Une femme blessée
Marina Carrère d’Encausse

Voilà longtemps que ce roman a rejoint ma bibliothèque. Pourtant, jusqu’à aujourd’hui, l’envie de le découvrir était pressante mais pas urgente… Je savais que cette lecture laisserait ses marques, et je souhaitais attendre d’être prête avant de m’y confronter.

Le résumé

Admise à l’hôpital de Souleymaneh, dans le Kurdistan irakien, Fatimah préfère taire les circonstances qui l’ont vu brûler vive. Accident domestique ? Chacun au village, à commencer par son mari et sa famille, feint de le croire… Sur l’horreur, sur les blessures, le silence s’est abattu. Jusqu’à ce que Fatimah, poussée par l’inextinguible désir de vivre, recouvre la parole, les mots pour raconter son histoire, et retrouve, enfin, sa dignité de femme…

Mon avis

Ce roman, sachez-le d’emblée, est un roman très dur qui met les mots sur une atroce réalité dans notre monde : celle des crimes dits « d’honneur » commis contre les femmes dans certaines régions de la planète. En tant que femme, je savais que ce roman allait me marquer.

Effectivement, les faits décrits par la romancière sont insoutenables. Je n’ai pu empêcher mon corps de réagir physiquement face à la description insupportable des violences que subit Fatimah, au nom de « l’honneur ». Impensable d’imaginer qu’il existe encore des pays où la justice s’applique d’une façon aussi barbare, et pourtant des centaines de femmes en sont malheureusement victimes chaque année…

Malheureusement, si le sujet était fort, j’ai trouvé la narration loin d’être à la hauteur, et c’est ce qui fait de ce roman une déception à mes yeux. Déjà, j’ai trouvé le style de l’auteure très descriptif. Je m’attendais à tout autre chose, j’aurais aimé retrouver une écriture plus percutante, avec des phrases plus longues. Là, j’avais l’impression très caricaturale de ne lire qu’une succession de phrases qui décrivaient ce qui se passait sans chercher plus loin.
Ce qui m’amène à mon deuxième point : l’absence totale d’émotions. Bien sûr, j’ai été touchée par l’horreur que traverse Fatimah, mais simplement parce que les faits sont horribles. L’écriture aurait pu me permettre d’être beaucoup plus émue que je ne l’ai été. L’accent n’est nullement mis sur la psychologie des personnages à mes yeux, et cela m’a beaucoup manqué.

En refermant ce roman, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que j’avais une chance incroyable d’être née femme dans un pays comme la France. Cela me donne envie de me battre pour le droit des femmes dans tous les pays du monde, car chacune devrait pouvoir jouir des mêmes droits que moi (j’allais utiliser le mot « privilège », mais ce n’est pas de ça qu’il s’agit). J’enrage contre ce que le patriarcat fait subir à des victimes innocentes, j’enrage de voir tout le chemin qu’il reste encore à parcourir dans certaines régions du monde. Il est grand temps de faire évoluer les mentalités.

En conclusion

Si j’ai aimé ce roman pour le sujet qu’il traite, je suis en revanche très déçue par deux choses : le style de l’auteure auquel je n’ai absolument pas adhéré, et l’absence des émotions qui était pourtant un élément fondamental à mes yeux pour traiter un tel thème. Je suis déçue de ce rendez-vous manqué avec cette lecture qui balaye beaucoup trop vite le sujet pour moi. Je m’attendais à plus de profondeur, plus de réflexions, plus d’émotions, au lieu de quoi j’ai simplement eu l’impression de lire une description de faits insoutenables. Cela reste une lecture à découvrir pour le thème abordé, mais c’est loin d’être le coup de coeur que j’attendais.

La Parisienne

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