Les putes voilées n’iront jamais au paradis
Chahdortt Djavann

Je ne me souviens plus comment j’ai découvert ce roman. En tout cas, je l’ai proposé au club de lectures féministes pour le mois de juin, et c’est donc dans cette optique que j’ai pris le temps de le découvrir.

Le résumé

Ce roman vrai, puissant à couper le souffle, fait alterner le destin parallèle de deux gamines extraordinairement belles, séparées à l’âge de douze ans, et les témoignages d’outre-tombe de prostituées assassinées, pendues, lapidées en Iran.
Leurs voix authentiques, parfois crues et teintées d’humour noir, surprennent, choquent, bousculent préjugés et émotions, bouleversent. Ces femmes sont si vivantes qu’elles resteront à jamais dans notre mémoire.
À travers ce voyage au bout de l’enfer des mollahs, on comprend le non-dit de la folie islamiste : la haine de la chair, du corps féminin et du plaisir. L’obsession mâle de la sexualité et la tartufferie de ceux qui célèbrent la mort en criant « Allah Akbar ! » pour mieux lui imputer leurs crimes.
Ici, la frontière entre la réalité et la fiction est aussi fine qu’un cheveu de femme.

Mon avis

Avec un titre pareil, le ton est donné. Et j’aurais pu m’en douter. Pourtant, je me suis plongée dans ce roman assez innocemment, même si je savais d’emblée quel était le sujet et dans quel état je risquais de terminer ma lecture.

Je n’arriverai pas à vous dire que j’ai aimé ce roman, car ce n’est pas le cas. J’ai compris la nécessité de parler de ce sujet, j’ai compris les choix de l’autrice (quoique pas tous, j’y reviendrai), et pour autant, ce sont précisément ces choix qui font que je n’ai pas aimé ma lecture. Ce roman, comme l’indique le titre, est cru. L’autrice emploie un langage volontairement vulgaire pour marquer son lecteur, et l’effet est immédiat. Cependant, je n’ai pas réussi à apprécier ma lecture car ce n’est pas un roman dans lequel je me suis sentie bien. Je pense que je n’étais pas d’humeur pour découvrir quelque chose d’aussi sombre et d’aussi percutant. Je n’avais pas besoin d’être secouée par l’autrice, j’aurais préféré la douceur de Nadia Hashimi par exemple.

Il existe des romans qui me dérangent, et j’aime être dérangée. Mais là, j’ignore pourquoi, ça n’a pas fonctionné sur moi. Je suis restée très hermétique au style de l’autrice, j’ai trouvé cette accumulation d’histoires toutes plus malsaines et malaisantes les unes que les autres, et je n’ai tout simplement pas pris de plaisir à lire ce roman. Le but de la littérature n’est pas toujours de nous divertir et de nous faire passer de bons moments, ce peut également être de nous sensibiliser à certains sujets, de nous ouvrir les yeux sur la réalité. C’est le cas ici.
Pourtant, malgré cela, je n’ai pas apprécié tous les procédés de l’autrice. La voir interrompre sa narration pour expliquer sa démarche, par exemple, m’a laissée perplexe. J’aurais préféré que cela intervienne avant ou après.

En conclusion

Ce livre marque, je ne peux pas vous dire que je l’oublierai rapidement, mais en ce qui me concerne, il ne m’a pas forcément marquée dans le bon sens. C’est un livre cru, violent, volontairement malaisant, qui a suscité un très profond dégoût en moi. J’ai compris la démarche de l’autrice, mais je n’ai pas aimé le voyage. Même si le sujet mérite évidemment d’être lu, je n’arriverai pas à vous recommander ce roman choquant et peu adapté au grand public.

La Parisienne

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