Les Cahiers d’Esther tome 2
Histoires de mes 11 ans
Riad Sattouf

Riad Sattouf est un auteur que j’apprécie beaucoup, je le suis depuis la parution de l’Arabe du futur, dont je lui ai d’ailleurs fait dédicacer le tome 2 lors du Festival d’Angoulême. Je ne m’attendais absolument pas à recevoir le deuxième tome des Cahiers d’Esther, dont j’avais entendu beaucoup de bien l’an dernier au moment de la parution du premier, et encore moins dédicacé !! Un immense merci à Allary Éditions pour cette belle surprise.

Le résumé

Dans ce deuxième tome, Esther est en CM2. Elle raconte la naissance de son petit frère, les attentats, les garçons dont elle est amoureuse, les discussions sur Dieu avec sa meilleure amie, sa maîtresse naine, sa mère qui a grossi, son grand frère débile et son père ce héros… C’est l’année de ses 11 ans !

Mon avis

Si je me suis progressivement mise aux romans graphiques ces derniers temps, j’ai quelque peu délaissé les bandes dessinées, et c’est une chose que je regrette profondément. J’ai de très bons souvenirs d’enfance liés à des BD dont je partageais la lecture avec mes parents, et ce genre me fascine tant il demande un talent incroyable. Je suis totalement médusée lorsque je vois un dessinateur faire naître une image sur papier, je n’ai clairement pas ce don ! C’est pourquoi j’avais tant adoré me rendre au salon de Montreuil, puis plus récemment au Festival de la BD d’Angoulême (Diane, réserve-moi une place car je reviens l’an prochain !).
C’est pourquoi je suis vraiment très heureuse d’avoir renouée avec genre grâce à Riad Sattouf.

Lorsque j’ai ouvert les premières pages, j’ai directement été happée dans le monde d’Esther. Et quel choc ! Esther a 11 ans, et pourtant son langage, son monde… tout m’a frappée. D’un coup, je me suis sentie très très vieille en me disant « Non mais c’est vraiment comme ça que parlent les jeunes d’aujourd’hui ? »
J’ai une petite cousine du même âge qu’Esther, je n’ai pas pu m’empêcher de comparer leurs deux vies qui sont tellement différentes et éloignées l’une de l’autre. C’est le constat principal que je retiens de ma lecture. Quel coup de vieux…

Riad Sattouf aborde avec humour et légèreté des préoccupations d’enfants, presque pré-adolescents (les « mariages » dans la cour de récré, les cours d’éducation sexuelle, les amitiés éphémères, la popularité…), tout en s’attaquant également à de plus lourds sujets qui font écho à de récents événements : les attentats du 13 novembre, ceux de Bruxelles, Nice le 14 juillet.
Tout cela est abordé par le prisme de l’enfance d’Esther, qui ne comprend pas toujours ce qui se passe, qui se fie à ses parents tout en discutant également avec ses amis. Finalement, on se rend compte que l’on est impuissants face à ces actes de terrorisme, et que les conséquences sur les enfants peuvent être directs. Leur parler, leur expliquer, les rassurer est une étape importante dont on ne parle peut-être pas suffisamment.

En conclusion

Je ne m’attendais pas à être projetée dans un quotidien si dur en découvrant la vie d’Esther. Il y a bien sûr la réalité de la cour de récré, et toutes ces préoccupations d’enfants. Et puis, au-delà de ça, il y a également des sujets plus graves : les attentats, le terrorisme, la politique, que Riad Sattouf aborde à travers la vision de cette enfant de 11 ans. Une BD qui m’aura fait sourire, rire, et qui m’aura parfois serré le coeur, à découvrir absolument !

Notation 6 Je recommande

La Parisienne

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