Il y a une semaine, je venais vous parler de la première publication du tout nouveau label Préludes, avec Un parfum d’herbe coupée de Nicolas Delesalle, en vous précisant que cette lecture allait donner lieu à une nouvelle rencontre grâce à Babelio.

1622186_1604620586427348_4991329293871018527_nRencontrer un auteur est une chance, qui en l’occurrence m’a permis de me rendre compte de l’énorme contre-sens de ma lecture. Il a en effet fallu que je rencontre l’auteur pour m’apercevoir que le protagoniste de son roman était… lui-même. J’avais été perturbée par le « Kolia » du personnage principal – quand je l’ai avoué à l’auteur, il m’a précisé qu’il s’agissait du surnom que lui donnait sa mère. Vous trouverez ci-dessous les propos reconstitués de cette entrevue.
L’ambiance intimiste de la librairie du Thé des Ecrivains m’a d’emblée séduite. Dommage qu’elle soit si loin de chez moi. A l’occasion d’une balade dans le quartier, je pense que j’y retournerai volontiers, tant elle m’a plu !
Là encore, j’ai été agréablement surprise par la simplicité de l’auteur, qui a lui aussi accepté spontanément de m’aider pour mon mémoire de fin d’études. Tout comme le fondateur de Babelio en personne, que je remercie une fois de plus.

Retour sur ma rencontre
avec Nicolas Delesalle

 

Comment est né votre roman ? Qui en est le destinataire ?
Mon roman est né sous forme de « tweets story ». Tard le soir, je publiais des tweets. Puis, je leur ai donné forme sur mon blog, avant qu’il ne devienne un livre numérique. Le titre du blog, « A peu près rien« , était le titre que je souhaitais donner à mon livre. Mais mon éditrice n’a pas trouvé cela très « vendeur », alors j’ai dû me contenter du titre actuel. « Un parfum d’herbe coupée » me satisfait moyennement. Trop « gnangnan » à mon goût. Ce n’est pas vraiment un coup de coeur. Mais il reprend un passage du livre, alors…
Pour écrire mon livre, je suis parti d’un constat. Je ne connais rien de mes arrières-grands-parents. Alors, je me suis inventé mon arrière-petite-fille, pour lui dire qui j’étais. J’aurais aimé que mon arrière-grand-père fasse de même pour moi. Plusieurs questions m’obsédaient. Qu’est-ce qui reste ? Qu’est-ce qui disparaît ? Pourquoi ça reste ? Pourquoi ça disparaît ?
Twitter a été une source d’influence plutôt efficace. Je me suis inspirée de l’affaire DSK, et j’ai tenté de faire de l’humour avec des « Live Tweets ». J’ai renouvelé l’expérience avec l’accouchement de Carla Bruni. Je trouvais la passion des journalistes pour ces évènements plutôt ridicules, et j’avais envie de me moquer gentiment d’eux.

S’agit-il d’un roman autobiographique ?
Mon livre est un mélange entre l’autobiographie et la fiction. Romain Gary, dans La Promesse de l’aube, a écrit cette phrase magnifique : « Il faut transformer la réalité en mythe ». Je n’ai pas la prétention de me croire aussi brillant que lui, mais j’aime beaucoup cette phrase. Je songe à l’éventualité d’un tome 2 sur mon expérience de journaliste. Mais dans un tel récit, il n’y aurait pas de fiction. Un parfum d’herbe coupée m’a laissé davantage de liberté.

Comment Twitter a-t-il influencé votre style d’écriture ?
Sur Twitter, il est difficile de faire du Proust, en raison de la limite des 140 signes. J’ai cette impression de vouvoyer ce que j’écris sur papier, et de tutoyer ce que j’écris sur internet. Certains lecteurs m’ont dit être surpris des contrastes : un niveau de langue familier dans une phrase poétique. J’aime les chocs des niveaux de langue. Grâce à Internet, j’entretiens une relation horizontalisée avec mes lecteurs.

Comment s’est construit votre roman ?
Mon roman est constitué de moments importants, qui peuvent parfois sembler insignifiants. Il y a un côté naturel et simple à cela. Lorsque j’ai eu mon livre entre les mains, j’ai été saisi par un moment d’émotion. J’ai pensé à Anna. Cette histoire peut être considérée comme géographique : elle est un fleuve dont chacun de mes souvenirs est un affluent. Je l’ai écrit à la manière de la mémoire, qui n’est absolument pas chronologique. La sincérité de mon livre aurait été brisée par une trame trop romanesque.
Une seule histoire a été coupée. Il s’agissait d’un reportage au Niger, qui aura probablement davantage sa place dans le tome 2.

Comment réagissez-vous aux critiques de vos lecteurs ?
Les réactions des lecteurs m’échappent : je n’avais pas prévu d’écrire un livre. Mais ce sont eux, mes lecteurs, qui me poussent à écrire. Seul sur une île déserte, je n’écrirais pas. Sans lecteur, ça n’en vaut pas la peine. On n’écrit que pour être lu. Même si au début, ce n’était pas mon but.
Les critiques positives me mettent de bonne humeur, tandis que les critiques négatives me touchent plus personnellement. Mais heureusement que les lecteurs écrivent des chroniques. Ils jouissent d’une incroyable liberté dont ne disposent pas les critiques des journaux.

Le mot de la fin ?
Heureusement que ma prof de français m’a collé en 5ème tous les mercredis !

Si tant est que vous passiez par là, je vous remercie infiniment, Nicolas, pour ce moment très sympa. Cet entretien saura éclairer plus d’un lecteur, j’en suis sûre ! Pour plus d’infos, je vous renvoie sur le blog de Babelio (et en prime, vous y trouverez une petite photo de moi ! ahah).
A bientôt,
La Parisienne

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