Le Malheur du bas
Inès Bayard

Ahhh les joies de la rentrée littéraire ! Ce moment où sortent tout un tas de romans plus intéressants les uns que les autres, mais qui nous font perdre la tête tellement ils sont nombreux. Il faut savoir repérer les pépites, ou se faire conseiller. Mais il est également important de dénicher par soi-même. J’ai eu la chance de recevoir Le Malheur du bas bien longtemps avant sa parution, et je remercie les éditions Albin Michel pour cette lecture.

Le résumé

Dans ce premier roman suffoquant, Inès Bayard dissèque la vie conjugale d’une jeune femme à travers le prisme du viol. Un récit remarquablement dérangeant.

Mon avis

Les éditions Albin Michel (et Claire plus précisément) me connaissent bien. D’une part, parce que j’adore les romans courts, et d’autre part, parce que j’adore les romans à revendication ou consonance féministe (ce n’est pas pour rien que j’ai lancé un Club de lectures sur le sujet !). Claire a vraiment su viser juste avec ce roman qui m’a profondément perturbée, remuée, et dont j’ai vraiment besoin de vous parler aujourd’hui.
D’ailleurs, je suis très heureuse à l’idée de pouvoir bientôt organiser une rencontre en compagnie de l’auteure pour discuter avec elle de son roman.

Ce roman nous présente l’histoire d’une jeune femme qui va vivre l’enfer. C’est bien de cela qu’il s’agit : une véritable descente aux Enfers pour une héroïne pour qui tout va plutôt bien en apparence, mais qui dissimule pourtant un secret qu’elle va taire à son entourage. Un secret qui va la ronger petit à petit, jusqu’à commettre l’irréparable.

Ce roman est profondément marquant. La scène du viol m’a littéralement rendu malade, j’en ai eu des nausées pendant plus d’une heure (pour une scène qui ne dure pourtant que deux pages… !). Elle me hante encore plusieurs semaines plus tard, et je ne peux m’empêcher d’y repenser sans avoir l’estomac noué. Ce n’est pas la seule scène qui m’a marquée, par ailleurs, plusieurs situations sont choquantes.
Toute l’histoire se déroule dans une espèce de torpeur et de violence passive qui m’a beaucoup secouée. C’est une lecture éprouvante, je ne vous le cache pas, il faut se préparer et la débuter dans le bon état d’esprit.

J’en viens au dénouement qui m’a pour le coup beaucoup rappelé Je me suis tue de Mathieu Ménégaux (désolée pour la comparaison et pour l’éventuel spoil qu’elle contient). Ayant lu le roman de Mathieu récemment, je m’étais doutée de ce retournement de situation et je n’ai pas été aussi surprise que j’aurais pu l’être.

En conclusion

Le Malheur du bas est un roman qui ne peut pas vous laisser indifférent. L’histoire est tellement choquante qu’elle suscitera nécessairement des réactions parmi son lectorat, et j’ai vraiment hâte d’en discuter lors du prochain Club de lectures féministes. Je conseille ce roman à un public averti.

La Parisienne

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