Tout ce qui est solide se dissout dans l’air
Darragh McKeon

Cela fait vraiment très longtemps que ce roman m’attend dans ma PAL. C’est son thème – celui de la catastrophe de Tchernobyl – qui m’avait attirée. Heureusement que ma copine Sorbet-Kiwi m’a proposé une LC, sinon je crois qu’il aurait encore attendu longtemps !

Le résumé

Dans un minuscule appartement de Moscou, un petit prodige de neuf ans joue silencieusement du piano pour ne pas déranger les voisins.
Dans une usine de banlieue, sa tante travaille à la chaîne et tente de faire oublier son passé de dissidente.
Dans un hôpital du même quartier, un chirurgien s’étourdit dans le travail pour ne pas penser à son mariage brisé.
Dans la campagne biélorusse, un jeune garçon observe les premières lueurs de l’aube, une aube rouge, magnifique, presque inquiétante de beauté.
Nous sommes le 26 avril 1986. Dans la centrale de Tchernobyl, quelque chose vient de se passer. La vie de ces quatre personnages va changer. Le monde ne sera plus jamais le même.

Mon avis

Connaissez-vous des romans qui parlent de la catastrophe de Tchernobyl ? Moi, non. C’était la première fois que je lisais un livre qui traitait de ce sujet qui pourtant m’intéresse beaucoup, puisqu’il a touché mes proches. La répression du gouvernement russe à l’époque y est sûrement pour beaucoup, même encore actuellement, lorsque j’ai souhaité me renseigner sur le sujet, j’ai eu du mal à trouver des informations. C’est donc cette thématique qui m’a particulièrement attirée avec ce roman.

Dans cette narration, nous allons suivre le destin de plusieurs personnages : Evgueni, un petit garçon prodige, sa tante Maria, une ancienne journaliste qui travaille désormais dans une usine, Grigori, un médecin qui sera envoyé sur les lieux de la catastrophe, et Artiom, un autre petit garçon qui habite à proximité de Tchernobyl.

Comme Stéphanie, j’ai beaucoup aimé tout ce qui touche à la catastrophe dans ce roman, car (ne le cachons pas) c’est la raison pour laquelle j’ai ouvert ce livre. J’étais aussi fascinée et horrifiée de découvrir à quel point cette catastrophe a été dissimulée par le gouvernement. J’ignorais à quel point l’armée russe avait dissimulé l’information, brutalisé la population sans rien leur expliquer. Vous rendez-vous compte qu’il aura fallu attendre que la Suède et la Finlande remarque un degré de radiations élevé deux jours plus tard pour qu’enfin l’URSS informe le reste du monde de ce qui s’était produit ?

J’étais également très surprise de découvrir les conditions de vie de la population à une période pourtant récente de notre histoire. J’avais l’impression de lire un roman sur la guerre, avec ces camps et ces rationnements, la pauvreté des personnages… Et pourtant, tout ça a lieu en 1986 ! D’ailleurs, petit reproche sur ce point : j’ai souvent été perdue dans la temporalité de la narration, il y a des retours en arrière très souvent et ce n’est pas toujours très clair. Cela aurait mérité d’être retravaillé à mes yeux.

J’ai été moins intéressée par les soucis rencontrés par Evgueni, car ce n’était pas ce que j’attendais de cette lecture. Le personnage qui m’a le plus passionnée, c’est sans aucun doute Grigori.

C’est ce qui m’amène à ma grosse déception concernant la fin. Ce dénouement se concentre autour de Evgueni, et l’on oublie des personnages en court de route. Quel dommage ! J’aurais aimé en apprendre plus sur Artiom, sa mère et sa soeur ! En refermant le livre, je me suis interrogée sur le sens de ma lecture : tout ce roman était donc voué à parler du destin d’Evgueni, et non pas de la catastrophe ? Tchernobyl est évoquée brièvement en toile de fond pour expliquer ce qui est arrivé à Grigori, et c’est tout. Cette fin est trop facile, on balaie vite la catastrophe qui est pourtant au coeur du roman. Je ne sais pas ce que j’attendais de ce dénouement, mais une chose est sûre : je l’aurais aimé différent.

En conclusion

J’ai aimé cette lecture pour tout ce qu’elle m’aura appris sur la catastrophe de Tchernobyl, et surtout sur la façon dont le gouvernement russe a géré l’affaire. Je n’imaginais pas que la population avait été traitée de telle façon, tout en n’ayant absolument aucune information sur ce qui se passait. Le culte du secret était vraiment inimaginable, mais pas surprenant lorsque l’on sait comment la France a communiqué auprès de ses citoyens… Je suis en revanche très déçue par ce dénouement qui n’était pas à la hauteur de mes attentes. Un roman intéressant mais qui me laisse sur ma fin.

La Parisienne