La dernière traversée
Caroline Pignat

Évidemment, comme beaucoup de gens, je compte Titanic parmi mes films préférés, l’un des plus grands classiques de l’histoire du cinéma qui fait toujours chavirer mon coeur. Alors lorsque j’ai découvert le résumé de ce roman à paraître aux éditions Charleston, bien évidemment je me suis emballée et je n’avais plus d’autre choix que de le lire. Je remercie les éditions Charleston pour cette lecture.

Le résumé

Un amour déchirant à la Titanic, entre Rimouski et Liverpool. Basée sur l’histoire du plus grand naufrage survenu au Canada, une histoire bouleversante sur fond de tragédie. Bannie de la résidence familiale en Angleterre, Ellie est embauchée en 1914 pour travailler à bord de l’Empress of Ireland. Dès la première traversée, elle est attirée par Jim, un jeune homme mystérieux qui travaille comme souffleur dans les fournaises du paquebot. C’est le coup de foudre… jusqu’au soir du terrible naufrage au large de Rimouski au cours duquel le jeune couple est séparé. Ellie retourne à Liverpool pour tenter de retrouver le courage de vivre après la disparition de son amoureux. Là-bas, un ambitieux journaliste souhaite écrire l’histoire de cette épouvantable nuit. Aussi offre-t-il à la jeune femme, en échange de son témoignage, des feuillets du journal de Jim retrouvé parmi les débris du naufrage. Page par page, Ellie découvre alors les secrets de son bel amant. Lorsqu’elle apprend que la dépouille de Jim n’a jamais été repêchée, un espoir fou renaît…

Mon avis

Il faut savoir avant toute chose que Titanic est un film que je connais par coeur, je l’ai vu un nombre incalculable de fois et c’est l’histoire d’amour qui m’a le plus fait pleurer je crois à ce jour (quoique Avant toi se classe en bonne position aussi pour concourir à ce titre). Je suis vraiment très attachée à l’histoire de Rose et de Jack, comme beaucoup d’entre vous sûrement, aussi j’espérais vraiment que La dernière traversée parviendrait à suffisamment se détacher de ce mythe pour me faire entrer dans une toute autre romance.
Malheureusement, toute la première partie du roman, qui se concentre autour de l’histoire du naufrage, est quasiment un copier-coller de l’idylle de Titanic. J’ai eu l’impression de revoir l’intégralité du film sous mes yeux, à mesure que j’avançais dans ma lecture, et je me suis profondément agacée de voir ce manque d’originalité et cette réécriture bateau (c’est le cas de le dire). Même dans les moindres détails, comme les retrouvailles sur le pont, le naufrage qui se produit sous les yeux des protagonistes, l’héroïne qui essaie de survivre alors que des passagers en panique lui plongent la tête dans l’eau ! Si l’envie de revivre l’histoire de Titanic m’était venue, il aurait été plus simple pour moi de lancer le visionnage du film, et trois heures plus tard on n’en parlait plus ! J’ai donc eu énormément de craintes quant à mon appréciation de La dernière traversée en lisant la première moitié, car je ne faisais que revivre quasiment scène pour scène les aventures de Rose et de Jack. 

Néanmoins, je suis une lectrice tenace, je me suis donc accrochée et la curiosité m’a poussée à terminer ce roman (qui me faisait malgré tout passer un bon moment : logique, j’adore Titanic, vous suivez ?). Et fort heureusement pour moi, la seconde moitié du roman aborde un changement radical dans la narration. On laisse de côté le naufrage de L’Empress pour nous concentrer sur l’étape de reconstruction qui intervient dans la vie d’Ellie. Et c’est là que j’ai pu apprécier pleinement ce roman.

Comme souvent avec les romans historiques, j’ai aimé en apprendre davantage sur un fait qui m’était totalement inconnu. Connaissiez-vous l’histoire de ce bateau qui pérît en mer deux ans seulement après le naufrage du Titanic, et deux mois seulement avant l’entrée en guerre de la Grande-Bretagne ? Je suis prête à parier que non, et c’est pourtant le naufrage le plus meurtrier de l’histoire du Canada.

Je regrette cependant dans ce roman un dénouement très happy end qui ne m’a étonnée en rien, et qui ne m’a pas non plus semblé cohérent avec tout le drame qui entoure l’héroïne. Vous le savez désormais, je m’attache bien plus aux fins tragiques qu’aux heureux retournements de situation, particulièrement dans les romances. J’aurais préféré une héroïne pleurant son amour perdu à jamais plutôt qu’un coeur consolé de manière aussi prévisible. Mais cela ne m’a pas empêchée, une fois de plus, d’apprécier ma lecture.

En conclusion

Mon avis sur La dernière traversée est très ambivalent : d’un côté, j’ai été profondément agacée par la réécriture de Titanic qui domine la première moitié du roman. Quel dommage d’avoir fait preuve d’aussi peu d’originalité en racontant l’histoire d’un naufrage inconnu ! Pour rappel, c’est un exercice dans lequel Ruta Sepetys excelle avec Le Sel de nos larmes. Cependant, la deuxième moitié du roman m’a réconciliée avec l’auteure et l’héroïne, puisque de nouveaux éléments interviennent et font évoluer l’intrigue. Je regrette néanmoins un dénouement bien trop prévisible et heureux au vu du sujet soulevé par le roman.

La Parisienne

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