Filles du désert
Chris Bohjalian

Je suis souvent très sensible aux sujets de l’histoire contemporaine peu abordés en littérature, ils sont très prometteurs et souvent instructifs. Alors lorsque j’ai découvert le résumé de ce roman qui parle du génocide arménien, je n’ai pas su réfréner ma curiosité. Je remercie les éditions Charleston pour cette lecture.

Le résumé

Alep (Syrie) 1915.
Une jeune Bostonienne rencontre Armen, rescapé du génocide arménien. New York, 2012, Laura Prelosian entreprend un voyage à travers son histoire familiale et découvre un grand amour, le chagrin et un terrible secret enfoui depuis des générations.

Mon avis

Comme souvent dans les romans Charleston, Filles du désert alterne entre deux époques : le passé, dans les souvenirs d’Elizabeth et Armen, et le présent avec Laura, la narratrice. J’ai énormément aimé me plonger dans la vie d’Elizabeth, mais je n’ai en revanche ressenti aucune affinité avec Laura que j’ai trouvée froide et inutile. Je crois que je me serais bien passée de son point de vue, j’ai trouvé qu’il n’apportait rien à l’histoire, et cela m’a agacée d’avoir à la retrouver à chaque début de chapitre.

Si j’ai donc aimé ce roman, c’est grâce à Elizabeth, Hatoun, Nevart et Armen. Leur histoire est de loin la plus passionnante et la plus poignante, ce sont les personnages auxquels je me suis le plus attachée dans ce récit.
Grâce à sa nationalité américaine, Elizabeth va nous faire découvrir la vie à Alep à travers un oeil nouveau et curieux. C’est un gros avantage pour le lecteur qui prend ses marques en même temps que l’héroïne, et apprend des choses sur cette période et ce pays en se calquant sur ses réactions.

J’ai beaucoup apprécié cette plongée dans un pan de l’histoire qui m’était inconnu. C’était après tout la raison pour laquelle je m’étais penchée sur ce roman, j’attendais d’en apprendre plus sur le génocide arménien, j’avais envie de comprendre à travers cette fiction ce qui avait bien pu arriver à ce peuple.
Si j’ai aimé découvrir les personnages arméniens, il m’a néanmoins manqué beaucoup d’explications et j’aurais aimé que l’auteur pousse sa pédagogie un peu plus loin, à l’aide d’une frise historique à la fin du livre, ou peut-être avec des digressions explicatives plus poussées. Je ne sais finalement pas ce qui s’est exactement passé entre les Turcs et les Arméniens pour en arriver là, et à la fin de ma lecture, j’étais frustrée et j’avais envie d’aller plus loin dans ces connaissances que j’ai simplement effleurées. Et il m’a fallu chercher sur Google pour comprendre que ce qui opposait les Turcs aux Arméniens étaient en réalité une histoire de… religion. Cela n’est pas clairement explicité dans le roman, et c’est dommage car ça aurait simplifié ma compréhension.

Malgré cela, j’ai beaucoup aimé la romance qui s’installe entre Elizabeth et Armen. J’ai été touchée par le passé d’Armen, et le sort de Karine m’a tout simplement fendu le coeur. Je n’avais pas prévu cette fin, mais il ne pouvait en être autrement… Et j’ai aimé ce lourd et tragique secret qu’Elizabeth a porté toute sa vie. #TeamFinsTragiques

En conclusion

Ce roman m’a fait voyager jusqu’à Alep, et m’a appris beaucoup de choses sur un aspect de la première guerre mondiale qui m’était jusqu’alors inconnu. Néanmoins, je regrette un manque d’explications, j’en attendais un peu plus de ce côté là. La romance qui s’établit entre Elizabeth et Armen est belle et puissante, j’ai nettement préféré leur histoire à celle de la narratrice Laura, que j’ai trouvée inintéressante. Un roman à découvrir !

La Parisienne

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