Sous le soleil de mes cheveux blonds
Agathe Ruga

J’ai rencontré Agathe pour la première fois lors d’un déjeuner organisé par les éditions Albin Michel. Je la suivais déjà en tant que blogueuse, et c’est toujours un plaisir de mettre un visage sur un pseudo. Par la suite, Agathe m’a proposé de recevoir son premier roman, et je tiens donc à la remercier ainsi que les éditions Stock pour cette lecture.

Le résumé

L’une est blonde, secrète et bourgeoise. Au lycée, on la surnomme Brigitte. L’autre, extravertie et instable, répond au nom de Brune. Toutes deux sont encore des jeunes filles pleines d’avenir. Ensemble, elles se le promettent, elles pourront tout vivre.Traversant les années folles de la jeunesse, elles découvrent la joie d’aimer, de danser, de rire et de boire jusqu’au petit matin en rêvant à leurs destins de femmes. Mais un étrange jour d’été, tout s’arrête brusquement. Sans donner aucune explication, Brigitte rompt leur amitié et disparaît.
Les années passent mais n’effacent pas la douleur de l’absence. Lorsque Brune tombe enceinte, le moment est venu de comprendre ce qui s’est joué entre elles, ce qui les a unies puis séparées. D’autant que Brigitte, dont elle n’avait plus la moindre nouvelle, revient la hanter : dans ses rêves, elle aussi attend un enfant… Avec brio, Agathe Ruga explore une tranche de vie aussi enivrante que violente, celle des premières fois, de l’éveil de la féminité, du passage à l’âge adulte et des désillusions, jusqu’à la délivrance.

Mon avis

J’ai ouvert ce roman avec beaucoup d’appréhension, comme toujours lorsque je connais d’un peu trop près une personne « de la vraie vie » et que j’ouvre pour la première fois l’un de ses écrits, en l’occurrence un premier roman. Il y a toujours cette peur d’être déçue et de décevoir.
Pourtant, j’ai de suite accroché aux premiers chapitres de cette histoire d’amitié entre Brune et Brigitte. Deux héroïnes très différentes que la vie a rapproché et qui se sont éloignées.

J’ai moi-même déjà connu ce genre d’amitié qui s’arrête soudainement, cette rupture par le ghosting qui emmure de silence et d’incompréhension les années de complicité. Je me suis donc beaucoup retrouvée dans la tentative de Brune de comprendre ce qui s’était produit, dans sa souffrance aussi, car Brigitte lui manque.
J’ai trouvé la première partie de l’histoire hypnotisante, j’ai adoré découvrir les rapports qui équilibraient la relation de ces deux amies lors de l’adolescence, puis plus tard à la fac.

Cependant, dans la deuxième partie du roman, je me suis un peu lassée de l’héroïne que j’ai trouvée de plus en plus superficielle, égoïste et égocentrique. L’histoire se tourne davantage autour de ses aventures sentimentales plutôt qu’autour de son amitié avec Brigitte, qui s’efface et devient témoin, spectatrice, complice, au même titre que le lecteur. Je n’ai pas aimé cette position de voyeuriste qui m’a mise mal à l’aise, j’ai regretté que Brigitte soit placée au second plan, car c’était bien leur amitié qui m’intéressait, bien plus que l’adultère de l’héroïne.

Je m’attendais à une histoire d’amitié toxique, ce n’est pas vraiment ce que j’ai trouvé dans ce roman. Bien plus que celui de Brigitte, c’est le comportement de Brune que j’ai contre toute attente trouvé le plus malsain. Mais étrangement, leur relation ne m’a pas paru démesurément fusionnelle.

J’ai aimé le dénouement, notamment autour de l’Homme de la vie de Brune, au sujet duquel je m’interrogeais beaucoup pendant ma lecture. J’ai aimé avoir cette clé de réponse, à défaut d’obtenir celle de la colère de Brigitte.

En conclusion

J’ai immédiatement accroché au style d’Agathe Ruga qui livre un premier roman abouti et très bien écrit. Je ne pensais pas me passionner autant pour une histoire d’amitié entre deux femmes qui se sont perdues de vue, mais je me suis beaucoup reconnue dans cette douloureuse séparation. Cependant, j’ai beaucoup moins aimé la deuxième partie qui tourne uniquement autour de l’adultère de l’héroïne et où l’essence du roman s’efface. Un premier roman à découvrir malgré tout.

La Parisienne