La tête sous l’eau
Olivier Adam

Il y a bien des titres qui m’attirent au sein de la collection R ces derniers temps, leur catalogue s’ouvre à de nouveaux auteurs contemporains qui abordent des sujets d’actualité (je pense notamment à Arnaud Cathrine). Cette fois, mon attention s’est penchée sur La tête sous l’eau, et je remercie Filipa pour cette lecture.

Le résumé

Quand mon père est ressorti du commissariat, il avait l’air perdu. Il m’a pris dans ses bras et s’est mis à pleurer. Un court instant j’ai pensé : ça y est, on y est. Léa est morte. Puis il s’est écarté et j’ai vu un putain de sourire se former sur son visage. Les mots avaient du mal à sortir. Il a fini par balbutier : « On l’a retrouvée. Merde alors. On l’a retrouvée. C’en est fini de ce cauchemar. » Il se trompait. Ma sœur serait bientôt de retour parmi nous mais on n’en avait pas terminé.

Mon avis

Deux choses m’intéressaient particulièrement dans ce roman lorsque j’ai tourné les premières pages : d’une part, le sujet et le mystère qui plane autour de la disparition de Léa ; d’autre part, le fait que le narrateur ne soit pas Léa elle-même mais son frère. Avez-vous remarqué que les héros de romans sont souvent ceux à qui il arrive quelque chose ? On se place rarement du point de vue des personnes qui les entourent, et c’est ce qui m’intéressait dans cette lecture.
Pour gérer un drame dans la vie d’un de nos proches, il n’existe aucun manuel qui nous expliquerait comment faire. Chacun a sa propre réaction face à la douleur, au deuil, à la souffrance. Aucun mode d’emploi nous inculque comment agir.

Antoine apprend à trouver sa place dans cette nouvelle vie : loin de ses repères puisqu’il a déménagé, loin de sa soeur puisqu’elle a disparu, loin de sa famille puisqu’elle a volé en éclats. Et il y parvient difficilement, jusqu’à ce que sa soeur ressurgisse de nulle part et qu’il doive tout réapprendre. Difficile de savoir comment gérer une telle situation à la fois pour les parents séparés, mais aussi pour son petit frère qui a disparu du centre de l’attention des adultes depuis bien longtemps déjà. D’autant qu’on ignore ce qui est arrivé à Léa.
J’ai aimé ce suspense autour de la séquestration de Léa. Que lui est-il réellement arrivé ? Qu’a-t-elle subi ? Comment s’en est-elle sortie ? Nous l’apprenons tardivement, et ces révélations horribles étaient assez cohérentes. Chaque personnage porte son lot d’angoisse en plus de celui des autres.

J’ai aimé la psychologie travaillée des personnages, en particulier celle d’Antoine que j’ai trouvé mûr pour son âge. C’est un adolescent un peu jeune mais qui, finalement, saura se montrer présent pour sa soeur et pour sa famille.

Le dénouement m’a légèrement déçue, je m’attendais à quelque chose d’un peu moins cousu de fil blanc. Après avoir brillamment traité tout le sujet de la disparition puis du retour de Léa, j’ai trouvé que l’auteur se relâchait un peu pour un final loin d’être à la hauteur. J’aurais préféré que les derniers éléments du roman ne se produisent pas, mais cet avis n’engage évidemment que moi.

En conclusion

Davantage construit comme un thriller que comme un traditionnel roman young adult, ce roman m’a plu pour les thématiques qu’il aborde : entre autres, la reconstruction d’une famille après un drame. La psychologie des personnages est l’un des gros points forts de ce récit. Je reste en revanche déçue de la fin qui m’est apparue un peu simple au regard du reste du roman. Une lecture rapide et efficace, qui a rempli sa mission.

La Parisienne

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