Par amour
Valérie Tong-Cuong

Valérie Tong-Cuong est une auteure que j’ai découverte avec son roman Pardonnable, Impardonnable. Son dernier succès en date, Par amour, a beaucoup fait parler de lui, et j’avais très envie de le lire – le titre à lui seul étant magnifique. Je remercie les éditions Le Livre de poche pour cette lecture.

Le résumé

Pour protéger les siens des absurdités de la guerre, il ne reste parfois que l’énergie de l’amour et la force du sacrifice… Retraçant le destin de deux familles emportées dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale, cette fresque puissante, envoûtante, nous conduit du Havre à l’Algérie et met au jour un pan méconnu de notre Histoire.

Mon avis

Il existe bien des ouvrages qui traitent de la seconde guerre mondiale, ce sujet encore récent est pourtant bien loin d’être épuisé, surtout en littérature, où il a pourtant fait coulé beaucoup d’encre. Aussi, face à cette multitude de possibilités, je deviens de plus en plus exigeante avec les romans qui abordent cette période, je leur en demande toujours plus en terme d’émotions et de personnages. Il devient difficile de me surprendre, puisque je connais l’Histoire, comme tout le monde, et il ne tient pas d’un auteur de la réinventer…

Par amour avait retenu mon attention et la barre des exigences était très haute. Les chroniques dithyrambiques que j’avais pu lire à son sujet m’avaient interpelée, et je m’attendais à une histoire différente, originale, novatrice, poussant le drame encore plus loin (oui, je suis un peu masochiste avec les personnages de guerre, j’aime lorsque leurs destins sont tragiques). Le pari est-il réussi ?
En partie oui, car ce roman m’a appris énormément de choses. Tout d’abord, l’histoire se déroule au Havre, et l’on épouse donc le point de vue des habitants de la zone occupée qui sont pourtant sans cesse soumis aux bombardements alliés. C’est une perception des choses que je n’avais jamais eue, et qui fait pourtant bien écho à notre actualité géopolitique. Pendant le conflit, les civils ont été pris pour cible et ont bel et bien été sacrifiés par nos Alliés, dans le but de causer le plus de dommages possibles aux Allemands…

Le roman nous relate le quotidien de deux familles pendant toute la période de la guerre, alternant les points de vue entre chacun des membres. Certains prendront plusieurs fois la parole, d’autres auront droit à un seul chapitre. Chacun apporte un éclairage nouveau aux dires de ses prédécesseurs, et ce qui ressort, c’est bien évidemment l’amour qui les lie. En cela, le roman porte vraiment très bien son nom. L’amour ne les empêchera pas de commettre des erreurs, mais il servira surtout à les protéger.

Là où j’ai moins été transportée, c’est dans les émotions. Cette fin m’a semblé un peu trop idéale, nous sommes au Havre en période de guerre et pourtant les deux familles sont quasiment épargnées ? N’est-ce pas utopique ? Est-ce possible, est-ce crédible ? Je crois qu’il m’a manqué plus de drame. J’ai lu tellement de romans sur la guerre que les morts de personnages secondaires ne m’atteignent plus, je les trouve au contraire prévisibles. Je pensais de même que le secret de Marline (quel joli prénom !) serait plus… saisissant qu’il ne l’a été en réalité. Il s’agissait là de la seule révélation du roman, et je l’ai trouvée moins magistrale que ce que j’en attendais (je pense plutôt à un inceste).

En conclusion

Par amour est un très bon roman parlant de la guerre, qui m’a permis d’épouser un point de vue que je n’imaginais pas forcément, et grâce auquel j’ai reconsidéré mes connaissances sur la division de la France en zone libre et zone occupée. C’est un roman qui explore les liens ténus de l’amour qui unit des individus d’une même famille. Néanmoins, je m’attendais à être projetée encore plus loin dans l’émotion, et je reste un (tout petit peu) sur ma fin.

La Parisienne

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