À la lumière du petit matin
Agnès Martin-Lugand

Agnès Martin-Lugand est une auteure que je suis depuis ses débuts, depuis Les Gens heureux qui avait été un gros coup de coeur pour moi. Depuis, je recherche désespérément à ressentir la même chose qu’avec ce fameux roman, et j’attends toujours beaucoup des nouveautés d’Agnès. Ce roman-ci sera-t-il le roman de la réconciliation ?

Le résumé

À l’approche de la quarantaine, Hortense se partage entre son métier de professeur de danse et sa liaison avec un homme marié. Elle se dit heureuse, pourtant elle devient spectatrice de sa vie et est peu à peu gagnée par un indicible vague à l’âme qu’elle refuse d’affronter. Jusqu’au jour où le destin la fait trébucher… Mais ce coup du sort n’est-il pas l’occasion de raviver la flamme intérieure qu’elle avait laissée s’éteindre ?

Mon avis

Je suis très embêtée avec cette chronique, car je sais d’avance que je vais aller à contre-courant des avis que j’ai pu lire, de tout ce que j’ai pu entendre jusqu’à présent sur À la lumière du petit matin. Et je m’excuse à l’avance auprès de toutes les personnes que je pourrais blesser (Agnès la première, une auteure lumineuse et vraiment adorable, mais je juge ici mon ressenti sur ma lecture). Je m’apprête à vous donner mes impressions, elles sont personnelles, et ce n’est pas parce que moi j’ai ressenti ça que ce sera également votre cas. Mais voilà, j’ai à coeur d’être honnête dans tous les avis que je donne, c’est donc ce que j’entreprends une fois de plus avec cet article.

J’ai l’impression que parfois, l’opinion que l’on a d’un auteur influence l’avis que l’on aura sur ses romans. Cela peut être dans le sens négatif, ou dans le sens positif. C’est très embêtant, je trouve que l’on est parfois un peu biaisés. Et j’ai la sensation que c’est ce qui arrive avec les romans d’Agnès pour la plupart des lecteurs.
Agnès Martin-Lugand est vraiment une personne d’une douceur incomparable, elle est très avenante, souriante, adorable. C’est une auteure que j’ai pu rencontrer à plusieurs occasions, et c’est toujours un bonheur de discuter avec elle, même brièvement. Seulement… je suis de plus en plus déçue de ses romans, et je suis moi-même déçue d’être déçue car je l’apprécie beaucoup, mais j’essaie de ne pas me laisser influencer par l’avis que j’ai de la personne et l’avis que j’ai de ses romans.

Je vais d’abord commencer par les points positifs de ma lecture. J’ai pris un plaisir simple à découvrir la vie d’Hortense. Même si parfois, un certain manque d’explications m’a laissée perplexe quant au déroulement un peu « facile » des faits (il n’y a pas vraiment de confrontation avec Aymeric, ni avec Bertille par exemple). J’ai eu la sensation que c’était propre au caractère du personnage, d’éviter les conflits.
J’avais envie de découvrir la suite du roman et j’ai passé un moment agréable, en toute simplicité, avec chacun des personnages : Hortense, Bertille, Cathy, Aymeric, et évidemment Elias.

J’ai aimé être plongée dans l’histoire de l’Autre, même si j’avais envie de secouer Hortense à bien des moments. Comme ses amis, j’imagine… Et puis, j’ai trouvé Aymeric détestable, je n’ai vraiment pas réussi à lui trouver des « excuses ».

Cependant, le sentiment qui l’emporte sur ma lecture est malgré tout la déception. Il faut dire que j’attendais énormément de ce roman de l’auteure, que j’ai l’habitude de suivre maintenant. Et pour moi, le pari n’est pas gagné… encore une fois, nous faisons face à la même histoire : celle d’une femme qui, a la suite d’un élément déclencheur, va prendre sa vie en main et rompre avec son quotidien. C’est en fait l’histoire de chacun des romans de l’auteure que j’ai lu jusqu’à présent, et j’ai l’impression d’être la seule à m’en rendre compte. J’irais même plus loin en affirmant que la trame narrative d’À la lumière du petit matin est exactement similaire à celle des Gens heureux : Hortense (comme Diane) quitte Paris pour s’installer ailleurs, elle fuit un deuil et finit par faire LA rencontre qui lui permettra d’ouvrir les yeux. Et cet homme aussi a un terrible passé. Encore une fois, je connaissais la chanson et malheureusement, aucune surprise dans ce roman.

Je me demande très sincèrement si je vais continuer l’aventure avec Agnès, une auteure très humaine que j’apprécie pourtant énormément. Mais je n’arrive simplement plus à savourer ses romans qui manquent de surprise et d’originalité à mes yeux. Je l’attends au tournant depuis ses deux derniers romans, et je suis chaque fois déçue car je n’obtiens pas les rebondissements auxquels je m’attends. J’ai l’impression de relire sans cesse la même histoire, et je m’en suis tout simplement lassée… 

En conclusion

Mon avis est à contre-courant de tout ce que j’ai l’habitude de lire sur Agnès Martin-Lugand, et j’en suis la première déçue. J’aimerais découvrir cette auteure dans une nouvelle histoire, j’aimerais qu’elle prenne le risque de surprendre ses lecteurs, au lieu de quoi j’ai l’impression de relire perpétuellement la même histoire à chacun de ses nouveaux romans. Je ne sais pas encore si je poursuivrai l’aventure, je crois que la magie n’opère plus avec moi. Ce sont des choses qui arrivent malheureusement dans la vie d’un lecteur…

La Parisienne

De la même auteure :
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Entre mes mains le bonheur se faufile
J’ai toujours cette musique dans la tête

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