Le Parfum de l’hellébore,
Cathy Bonidan

J’ai découvert ce roman un peu par hasard, sur les blogs de quelques copines qui en disaient du bien. Et, forcément, ça m’a donné envie de le découvrir, même si de prime abord, je ne me serais pas forcément attardée sur sa couverture en librairie. Je remercie Anne & Arnaud pour cette lecture.

Le résumé

Dans les années 1960, Anne travaille chez son oncle, directeur d’un centre psychiatrique parisien. Les traitements sont encore archaïques et certaines décisions de l’institut choquent la jeune fille, qui, se sentant menacée, ne peut rien dire. Le sort de deux malades la préoccupe : celui de Gilles, un jeune garçon autiste de 11 ans, et celui de Béatrice, une anorexique de 14 ans.

Mon avis

Une chose est sûre : en ouvrant ce roman, je ne m’attendais pas y trouver ce que j’ai découvert. Tout comme je ne m’attendais pas à ce qu’il prenne une toute autre direction en plein milieu. C’est donc sur une première impression positive et surprenante qu’a commencé ma lecture, et je n’étais pas au bout de mes surprises.

Nous voilà plongés dans l’univers d’un centre psychiatrique, en plein dans les années 50. Bien sûr, les ravages de la guerre et des expérimentations nazies ne sont pas loin, on pense également à la lobotomie qui est pratiquée de l’autre côté de l’Atlantique à la même période. Les maladies psychologiques sont encore mal connues, et très peu soignées. C’est notamment le cas de l’autisme, dont le petit Gilles est atteint.
Anne et Béatrice vont se lier d’amitié, toutes deux sont des jeunes filles qui viennent d’univers différents. Mais c’est pourtant leur intérêt pour Gilles qui va les rapprocher, ensemble elles remarqueront les progrès accomplis par le petit autiste avec le jardinier, malgré leur jeune âge et leur absence de formation dans le domaine de la psychologie. Peut-être que la finesse d’esprit, l’intelligence, le sens de l’observation suffisent-ils à former de bons psychologues !

Ce livre est la vaste fresque sociale d’une époque désormais révolue. Il aborde des sujets très variés et importants du siècle dernier : le couvent pour les jeunes filles, l’avortement, les moeurs très strictes, les lents progrès de la médecine… et tout cela nous permet de savourer les bienfaits du temps sur l’évolution de notre société. C’est un roman riche et dense qui met en perspective de très nombreux sujets très importants. Et j’ai aimé la façon dont tout cela était traité. Sans être brouillon, sans se perdre, l’auteure au contraire dose très justement ses effets et mesure les drames qui ponctuent la vie de ses personnages, sans jamais sombrer dans le cliché ou le pathos.

J’ai beaucoup aimé, et ce dès le début, la plume de l’auteure, qui incarne plusieurs personnages à tour de rôle. C’est un exercice littéraire très difficile et qui, pourtant, selon moi, est pleinement maîtrisé ici. J‘aime les écritures sobres tout comme j’adore les styles plus travaillés, et Cathy Bonidan a réussi à mélanger les deux de manière très subtile.

Enfin, j’ai beaucoup aimé la fin de ce roman, que j’ai trouvée très belle et très juste. Il n’en fallait pas plus, il n’en fallait pas moins, l’essentiel était là, et l’auteure a su s’y tenir. Il y a derrière ce texte un très beau message qui nous invite à ne pas nous fier aux apparences (et dans un sens plutôt positif). Serge, tout comme Gilles et Béatrice, n’était pas la personne qu’il laissait paraître, et nos personnages ont appris sur eux, ont appris à se découvrir et à découvrir les autres. Le passé laisse son empreinte en chacun d’entre nous, Anne et Sophie en sont les témoins directs.

En conclusion

Je n’ai pas eu le coup de coeur que j’attendais avec Le Parfum de l’hellébore. Pourtant, j’y ai découvert une histoire qui m’a beaucoup surprise et touchée, et je ne m’attendais pas à une telle lecture. Voilà un roman qui aborde de très nombreux sujets avec finesse. À découvrir !

La Parisienne

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