Reste avec moi
Ayobami Adebayo

J’ai entendu parler de Reste avec moi quelques mois avant sa sortie. Mathieu, des éditions Charleston, m’avait à l’époque proposé cette lecture pour le Club de lectures féministes. C’est un roman qui avait piqué ma curiosité mais que je n’avais pas pris le temps d’ouvrir, jusqu’à ce que j’en discute avec l’équipe Charleston lors de la présentation de leur programme 2019. Je remercie les éditions Charleston pour cette lecture.

Le résumé

Yejide espère un miracle. Un enfant. C’est ce que son mari attend, ce que sa belle famille attend, et elle a tout essayé. Mais quand une délégation familiale se présente à sa porte escortant une jeune femme, son univers vacille. Accepter une seconde épouse, c’est au-dessus de ses forces.

Mon avis

Au vu des échos que j’ai pu entendre de ce roman, au vu de la présentation qui m’en a été faite par l’équipe Charleston : mes attentes étaient très hautes vis-à-vis de ce roman. Elles n’ont malheureusement pas été satisfaites, et j’en suis la première déçue.

Lorsque j’ai reçu les épreuves de ce roman, c’était pour évaluer s’il pouvait trouver sa place au sein du club de lectures féministes. Par la suite, lorsque j’en ai discuté avec l’équipe Charleston, je leur ai demandé si, selon elle, le roman était féministe, et unanimement on m’a répondu que oui. Pourtant… je n’ai pas trouvé ce roman féministe.
Yejide veut un enfant, et va tout mettre en oeuvre pour en attendre un. Cependant, à mes yeux, il est difficile de distinguer si c’est elle qui le veut, ou si c’est la société dans laquelle elle vit qui lui a toujours imposé d’en vouloir un. On pourrait voir dans ce choix une échappatoire à sa condition de femme nigériane, cependant il n’y a aucun recul critique sur cette envie d’enfant, aucune interrogation sur la pression qu’elle subit de la part de son entourage et de la société. Son obsession la fait paraître folle, à la fois aux yeux de son mari mais aussi auprès des lecteurs.

De même, on m’avait présenté ce roman comme une « quête de liberté ». Ce n’est pas une expression que j’utiliserais pour définir cette lecture. Une quête de maternité, oui. Mais pas une quête de liberté. Bien au contraire, pour moi Yejide s’enferme dans son envie d’être mère, elle en devient l’esclave, la prisonnière. Elle s’empêche de vivre pour tout consacrer à son besoin d’avoir un enfant. Et lorsqu’elle y parvient, elle ne pense plus qu’à travers ça. Elle ne vit pas sa vie pour elle-même, elle la vit pour ses enfants.

En fait, je n’ai pas aimé cette lecture car elle m’a fait me sentir mal, triste, déprimée. Je n’ai pas du tout aimé les protagonistes, que ce soit Yejide, son mari, son beau-frère, sa belle-mère… Tous m’ont semblé cruels les uns envers les autres, aucun n’a su s’attirer ma sympathie. Je n’ai pas compris leurs choix, leurs décisions. On nous présente Yejide et son mari comme un couple fou amoureux, pourtant tout ce qui transparaît de leur relation m’a fait penser le contraire. J’ai eu l’impression que la Yejide de son adolescence n’était pas la même personne qu’une fois mariée !
De même, je n’ai pas aimé cette narration qui m’a beaucoup perdue. On alterne les points de vue sans que ce soit précisé, c’est donc au lecteur de reconstituer les pièces du puzzle (qui est le narrateur dans ce chapitre ?). On mêle le passé au présent, de telle sorte qu’il est difficile de comprendre dans quelle époque nous nous trouvons. D’ailleurs, je n’ai compris qu’à partir de la moitié du roman que le début se passait à une autre époque…

Le point positif de cette lecture, pour moi, c’est la fin. J’ai beaucoup aimé le dénouement, qui apporte une dose de douceur à la noirceur de cette lecture. Certes, je m’attendais à un tel final, mais malgré ça j’étais satisfaite de voir que je ne m’étais pas trompée.

En conclusion

Si j’ai aimé les problématiques abordées dans ce roman, j’en ressors malheureusement profondément déçue et frustrée. J’avais énormément d’attentes vis-à-vis de cette lecture qui n’ont pas été comblées, j’ai l’impression d’avoir discuté d’un tout autre livre avec l’équipe Charleston. Pour moi, c’est un rendez-vous manqué.

La Parisienne

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