Mémoires d’une jeune guenon dérangée
Maureen Wingrove

Un livre de Diglee, à mes yeux, c’est toujours un événement. Parce que Diglee est une illustratrice féministe engagée, j’aime beaucoup ses propos et j’aime la suivre au quotidien sur les réseaux sociaux. Lorsqu’elle a annoncé la sortie de son roman ado, je me suis donc noté mentalement de me le procurer. Merci aux éditions Michel Lafon pour cette lecture, et merci à mes copines La tête dans les livres et l’Ancre littéraire de m’avoir accompagnée.

Le résumé

Cléopâtre a 13 ans, trois chats, des parents divorcés, une petite sœur givrée fan de phoques, une pilosité plus proche de celle du singe que de l’être humain, et doit supporter quotidiennement maintes humiliations et insultes assénées par Clément, le plus sadique mais néanmoins plus beau mec du collège.
Heureusement, elle peut compter sur sa BFF Chloé pour lui faire oublier ses drames existentiels à grand renfort de missions d’espionnage nocturnes et de tournage de film d’horreur amateur.
Mais cette année, deux nouveaux font leur apparition en classe de quatrième… Et il se peut qu’ils changent considérablement le quotidien de Cléo.

Mon avis

Des romans Young Adult, j’en lis tout de même pas mal (même si moins qu’avant). Le YA, c’est l’un des genres que je préfère. Mais de l’ado de cet acabit là, je crois que je n’en avais pas relu depuis mes bons vieux Journal d’une princesse (que j’ai dévorés à 12 ans), et croyez-moi ça fait du bien ! La vague de nostalgie qui m’a envahie est totalement indescriptible. Déjà quand tu commences à te rendre compte que tu as le double de l’âge que tu avais à l’époque où tu lisais ce genre de bouquin… et ensuite quand tu prends conscience du fait que jamais plus tu n’iras au collège et ne pourras donc rigoler avec Cléo et ses copines… Voilà, c’était cadeau. Bref.

Allons à l’essentiel : j’ai ADORÉ ce roman. Est-ce parce qu’il est signé Diglee ? Parce que la couverture est parfaite ? Parce que l’héroïne est super drôle ? Parce qu’il m’a replongée dans mon adolescence ? Probablement un peu de tout ça. J’ai vraiment apprécié le personnage de Cléopâtre, j’ai adoré découvrir ses aventures et les divagations de sa bande de copines. J’ai aussi aimé retrouver la petite part autobiographique de l’auteure, comme un clin d’oeil à sa vie, à sa famille et ses amies, et aussi à ses fans ! Ayant lu Autobiographie d’une fille gaga, j’ai évidemment souri avec cette choré de Bad Romance, et j’ai compris que le « Chaco » et le « Dindon » étaient plus qu’inspirés de la réalité (toujours lire les remerciements).

Mais il n’y a pas que ça. Dans le journal de Cléo, il y a aussi la dilution d’un joli message féministe auquel j’étais évidemment particulièrement attentive. Je connais l’auteure pour ses convictions que je partage, et je me doutais qu’avec un livre de littérature jeunesse, Diglee distillerait intelligemment son message. La littérature jeunesse, c’est vraiment délicat : elle a un rôle incontestablement éducatif, on peut l’utiliser pour instruire les jeunes (et l’idée que les femmes sont égales aux hommes est clairement un message à faire passer à tous les âges), mais il faut également répondre aux interrogations de son public et le captiver à travers des sujets qui le touchent. Alors comment parler de « garçons » sans tomber dans le travers de l’ado amourachée qui ne vit sa vie qu’à travers ses aventures amoureuses fictives, alors que les garçons eux s’en contrefichent ou sont élevés dans une toute autre optique ? Je trouve que Diglee jongle habilement entre toutes ces problématiques, elle parvient à sensibiliser les jeunes filles à la question du féminisme à travers des exemples très pratiques (pourquoi s’épiler les jambes par exemple), et rien que pour ça, je dis chapeau.

Mon seul tout petit bémol, ce sont les références de Cléopâtre. Alors oui, bien sûr, le personnage utilise en réalité les références de son auteure : les Spice Girls, Friends, George Clooney, Lady Gaga, etc. Mais tout ça, c’est mon adolescence et celle de Diglee. Je pense que ce n’est plus vraiment d’actualité aujourd’hui, presque 10 ans plus tard… et c’est le seul petit point qui aurait, à mes yeux, mérité d’être actualisé. (même si en tant que vieille de 25 ans j’ai adoré retrouver ces références que je valide à 100%)

En conclusion

Voici typiquement le genre de livres que je lisais lorsque j’étais au collège. Et aujourd’hui encore, j’ai pris plaisir à l’ouvrir et à le découvrir, j’ai passé un très chouette moment qui m’a rappelé des souvenirs agréables. Il apporte de plus une jolie plus value en questionnant les obligations sociales en terme de genre, et je pense qu’il saura faire naître une réflexion chez le public ciblé. Je sais d’avance que j’offrirai ce roman à ma petite cousine de 12 ans à qui j’ai récemment légué mes romans d’ados. Bien joué, Diglee !

La Parisienne

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