Les loyautés
Delphine de Vigan

Bien que je possède trois romans de l’auteure dans ma bibliothèque, je n’avais encore jamais lu Delphine de Vigan à ce jour. Je me suis lancée dans cette lecture pour préparer la rentrée littéraire de janvier, j’avais envie de me familiariser avec son écriture et j’étais tout simplement curieuse, au vu du résumé du roman. Je remercie les éditions JC Lattès pour cette lecture.Le résumé

« J’ai pensé que le gamin était maltraité, j’y ai pensé très vite, peut-être pas les premiers jours mais pas longtemps après la rentrée, c’était quelque chose dans sa façon se tenir, de se soustraire au regard, je connais ça, je connais ça par cœur, une manière de se fondre dans le décor, de se laisser traverser par la lumière. Sauf qu’avec moi, ça ne marche pas. »
Théo, enfant du divorce, entraîne son ami Mathis sur des terrains dangereux. Hélène, professeur de collège à l’enfance violentée, s’inquiète pour Théo : serait-il en danger dans sa famille ? Quant à Cécile, la mère de Mathis, elle voit son équilibre familial vaciller, au moment où elle aurait besoin de soutien pour protéger son fils. Les loyautés sont autant de liens invisibles qui relient et enchaînent ces quatre personnages.

Mon avis

Ce roman est ce que l’on appelle un roman chorale : plusieurs personnages y prennent successivement la parole. Ici, nous aurons donc droit successivement aux points de vue de Théo, Mathis, Cécile et Hélène. Chacun a ses secrets et est lié à l’un des autres par l’une de ces loyautés dont nous parle Delphine de Vigan.

Comment définir ce titre ? S’il semble assez mystérieux et fait écho à ce qu’il y a de plus « pur » dans la littérature blanche, c’est un titre que je trouve absolument parfait pour le roman qu’il porte. Comment expliquer ce lien qui nous attache aux autres autrement que par ce terme de « loyauté » ? Je le trouve parfaitement bien choisi, une fois ma lecture terminée, je crois qu’il est vraiment parfait pour ce roman.

Dans ce livre, nous allons donc rencontrer divers personnages. Le point central du roman est le sort du petit Théo, élève de cinquième dans un collège parisien. Une professeur se prend à s’inquiéter de son sort, et subitement nous voilà propulsés dans leurs vies respectives, chacune comportant son lot de non-dits. Tous convergent à se protéger les uns les autres : Théo s’inquiète pour son père, Mathis et Hélène pour Théo, et Cécile pour Mathis. C’est un cercle fermé qui nous amène à nous interroger : jusqu’où ira ce petit jeu ? Hélène trouvera-t-elle la clé de ce mystère avant qu’il ne soit trop tard ? Théo s’arrêtera-t-il à temps ? Mathis avertira-t-il les adultes, ou restera-t-il fidèle, « loyal » à son ami ?
La catastrophe est frôlée à de nombreuses reprises, et le lecteur se prend à regretter que rien ne se déroule comme il l’espérerait. C’est pour mieux nous tromper avec une fin ouverte que l’auteure laisse libre d’interprétation, exactement comme je les aime.

Ce roman ne m’a pas donné de clés, ne m’a pas fourni d’intrigue résolue à proprement parler. Pour autant, il questionne les attachements humains, les liens qui existent entre les individus. Il nous amène à nous interroger également : ne projetons-nous pas dans les autres nos propres peurs, notre propre vécu, quitte à se tromper parfois de très loin ? C’est ce que semble induire le personnage d’Hélène qui est certes la seule à pressentir le problème sans toutefois parvenir à en éclaircir la teneur.

En conclusion

Voici un roman de littérature blanche qui questionne les liens existant entre différents individus, et qui met en perspective le poids de nos projections et de nos peurs sur le réel. C’est un roman certes un peu court mais que j’ai beaucoup aimé, sans réellement parvenir à vous expliquer pour quelle raison. C’est probablement en raison des sujets évoqués : le divorce, le naufrage d’une famille et ses conséquences sur un enfant, la maltraitance. Un roman à découvrir.

La Parisienne

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