Hello Readers !

La semaine dernière, j’ai eu l’occasion de rencontrer Abha Dawesar, l’auteure de Madison Square Park, à l’occasion de la sortie de son livre. Abha était accompagnée de Roxane, son attachée de presse, et j’avais convié Solène, du blog La Rousse Bouquine, à nous rejoindre (avec l’accord de Roxane). Cela promettait une rencontre intéressante, puisque Solène avait adoré cette lecture alors que mon point de vue était un peu plus nuancé, et il était assez drôle pour nous de nous rendre compte que ce qui m’avait dérangée était justement ce qui avait plu à Solène. Un immense merci aux éditions Heloïse d’Ormesson pour ce beau moment !

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La première question que je me suis posée concernait la langue dans laquelle Abha écrit, car elle est une auteure polyglotte qui parle très bien le français en plus de l’anglais et des dialectes indiens. Abha, qui a déménagé au Etats-Unis à 17 ans (comme sa protagoniste), écrit naturellement en anglais. Madison Square Park est d’ailleurs sorti en France en avant-première, il s’agit d’une exclusivité, car il n’est pas encore sorti aux Etats-Unis. Il s’agit du sixième roman de l’auteure.

La conversation s’est naturellement portée autour d’Uma, l’héroïne de Madison Square Park, car c’est un personnage que j’ai eu beaucoup de mal à comprendre. Elle a été conçue avec un « germe phobique du conflit« , et une volonté d’indépendance financière. C’est un personnage qui refuse de reproduire le schéma de ses parents et qui, sans le savoir, évolue et brise les codes. Thomas, lui, n’arrive pas à échapper à la « structure dramatique de sa femme« , et est envahi par la présence des parents d’Uma.

La genèse de ce roman, d’après Abha, concerne les points d’ancrage, et les différentes étapes de construction d’une vie, principalement à travers l’espace. « Pour moi, le lieu a la même importance que les personnages« , nous a-t-elle souligné. D’ailleurs, l’appartement de Thomas correspond à la description de l’appartement d’Abha, qui souhaite le quitter mais n’était pas prête jusqu’à maintenant, jusqu’à ce livre qui lui a permis de se préparer. Toute l’intimité du roman provient donc de cet appartement.

Le personnage d’Isabelle, que Solène et moi avons toutes les deux beaucoup aimé, représente un besoin de fraîcheur venu de France. Elle aussi cherche à échapper à son passé, et apporte un cadeau à Thomas, bien qu’elle mette le couple en danger. D’ailleurs, en écrivant ce passage, Abha ne savait pas comment le livre allait se terminer.

J’ai par la suite interrogé Abha sur la signification du théâtre, l’activité que pratique Thomas et dont de nombreuses citations ornent le roman. C’est une parenthèse que j’ai eu du mal à comprendre. Abha nous a expliqué être passionnée pour la neurosciences et la biologie (elle en parle d’ailleurs dans son ouvrage Sensorium). Pour l’auteure, les passages théâtraux apportaient une respiration dans la narration et dans la vie de Thomas qui faisaient naturellement sens.

Habituellement, l’écriture d’Abha nécessite une réorganisation. Pourtant, ici, elle n’en a pas eu besoin. Le récit s’est écrit tel qu’elle nous l’a livré, il a simplement été relu (un travail qui a tout de même nécessité une année entière). Il a été écrit dans une résidence d’écrivains à Edimbourg, un endroit un peu spécial, dans un château où les temps de paroles étaient interdits entre 9h et 18H.

Forcément, la question de la part autobiographique s’est posée. Mais « les parents d’Uma ne sont pas du tout les miens ! Et moi, je ne suis pas comme elle. » Il y a des éléments qui se recoupent, évidemment (le déménagement à New York, les parents médecins)… mais la ressemblance ne semble pas aller plus loin.
A ce sujet, je me suis questionnée sur le sujet de l’Inde : est-ce une thématique volontaire dans ses romans ? A vrai dire, c’est un sujet qui semble s’imposer de lui-même. « Il ne serait pas naturel d’écrire au sujet de citoyens américains lambdas.« 

Dernière révélation : « Je ne pense pas au lecteur quand j’écris, sinon, c’est beaucoup moins authentique.« 

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Et voilà de quoi clore cette jolie rencontre !
J’espère que ce compte-rendu vous aura donné envie de vous faire
votre propre opinion sur Madison Square Park.

A bientôt,
La Parisienne

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