Je vous sauverai tous
Émilie Frèche

Ce titre, lors de sa sortie en grand format, m’avait totalement tapé dans l’oeil. Il semblait s’imposer comme un indispensable, et je savais qu’il finirait par rejoindre ma bibliothèque tôt ou tard. Je remercie les éditions Le livre de poche pour cette lecture marquante.

Le résumé

Désemparée par le départ de sa fille de 17 ans en Syrie, embrigadée par Daesh et dont elle est sans nouvelles, Laurence commence un journal. Elle y transcrit son incompréhension et sa tristesse. La mère interpelle sa fille et lui raconte son combat contre le radicalisme. Son journal fait écho à celui qu’a tenu Eléa un an auparavant, dans lequel se dévoile son endoctrinement progressif.

Mon avis

Les premiers chapitres de ce roman m’ont perturbée. Je crois que je m’attendais à ce que la narratrice soit Éléa, et j’ai découvert que sa mère prenait la parole. Et puis après cela, vient un chapitre surprenant raconté par son père qui m’a déstabilisée encore plus. Enfin seulement, j’ai fini par comprendre que les narrateurs et les temps de narration allaient s’alterner, et j’ai été séduite par ce petit suspense.

Je me suis laissée embarquée par cette histoire, de A à Z. J’étais en apnée lors de ma lecture, et je ne pouvais pas lâcher mon livre tant j’avais besoin de comprendre. Difficile de rester indifférent face à tout ce qui se joue en quelques pages…
Peut-être que mon esprit a trop de recul par rapport à cette histoire, mais en tout cas j’ai trouvé la bascule assez rapide dans l’extrêmisme, et j’aurais peut-être aimé que le changement de comportement d’Éléa soit plus progressif. De même, les parents ne se rendent compte de rien, alors qu’il me semble que les signes sont assez clairs… Mais au fond, je ne suis personne pour juger de ce genre de choses, ne les ayant pas vécues moi-même.

J’ai aimé le message de tolérance et d’apaisement qui émane, malgré tout, de cette fiction. La mère n’en veut pas à sa fille, tout comme elle n’en veut pas à Solène. Finalement, ce qui ressort de ma lecture, c’est beaucoup de compréhension et l’envie d’aider les autres à s’en sortir.
Au-delà du sort d’Éléa, c’est celui de sa mère qui m’a le plus percutée. Le traitement de la douleur des familles, de leur deuil, la vision qu’ont les gens d’elle et le sort qu’ils lui infligent… Tout cela m’a beaucoup retournée.

Si j’avais peut-être une chose à reprocher à ce roman, ce serait la narration du père. Pour moi, on ajoute du drame qui n’a pas lieu d’être, et ce personnage m’a beaucoup moins intéressée que sa fille ou la mère, dans le traitement progressif de l’embrigadement ou au contraire de « l’après » pour les proches. 

En conclusion

Ce roman a pour but de marquer les esprits, et c’est un pari réussi. Impossible de rester insensible face à un sujet aussi percutant que l’embrigadement. C’est un roman perturbant mais pourtant profondément pédagogique, qui m’aura pas mal percutée. Malgré quelques défauts, c’est assurément un livre à lire.

La Parisienne

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