Celle que vous croyez
Camille Laurens

Lors de sa sortie, ce roman avait été lu par plusieurs de mes copinautes, et c’est de cette façon qu’il avait atterri dans ma wish-list. Le pitch à lui seul est très accrocheur, et pose d’emblée des questions qui invitent le lecteur à trouver des réponses par lui-même. Je me dois évidemment de remercier mon amie La Rousse Bouquine qui me l’a offert pour mon anniversaire (même si je m’excuse car je pensais qu’il sommeillait dans ma PAL depuis bien longtemps que ça, ma Rousse, j’espère que tu me pardonnes de m’être autant méprise).

Le résumé

Vous vous appelez Claire, vous avez quarante-huit ans, vous êtes professeur, divorcée. Pour surveiller Jo, votre amant volage, vous créez un faux profil Facebook : vous devenez une jeune femme brune de vingt-quatre ans, célibataire, et cette photo où vous êtes si belle n’est pas la vôtre, hélas. C’est pourtant de ce double fictif que Christophe – pseudo Kiss Chris – va tomber amoureux.
En un vertigineux jeu de miroirs entre réel et virtuel, Camille Laurens raconte les dangereuses liaisons d’une femme qui ne veut pas renoncer au désir.

Mon avis

Il y a des chroniques (et des livres !) comme celle-ci qui sont vraiment très compliquées à écrire. On ne sait pas toujours par où commencer, ce que cette lecture nous a fait ressentir est vraiment très divers, et il devient difficile de confier par écrit son propre avis, quand, finalement, il est impossible de réellement poser des mots dessus… C’est un peu l’effet que m’a fait ce roman.

Il faut savoir pour commencer que ce roman se divise en plusieurs parties. Et chacune des parties va nous permettre d’aborder l’histoire qui nous est racontée de manière différente, parce que le narrateur change, parce que d’autres éléments nous sont apportés, parce qu’on nous apprend à nous, lecteur, à nous méfier des limites entre le fictif et le réel. C’est un roman perturbant, qui a provoqué en moi le même effet que Shutter Island ou Inception (deux films que j’adore) : à la fin, c’est peut-être fini, mais l’histoire continue à faire son chemin et on s’interroge toujours. La lecture a peut-être pris fin, mais pas le cheminement de l’intrigue en nous.

Difficile de savoir qui nous manipule le plus, entre l’héroïne, l’auteure, la narratrice. Qui au juste se cache derrière ce roman ? Quelle est la part de vérité, quelle est la part d’inventivité ? C’est cette question de frontière que l’on nous amène à interroger, à questionner, sans cesse. La lecture de ce roman est un travail purement actif, le lecteur est sollicité et doit lui aussi participer car son interprétation est primordiale. Et c’est bien d’ailleurs cette question qui est soulevée par le titre, à lui seul, très évocateur sur le contenu qui va suivre.
Même après l’avoir refermé, il est impossible de savoir si l’on a pleinement compris le message de l’auteure, l’histoire de la narratrice, le caractère de l’héroïne. Et c’est cette espèce de flou qui, pour moi, fait tout l’intérêt de ce roman si particulier.

Pour autant, difficile de vous affirmer que oui, j’ai aimé ce roman. A vrai dire, je ne le sais pas moi-même. Je ne regrette certainement pas de l’avoir lu, je l’ai trouvé très intéressant, mais je n’y ai pas toujours trouvé du plaisir. Certains passages se perdent en longueur et j’ai de temps à autres décroché de la narration, car je ne voyais pas toujours où l’on voulait en venir. Mais c’est un roman qui laisse incontestablement ses traces.

En conclusion

Quelques jours après avoir refermé ce roman, je ne sais toujours pas réellement qu’en penser. Bien sûr, je salue le talent de l’auteur qui m’a totalement retourné l’esprit et menée en bateau, si bien qu’il est impossible de savoir que croire dans cette méthode narrative, et c’est bien je pense l’effet voulu. J’aime ce genre de livres qui nous poussent à nous interroger alors même que nous l’avons refermé depuis quelques temps déjà, et qui ressurgissent à notre esprit de manière inopinée. Un roman intrigant, intéressant, mais que je ne peux pas affirmer avoir adoré malgré tout.

La Parisienne

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