Le bruit des silences
Valérie Gans

Je connaissais seulement ce roman par sa couverture très estivale et attirante, qui m’avait tapé dans l’oeil à je ne sais plus quelle occasion. Aussi, lorsque je l’ai trouvé dans ma petite bouquinerie du Nord à quelques euros, je n’ai pas hésité bien longtemps avant de le prendre, me disant que je le lirai en vacances. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait.

Le résumé

Lorraine est une jeune divorcée : elle élève seule ses 2 enfants, vit à Paris, travaille chez une fleuriste qui n’est autre que sa meilleure amie, s’occupe de sa famille et pense très peu à elle. Lorsqu’elle rencontre Cyrille, un ami d’enfance, qui a gagné en charme et en maturité, elle croit avoir trouvé l’amour qui manquait à sa vie. Mais cette histoire n’est pas celle qu’elle attendait et cet homme qu’elle croyait si bien connaître lui échappe.
Lorraine doit mettre à nu ses sentiments, ses espérances et les secrets des femmes de sa famille : sa soeur, sa mère, sa grand-mère. Chacune a fait un choix qui a bouleversé sa vie.
Un roman tendre et joyeux que ce qui vivent les femmes aujourd’hui, une très belle histoire d’amour et de transmission.

Mon avis

Ce roman se présente comme une fresque familiale dans laquelle nous allons apprendre à connaître la famille de l’héroïne, Lorraine : sa fille Louise, son fils Bastien, sa soeur Julie, sa mère Christiane, son père Jean évidemment, et puis sa grand-mère Ama. Il y a aussi Cyrille, son amour de jeunesse, qui va venir parfaire ce tableau. On me promettait des secrets de famille, une quête du bonheur à travers une exploration des sentiments des héros. Est-ce le cas ? Oui.

Cependant, il ne s’agit pas d’une fresque familiale dans le sens où je l’imaginais (un peu comme les romans Charleston). C’est plutôt un roman qui se veut drôle et plus léger qui m’a rappelé Les Yeux jaunes des crocodiles. J’ai aimé découvrir la vie simple de cette drôle de famille. Il y a une histoire derrière chacun des personnages, et nous apprenons progressivement à la découvrir, ce qui m’a plu.

En revanche, j’ai moins adhéré à plusieurs choses. Notamment les relations amoureuses qu’entretiennent les héros, chacun des héros. J’ai presque eu l’impression que l’auteure… défendait l’adultère, mais attention, seulement l’adultère masculin, parce que les femmes évidemment sont fidèles et ne trompent pas leur mari. Tous les protagonistes masculins (j’exclus les plus jeunes, Bastien et ensuite Octave) sont infidèles, et c’est « comme ça », ce n’est pas justifié ni expliqué, mais c’est accepté par les personnages féminins qui sont parfaitement au courant. Et cela m’a profondément dérangée.
Je ne dis pas que l’infidélité n’existe pas, bien au contraire. Je ne dis pas non plus que l’auteure l’encense (quoique je me pose des questions à ce sujet). Mais décrire les relations uniquement par ce prisme, j’ai trouvé ça profondément réducteur et dommage. J’aurais préféré que l’on dépeigne plusieurs types de relations, et pas uniquement le même schéma répété par tout le monde. Même si, dans le cas du père de Lorraine, j’ai trouvé ça traité de manière intéressante.

J’ai vraiment eu un souci avec plusieurs personnages masculins dans ce roman : Cyrille en particulier, évidemment. Parfois les enfants, avec la façon dont ils parlent de l’homosexualité de leur père (tout comme Lorraine, d’ailleurs). Et puis Patrice, bien sûr ! L’auteure a parfois sombré dans les clichés, et j’ai tiqué plusieurs fois sur les jugements émis par ses personnages : sur l’homosexualité, sur l’infidélité, sur la rivalité amoureuse, sur la jalousie… Ce qui a un peu nui à ma lecture.

Dernier point quant au dénouement : je l’ai trouvé un peu trop rapide. On nous bassine avec l’histoire de Lorraine et Cyrille pour qu’elle connaisse un dénouement en cinquante pages très vite balayé, le secret d’Ama m’a paru… énorme à gober, quant à Louise… j’ai de sérieux doutes, surtout vis-à-vis de la rapidité avec laquelle Lorraine prend sa décision.

En conclusion

Bien que ce roman m’ait permis de passer un bon moment, je ne pense pas que j’en garderai un souvenir impérissable. Il contient quelques éléments qui m’ont pas mal chiffonnée, et je crains qu’il ne s’oublie rapidement. Je lirai tout de même la suite avec curiosité, car je me suis attachée à la famille de Lorraine.

La Parisienne

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