Trésor,
Alecia McKenzie

Trésor est une lecture qui m’a été proposée par les éditions Envolume, avec qui j’avais déjà été en contact grâce à 14 lignes, un recueil de nouvelles que j’avais beaucoup aimé. J‘ai accepté avec une légère pointe d’appréhension car je ne savais pas à quoi m’attendre, et j’étais persuadée que mon avis serait très tranché : soit j’allais adorer l’histoire, soit j’allais détester… Juste un pressentiment. Je remercie mes copinautes Quai des proses et La Rousse bouquine de m’avoir accompagnée dans cette lecture (même si j’ai été un peu rapide et que je n’ai pas su m’arrêter pour les attendre, mille pardons !).

Le résumé

Téméraire, butée, rebelle. Dulcinea Evers, jeune peintre coqueluche de New York, vient de s’éteindre. Mais qui était-elle vraiment ? Au lendemain de ses funérailles jamaïcaines, c’est sa meilleure amie Cheryl qui est chargée de rapporter la moité de ses cendres aux Etats-Unis. Détient-elle la clef de son histoire ? Tour à tour, ceux qui ont traversé la vie de Dulci s’adressent à elle pour dessiner en creux le portrait d’une femme flamboyante… et résolument libre.

Mon avis

Trésor est un roman incisif, dans lequel je n’ai eu aucune difficulté à entrer. Il s’agit d’un roman chorale, c’est à dire que plusieurs personnages prennent tour à tour la parole, ici pour s’adresser à Dulci, leur amie ou connaissance disparue. Tour à tour, donc, chaque personne qui a compté dans la vie de Dulci va lui faire ses confidences, et retracer progressivement sa vie.

Mes craintes vis-à-vis de ce petit roman ont été effacées dès les premières lignes. On est tout de suite immergés dans la vie de Dulci, et au sein de sa culture Jamaïquaine. Il ne m’était encore jamais arrivée de lire un ouvrage sur ce pays, et je suis ravie que ce soit désormais chose faite, car j’ai appris énormément de choses sur les révoltes qui s’y sont déroulées, mais également sur la culture et l’ambiance des Caraïbes.

Dulci a quitté son île pour New York, où elle avait l’espoir de devenir peintre. Elle s’est éloignée de son père par la contrainte, et au fur et à mesure, nous en apprenons davantage sur les conditions de sa fuite, sur sa vie américaine, ses rencontres, ses échanges. Quelques éléments marquants surgissent et font parler d’eux : la dengue de Cheryl, l’attaque de Dakota, la dispute avec son père…
J’ai aimé voir Dulci se construire au fil des pages, j’ai aimé l’alternance des voix, j’ai aimé les retours dans le passé et les secrets progressivement révélés. Que vous dire de plus, sinon que j’ai tout aimé dans ce court roman ? Car il possède tout ce qui me plaît : des secrets de famille, des révélations, des voyages entre le passé et le présent, une alternance dans la narration…

J’ai trouvé l’écriture d’Alecia MacKenzie très habile, très douce, très fluide. Parfaite pour évoquer le deuil, et la force de son personnage principal. A travers Dulci, ce sont également les caractères et les aventures de ses proches que l’on voit se tisser.
J’ai notamment été émue par l’histoire de la tante de Cheryl, Mavis, qui prend la parole vers la fin du roman. Son discours m’aura fait reconsidérer l’image que je m’étais faite d’elle, et j’aime quand les romans font cela ! Il y a de la complexité en chacun d’entre nous, tout le monde a son passé et ses histoires… et au fond, qui sommes-nous pour juger les autres, lorsqu’on ne sait rien d’eux ?

En conclusion

Trésor est une lecture immergeante, qui m’a plongée au coeur de la Jamaïque, à travers le personnage de Dulci et son histoire familiale. J’ai adoré rencontrer ses proches grâce à cette narration chorale, j’ai beaucoup aimé les secrets de famille et les révélations progressives. J’ai encore plus aimé l’adieu successif que lui font ses proches. Un petit bijou qui porte bien son nom, comme me l’a justement fait remarquer ma copinaute Quai des proses. A lire absolument !

6 Je recommande

La Parisienne

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