On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait en s’en allant,
Marie Griessinger

Être partenaire d’une maison d’édition, c’est aussi faire des découvertes et s’intéresser à des livres qui nous auraient peut-être échappé en librairie. Ce fut mon cas avec ce roman, dont j’ai tout de suite trouvé le titre et la couverture très poétiques. Premièrement sorti chez Albin Michel, il m’avait pourtant échappé, et je remercie les édition Milady poche pour cet envoi.

Le résumé

Jean-Michel sombre dans la nuit, absent à tout. Sa femme lutte avec une force douce et rageuse à ses côtés, s’épuisant à croire que son amour inébranlable pourra faire revivre l’homme qu’il fut.
Leur fille assiste impuissante au lent déclin de ce père tant aimé. Comme pour défier le destin, elle convoque les souvenirs des jours heureux, d’un bonheur que rien ne pourra effacer.
Avec une simplicité et une sincérité bouleversantes, Marie Griessinger exprime dans ce premier roman sobre et émouvant la douleur de toute perte, mais aussi l’amour d’une fille pour son père.

Mon avis

L’une des principales caractéristiques d’une personne hypersensible, c’est sa capacité à se mettre à la place des autres. C’est ce qui rend parfois certaines lectures si touchantes à mes yeux, parce que je n’ai aucune difficulté à imaginer que je vis la même chose que l’héroïne, que je traverse les mêmes épreuves. C’est exactement ce qui s’est produit avec On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait en s’en allant.

À travers ce roman autobiographique, Marie Griessinger rend hommage à son père, touché par une maladie grave, mal connue, incurable. Et j’ai par moment été transpercée par la justesse de ses mots, car j’imaginais mon propre père à sa place, et j’avais simplement envie de prendre mon téléphone pour l’appeler et lui dire à quel point je l’aime, à quel point il compte dans ma vie, à quel point il incarne un modèle pour moi, à quel point j’aimerais lui ressembler.
Les mots de l’auteure sont tristes et doux, poétiques, comme s’ils étaient murmurés à l’oreille de ce père malade qui n’est pourtant plus tout à fait en capacité de les comprendre. J’ai aimé cette écriture qui m’a fait penser à bien des auteurs que j’apprécie, comme Agnès Ledig par exemple.

Pourtant, je pense que j’ai malgré tout eu quelques difficultés avec ce roman parce que je sortais d’une lecture très forte et percutante. Et je crois sincèrement que je l’aurais encore plus apprécié si je ne l’avais pas lu juste après Jamais plus. Il me faut encore du temps pour faire le deuil de cette histoire, et je n’étais pas tout à fait prête à enchaîner sur une nouvelle lecture aussi rapidement. C’est donc un livre que je pense ne pas avoir apprécié autant que je l’aurais pu. D’où l’importance de bien choisir ses lectures au bon moment.

En conclusion

Voilà un bel hommage à un père malade rendu dans ce roman juste, nostalgique, doux. À travers la beauté de la plume de Marie Griessinger, l’on sent tout l’amour qu’elle porte à son père et qu’elle ne lui a pourtant jamais dit. Un beau roman que j’aurais encore davantage apprécié si je l’avais lu à un autre moment.

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La Parisienne

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