Nous irons tous au Paradis,
Fannie Flagg

Fannie Flagg est une auteure dont j’ai énormément entendu parler, et d’ailleurs, je possède tous ses romans publiés en français à ce jour (oui, parfois, je prends des risques). Nous irons tous au Paradis est son dernier traduit et paru en France, et j’ai pourtant entendu dire que ce n’était pas le meilleur. J’étais donc un peu réticente, je n’étais pas certaine de l’apprécier. J’ai voulu commencer mon aventure Fannie Flagg avec ce roman, censé être le moins bon, pour n’être que plus agréablement surprise par ses autres titres. Verdict ?

Le résumé

Elner Shimfissle, octogénaire, se fait piquer par une abeille et tombe d’une échelle. Arrivée à l’hôpital, elle est déclarée morte. Les habitants se souviennent de cette femme et s’interrogent sur le sens de la vie.

Mon avis

Le résumé à lui tout seul est assez révélateur de ce roman : il est loufoque, improbable, drôle, et pourtant totalement porteur de sens. Elner, c’est cette vieille dame âgée qui a déjà bien vécu et que l’on aimerait tous avoir auprès de nous. Grâce à son expérience, elle offre de précieux conseils à tout son entourage et sa nature bienveillante prête à sourire. C’est la mamie dont on rêve tous, en fait ! Un personnage que j’ai trouvé très attachant.

Les vingt premières pages ont pour moi été difficiles. Je pense qu’il faut commencer ce roman en ayant une large plage horaire à consacrer à sa lecture, et non en speed dans le bus le matin avant d’aller travailler, comme ça a été mon cas. Pendant quelques jours, j’ai mis le roman de côté car j’avais eu du mal à m’y mettre, et puis finalement, j’avais une soirée de libre et… en deux jours, c’était fini. 
Une fois plongés dans l’atmosphère de ce roman, on n’en réchappe plus. Cette histoire se déroule dans un petit village des États-Unis où tout le monde se connaît, et je crois pouvoir affirmer sans me tromper qu’il s’agit d’un roman d’ambiance. Il se dégage quelque chose de très particulier de cette lecture, on se plongerait sans problème dans ce lieu où tout le monde est voisin. Oui, l’atmosphère et l’ambiance font beaucoup.

L’humour est également une composante essentielle de ce roman. Fannie Flagg fait appel à des personnages volontairement stéréotypés, mais qu’elle dénonce à travers son ironie mordante ! La bigotte qui refuse de se poser des questions qui remettent la Bible en cause, la nièce hypocondriaque qui croit avoir un cancer dès qu’un bouton lui apparaît sur le visage, la vieille dame préoccupée par son âge au point d’enterrer sa date de naissance… Des personnages hauts en couleur qu’on se prend à aimer de tout son coeur.

Et puis, il y a toute cette réflexion autour du sens de la vie, de la mort qui m’a beaucoup plu. Oui, ici, il est question du Paradis, de la vie après la mort, mais aucune réponse n’est clairement donnée finalement. Il y a des indices et chacun est libre de croire ce qu’il veut, moi j’ai beaucoup adhéré à cette vision des choses, à cet au-delà que l’on prend pour une folie passagère mais que l’on retrouve dans notre quotidien. Tous ces petits clins d’oeil m’ont parlé.
J’ai aimé Dorothy et Raymond, j’ai aimé la discussion qu’Elner entretient avec eux sur la création, le rôle des hommes. Cette vision est simple, belle, poétique, elle m’a plu. Au fond, peut-être que c’est parce que j’aimerais qu’il en soit ainsi. Il est peut-être question de mort, mais c’est une interrogation qui est traitée de façon très lumineuse. Pourquoi tant s’en soucier après tout ! J’ai adoré.

Et enfin, il y a ce petit drame que je n’attendais pas et qui donne encore davantage de profondeur à Elner, et qui a achevé de me convaincre que j’aimais énormément cette vieille dame. Voilà.

En conclusion

Nous irons tous au Paradis est un roman lumineux et comique qui traite pourtant de sujets d’actualité loin d’être légers. On s’interroge sur le sens de la vie, sur celui de la mort, mais avec beaucoup de luminosité et sans tomber dans le tragique. J’ai aimé l’ambiance de ce roman qui fait probablement tout son charme. J’ai désormais hâte de découvrir les autres romans de Fannie Flagg qui sommeillent dans ma PAL !

Notation 6 Je recommande

La Parisienne

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