmoins, j’ai tout de même eu ma petite dose d’émotions grâce à la grand-mère de Sophie, que j’ai trouvée très touchante et authentique, dans sa lucidité.

En conclusion

Ce roman parle d’une séparation, mais il atteint pourtant son but : celui de réunir les parents de l’auteure le temps de la lecture. Eux qu’elle ne connaît plus que l’un sans l’autre se voient pourtant rassemblés le temps d’une centaine de pages, qui font office d’expiatoire pour la petite fille qu’a été Sophie Lemp, et qui s’est construite à partir de cet élément fondateur. Si j’ai apprécié la pureté de l’écriture, j’ai regretté un manque d’émotions qui m’aurait davantage touchée.

La Parisienne

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