Le jour où je suis partie
Charlotte Bousquet

Charlotte Bousquet est une auteure dont je souhaitais découvrir les écrits depuis longtemps, et c’est évidemment Le jour où je suis partie qui a attiré mon attention. Est-ce utile de vous expliquer pour quelle raison ? Il vous suffira de lire le résumé pour le comprendre. Je remercie les éditions Flammarion jeunesse, ainsi que ma copine chérie Hélène qui m’a accompagnée dans cette lecture.

Le résumé

S’opposant à la volonté de son père qui veut la marier, Tidir s’engage auprès d’un groupe de femmes à Rabat, au Maroc, qui se battent pour leur émancipation et leur liberté.

Mon avis

Une héroïne marocaine qui souhaite s’affranchir des traditions et manifester pour défendre sa liberté ? Il ne m’en fallait pas plus pour évidemment me donner envie de me jeter sur ce court roman. On nous présente ici Tidir, une héroïne adolescente qui quitter son village natal et sa famille, qui veut la marier de force, pour rejoindre la marche des femmes à Rabat en mémoire de sa meilleure amie, mariée de force elle aussi à son violeur et qui s’est suicidée pour échapper à cet enfer.

Si j’ai trouvé le point de départ de ce roman et les thématiques abordées très intéressantes, je n’en demeure pas moins mitigée quant au déroulé de l’histoire. Deux choses, principalement, m’ont dérangée dans l’histoire de Tidir.
Tout d’abord, le manque d’émotions. Bien sûr, ce que vit Tidir est absolument cruel, tout comme ce qui est arrivé à sa meilleure amie. Pourtant, j’ai tout de même eu du mal à m’attacher à elle, j’ai trouvé que l’auteure n’approfondissait pas suffisamment les pensées et les émotions de ses personnages. Comme si tout restait en surface. Tidir, en dehors de la douleur du deuil, ne ressent pas grand chose : même son indignation était assez faible, à mes yeux.

La deuxième chose qui m’a embêtée dans ce roman, c’est l’enchaînement des événements. J’ai eu l’impression que tous les faits se succédaient, et qu’il manquait vraiment de lien entre les différentes rencontres de l’héroïne. Il m’a manqué du lien, j’ai trouvé que l’histoire était un peu hachée, juxtaposée, et l’ensemble m’a donc paru un peu factice. Je crois que je voyais trop les ficelles de l’auteure au lieu de pleinement être embarquée par l’héroïne, qui avait pourtant une histoire vraiment forte à me faire partager. C’est dommage.

Ces deux éléments m’ont donc conduite à une légère déception quant à ce roman prometteur dont j’attendais beaucoup. Je n’oublie cependant pas qu’il reste à destination d’un public adolescent, je ne peux pas lui en demander autant qu’à un roman adulte comme La Perle et la coquille par exemple.
J’ai tout de même apprécié le message porté par l’auteure, ce besoin d’émancipation, de revendication de ses droits et de sa liberté. J’ai été touchée par cela, mais pas autant que ce que j’espérais.

En conclusion

Le féminisme de ce roman est criant, il avait donc tout pour me plaire. Pourtant j’ai été dérangée par deux éléments qui m’ont déçue : le manque d’émotions d’une part, et l’enchaînement des événements d’autre part. À mes yeux, ce roman n’est pas assez approfondi, j’aurais aimé qu’il soit plus long et plus fourni.

La Parisienne

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