Seuls les enfants savent aimer
Cali

Il y a parfois des maisons d’édition avec lesquelles on tisse un véritable lien. On apprend à connaître la personne avec qui l’on échange, et cette personne découvre nos goûts, et les maîtrise parfois si bien qu’elle n’a pas besoin de vous poser la question pour savoir qu’un roman va vous plaire. C’est exactement l’intuition qu’a eu Benoît en m’envoyant ce roman de Cali, et bien évidemment, il ne s’est pas trompé. Un grand merci aux éditions Le Cherche-Midi pour cette lecture, et pour la rencontre qui s’en est suivie.

Le résumé

Seuls les enfants savent aimer.
Seuls les enfants aperçoivent l’amour au loin, qui arrive de toute sa lenteur, de toute sa douceur, pour venir nous consumer.
Seuls les enfants embrassent le désespoir vertigineux de la solitude quand l’amour s’en va.
Seuls les enfants meurent d’amour.
Seuls les enfants jouent leur coeur à chaque instant, à chaque souffle.
À chaque seconde le coeur d’un enfant explose.
Tu me manques à crever, maman.
Jusqu’à quand vas-tu mourir ?

Mon avis

Avant de commencer ma chronique, il faut que je vous confie un aveu : je ne connais pas très bien la musique de Cali. En dehors de sa chanson la plus célèbre, ce n’est pas un artiste que j’ai l’habitude d’écouter, si bien que j’ai ouvert ce roman en étant totalement détachée du chanteur, et que je me suis pleinement consacrée à l’écriture de l’auteur. Je pense qu’il est fondamental de pouvoir dissocier ces deux caractéristiques d’une personne lorsque l’on découvre son oeuvre.

Seuls les enfants savent aimer. Ce titre à lui seul est déjà tout un poème. À l’image de tout ce qui s’en suivra tout au long du roman. Ce livre, ce récit, ce témoignage, cette autobiographie – je ne sais pas exactement quelle appellation est la plus juste, choisissez pour moi – est un hommage très touchant que Cali rend à sa maman décédée. Il revient sur un événement sombre, triste et néanmoins très constructeur dans sa vie.

Je me suis posée quelques questions, parfois. Où est la part de fiction, où est la part de réel ? J’ai pu directement m’adresser à l’auteur, que j’ai eu la chance de rencontrer lors d’un déjeuner pendant le salon du livre, et j’ai été heureuse d’en apprendre un peu plus sur le sujet. Et puis, je vous avoue que j’ai été déroutée lors des premières pages par cette relation ambigüe qu’il entretient avec son meilleur ami, mais j’ai fini par comprendre.

Le petit Bruno a 6 ans lorsque sa maman meurt. Et à partir de ce moment, Bruno va rechercher l’amour dans les yeux des autres, de toutes les façons possibles : que ce soit avec son amoureuse de l’école, son meilleur ami, la dame qu’il va croiser en colonie…
Pourtant, aimer c’est prendre le risque de perdre l’autre, de souffrir, de « devoir faire son deuil ». Qu’est-ce que cela signifie, « faire son deuil », quand on a 6 ans ? Bruno ne le sait pas vraiment, mais il le comprend, il a cette intuition que la mort a quelque chose de définitif. Et pour cela, il rejette son petit chat qui ne demandait qu’à être aimé.

J’ai été très touchée par la teneur de ces quelques 200 pages que j’ai très rapidement englouties. Cali a une écriture très douce, très poétique, à l’image de ce résumé de quatrième de couverture qui retranscrit à merveille l’atmosphère de ce roman. La plume est simple, elle est incarnée par cet enfant qu’il était, qu’il n’est plus, qui l’habite pourtant encore. C’est un livre doux, empli de mélancolie mais aussi de vie.

En conclusion

Seuls les enfants savent aimer est un très bel hommage que Cali rend à sa maman disparue. C’est un roman doux, poétique, dont l’écriture m’a touchée. L’histoire d’un enfant devenu grand sans sa maman. J’espère retrouver l’auteur dans un futur roman !

La Parisienne

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