Sa mère
Saphia Azzedine

Saphia Azzedine est une auteure que j’ai découverte avec son roman Bilqiss. Son style incisif et percutant m’avait de suite interpelée, c’est pourquoi j’ai souhaité lire son nouveau roman, Sa mère, qui sort pour cette rentée littéraire 2017. Merci aux éditions Stock pour cette lecture.

Le résumé

Marie-Adélaïde, née sous X, a la rage au ventre ; elle a un destin, mais ne sait pas encore lequel. Pas celui de caissière à La Miche Dorée. Pas non plus celui de ses rares copines, certaines connues en prison, d’autres camarades de galère et d’errance. Serait-ce celui de nounou des enfants impeccables de la Sublime ? Ou celui de retrouver sa mère coûte que coûte ? Son destin, elle va le chercher avec les moyens dont elle dispose : le culot, la parole qui frappe, l’humour cinglant, l’insoumission à son milieu, la révolte contre toutes les conventions. C’est une héroïne de notre temps.

Mon avis

Parmi la rentrée littéraire des éditions Stock, Sa mère était sûrement celui que j’attendais avec le plus d’impatience. Pourtant, le sujet du roman ne m’intéressait pas autant que celui de Bilqiss, mais j’étais curieuse de retrouver l’auteure.

Ce roman, je dois dire, m’a davantage ennuyée que le précédent. J’ai aimé retrouver le style acéré de l’auteure, qui ne mâche pas ses mots. Cela se traduit par des héroïnes au caractère bien trempé qui, dans le cas de Bilqiss comme dans celui de Marie-Adélaïde, luttent à leur façon contre la société mise en place. Marie-Adélaïde a plusieurs combats : elle veut tout d’abord faire comprendre à ceux qui l’entourent les inégalités qui régissent la société occidentale, divisée entre les « riches » d’un côté et les « pauvres » (dont elle fait partie de l’autre). Et, ensuite, elle souhaite rechercher sa mère.

J’ai trouvé que le ton de cette protagoniste manquait beaucoup de nuances. J’ai l’impression que les héroïnes de l’auteure ont toujours des opinions (politiques ou non) bien tranchées, et j’aurais aimé que la vision exposée par Marie-Adélaïde soit un peu moins manichéenne. Cette jeune femme passe son temps à se plaindre et fait pourtant entrer chacune des personnes qui croise son chemin dans des cases, sans s’interroger sur sa valeur ou ses propres préjugés.

Le déroulé de l’histoire ne m’a pas passionnée, je n’ai pas compris le sens de cette quête qui pousse l’héroïne à retrouver sa mère, pour… pour quoi, finalement ? Tisser une relation avec elle ? Une relation vouée à l’échec en une dizaine de pages ? L’objectif est-il au contraire atteint grâce aux autres rencontres que fait Marie-Adélaïde pendant son « périple » ? Ses compagnes de prison, sa collègue, sa nouvelle patronne… ?
La difficulté auquel l’héroïne est confrontée est celle de sa place : où est-elle ? Elle croit ne la trouver qu’une fois qu’elle aura effacer le X de son dossier, qui anonymise l’identité de sa propre mère. Le pari est-il réussi ? Difficile à dire. J’aurais aimé que le sujet de l’adoption soit davantage abordé.

En conclusion

Si j’ai pris plaisir à retrouver le style incisif et percutant de Saphia Azzedine, j’ai néanmoins eu du mal à accrocher avec cette nouvelle histoire et son héroïne, Marie-Adélaïde. Sa colère contre le monde et son combat personnel m’ont un peu lassée, je n’ai pas trouvé le sens à cette quête qui finit abruptement. Une déception, pour ma part.

La Parisienne

De la même auteure :
Bilqiss