Phobos 3,
Victor Dixen

Phobos est une série que j’ai commencée l’an dernier, et j’avais très envie de découvrir la suite de ce speed dating de l’espace. L’idée de départ, très originale, m’avait séduite et j’étais curieuse de voir ce que l’auteur nous réservait pour ce troisième tome…

Le résumé

FIN DU PROGRAMME GENESIS DANS
1 MOIS…
1 JOUR…
1 HEURE…
ILS SONT PRÊTS A MENTIR POUR SAUVER LEUR PEAU
Ils sont les douze naufragés de Mars.
Ils sont aussi les complices d’un effroyable mensonge.
Les spectateurs se passionnent pour leur plan de sauvetage, sans se douter du danger sans précédent qui menace la Terre.
ELLE EST PRÊTE A MOURIR POUR SAUVER LE MONDE
Au risque de sa vie, Léonor est déterminée à faire éclater la vérité. Mais en est-il encore temps ?
MÊME SI LE COMPTE À REBOURS EXPIRE, IL EST TROP TARD POUR RENONCER.

Mon avis 

Avant de lire ce troisième tome, je pense avoir été très influencée par les nombreux avis dont j’avais eu écho et qui m’avertissaient de son niveau « inférieur » aux précédents. Je m’attendais donc à être déçue, et en sortant de ma lecture, je ne sais pas très bien si je le suis parce que l’on m’a avertie que ça pourrait arriver, ou si c’est parce que le contenu en soi m’a posé problème.
J’ai l’impression d’avoir pris plaisir à retrouver les personnages de l’intrigue, j’étais toujours heureuse de reprendre mon livre là où je m’étais interrompue. Ce qui n’est pas si mal pour un gros pavé de 600 pages, on pourrait vite s’en lasser ! Pas moi, j’avais envie d’en découvrir toujours plus pour arriver au dénouement. Pourtant, quelques points m’ont dérangée.

J’ai trouvé ce tome très hétérogène. Il y a énormément de rebondissements, et tous ne sont pas aussi habilement présentés que ce que j’imaginais. Le gros point négatif de ma lecture, c’est sûrement l’intrigue politique que j’ai eu beaucoup de mal à croire crédible, et qui prend l’ascendant sur la partie plus légère du récit. Bien évidemment, nous nous éloignons totalement de l’idée de départ (à savoir, le speed-dating de l’espace), et c’est d’ailleurs souvent ce que je reproche aux dystopies : le point de départ est totalement évincé, l’intrigue politique prend toute la place, et évidemment on en appelle à une révolution.
Parfois, certains passages m’ont paru très longs alors qu’à d’autres moments, l’action s’enchaînait et je n’avais pas le temps de respirer. Le rythme était assez inégal.

Je n’ai clairement pas compris l’évolution de certains personnages, je pense en particulier à Alexeï qui ici revêt un rôle totalement inattendu. Je ne vois pas à quoi tout cela a été utile, surtout lorsqu’on découvre la fin… il n’a fait que m’agacer tout au long du roman, à jouer au dictateur avec sa cour. Et tout cela pour appuyer un conflit déjà existant entre deux grandes puissances mondiales…
Quant à Serena… non, définitivement, un tel arrivisme, je ne vois pas comment cela serait possible. Enfin, cela dit, les États-Unis ont bien élu Trump président… Tout peut arriver.
Et Kelly ? Kenji ? Kris ? C’est le combo des K, voilà les trois personnages les plus absents de l’intrigue et qui pourtant ont leur lot de mystères irrésolus !

Certains moments clés du roman sont mis en scène de façon à attirer la pitié du lecteur, et cela m’a fait lever les yeux au ciel, je pense notamment à la dernière scène qui confronte Léonor à Marcus. Déjà, je déteste les triangles amoureux. Mais j’aime encore moins lorsqu’un auteur me fait croire qu’il y en a un alors qu’il n’y en a même pas. La facilité avec laquelle Léonor accepte ce qui se produit à la fin du roman, pour Marcus… j’ai trouvé ça beaucoup trop « drama ».
Les révélations sur la naissance d’Harmony m’ont également laissée sceptique, j’ai eu l’impression que l’auteur voulait intégrer trop d’éléments différents à une seule et même intrigue. Pour le dire brièvement : le récit part un peu dans tous les sens. Il n’était selon moi pas nécessaire de noircir encore un peu plus Serena, et la laisser en mère capable d’ordonner la mort de sa fille… ça m’aurait bien plu, dans le genre « esprit tortueux ».

À 70 pages de la fin, l’intrigue n’était toujours pas résolue et je me demandais bien comment Victor Dixen allait réussir à s’en sortir. Heureusement que je sais qu’un quatrième tome arrive, car cette fin est vraiment frustrante. J’ai trouvé dommage qu’il nous faille 600 pages pour arriver à un dénouement balayé très vite finalement. Le moment de la révélation, que l’on attend depuis trois tomes, est évincé très rapidement. On dit adieu à certains personnages d’une manière très théâtrale, sans qu’aucune vraie raison ne soit forcément donnée. Beaucoup de choses restent en suspens, et finalement peut-être que la lassitude m’emporte un peu avec cette suite. S’il faut encore 600 pages à Victor Dixen pour arriver à un épilogue, ça risque d’être un peu long. Mais en même temps, je serai heureuse de retrouver Leonor.
Je n’ai pas aimé le jeu de mensonges-vérités que l’on trouve dans la relation de Léonor et Marcus, ou juste dans la prise de pouvoir finale de Léonor. Je trouve que ce petit stratagème qui vise à surprendre les lecteurs n’était finalement pas très habile ni crédible, et ça m’a agacée (surtout sur la fin, lors de la dépressurisation de la base).

Attention spoilers
J’aime les fins ouvertes, mais pas trop non plus. J’aurais pu survivre à une mystérieuse disparition de Serena, à un épilogue tel quel dans l’ascenseur énergétique, à une Kris qui a complètement pété les plombs et un Alexeï mort dans un sas. Oui, ça, j’aurais pu m’y faire. Je crois même que ça m’aurait plu. Mais heureusement que le tome 4 va arriver pour résoudre tout le reste qui, sans ça, ne sert strictement à rien : Kelly et sa mystérieuse maladie, Kenji et sa secte, le D66… voyons donc ce que Victor Dixen va faire de tout ça !

En conclusion

Ma chronique se concentre beaucoup sur les aspects qui m’ont dérangée dans le troisième tome de Phobos, qui m’a pourtant fait passer un excellent moment. J’ai aimé retrouver les personnages, malheureusement Victor Dixen m’a un peu perdue dans ses explications et dans une mise en scène un peu trop surjouée à mon goût. J’attends de voir ce que donnera la suite…

Notation 4 Agréable à lire

La Parisienne

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