Camille, mon envolée
Sophie Daull

Camille, mon envolée est un titre que j’avais repéré lors de sa sortie et que j’avais très envie de lire. Et puis, cette envie s’est transformée en nécessité lorsque Valérie Perrin, l’une de mes auteures préférées, m’a recommandé cette belle lecture. Je me suis donc aussitôt procuré ce récit et je l’ai dévoré en quelques heures. Merci Valérie pour ce si beau conseil.

Le résumé

Dans les semaines qui ont suivi la mort de sa fille Camille, 16 ans, emportée une veille de Noël après quatre jours d’une fièvre sidérante, Sophie Daull a commencé à écrire.
Écrire pour ne pas oublier Camille, son regard « franc, droit, lumineux », les moments de complicité, les engueulades, les fous rires ; l’après, le vide, l’organisation des adieux, les ados qu’il faut consoler, les autres dont les gestes apaisent… Écrire pour rester debout, pour vivre quelques heures chaque jour en compagnie de l’enfant disparue, pour endiguer le raz de marée des pensées menaçantes.
Loin d’être l’épanchement d’une mère endeuillée ou un mausolée – puisque l’humour n’y perd pas ses droits –, ce texte est le roman d’une résistance à l’insupportable, où l’agencement des mots tient lieu de programme de survie : « la fabrication d’un belvédère d’où Camille et moi pouvons encore, radieuses, contempler le monde ».

Mon avis

Autant vous le dire d’emblée : Camille, mon envolée, c’est plus encore qu’un coup de coeur, c’est pour moi un coup de foudre littéraire. Je suis tombée amoureuse de ce livre, de sa beauté, de cette histoire si douloureuse, qui a dû être si difficile à écrire… 
Dans ce récit, Sophie Daull s’adresse à son enfant, Camille, 16 ans, qui disparaît brutalement à la suite d’une très forte fièvre qui durera 4 jours, la veille du réveillon de Noël. Le récit alterne entre le moment de l’écriture, entre janvier et avril, et la narration des événements, du 19 décembre au 2 janvier, jour de l’enterrement de Camille.

Face à un récit autobiographique d’une telle ampleur, on se sent nécessairement tout petit. Qui sommes-nous pour juger de la douleur de la perte de son enfant ? Comment pouvons-nous ne serait-ce qu’imaginer cette peine, ce deuil ?
C’est très probablement la réalité de ce récit qui m’a tant bouleversée. Je me suis sentie totalement immergée dans la vie de Sophie Daull, tant et si bien que j’ai dû faire des pauses dans ma lecture car les larmes me montaient aux yeux.

Plus encore que la douleur, c’est l’incompréhension qui m’a serré le coeur. Comment comprendre que l’on vous arrache votre enfant en quelques jours à peine, une enfant vivante, en bonne santé, qui avait la vie devant elle ? Comment accepter qu’aucune raison ne soit jamais réellement donnée ? Et surtout… comment ne pas en vouloir à ce corps médical qui renvoie Camille chez elle, munie d’une simple ordonnance de Doliprane, lorsque cette interne si désagréable aurait peut-être pu la sauver… Tant d’hypothèses et de possibilités qui ne verront plus le jour, puisque Camille n’est plus.

Compter les « jours avant », les séparer des « jours d’après ». Une nouvelle façon de s’exprimer et de se souvenir qu’utilisent chaque personne ayant perdu un être cher, il me semble.
Nombre des réflexions de l’auteure m’ont touchée, je l’ai trouvée très juste dans sa façon d’exprimer sa douleur, très humble. Jamais elle ne sombre dans la plainte, dans le déni, dans le pathos.

Si j’ai tant aimé ce récit, c’est tout simplement parce qu’il m’a bouleversée. Parce que je me suis mise à la place de cette mère, parce que j’ai partagé son incrédulité, parce que j’ai imaginé tout ce qu’elle avait enduré. Tout le long, l’auteure s’adresse à sa fille sans pour autant croire qu’elle est toujours là, sans faire d’elle une sainte, juste en lui parlant comme elle aurait aimé continuer à le faire longtemps. Et c’est probablement ce que j’ai trouvé le plus touchant.

En conclusion

Plus qu’un coup de coeur, c’est un véritable coup de foudre littéraire que j’ai ressenti pour Camille, mon envolée. Un récit poignant, d’autant plus bouleversant qu’il est réel. J’ai rarement été aussi touchée par une lecture, je me suis sentie immergée dans le deuil de Sophie Daull, à tel point que j’avais l’impression de connaître un peu sa Camille. Un magnifique hommage à sa fille disparue trop tôt.

Notation 7 Inoubliable

La Parisienne

Publicités