Le bal des folles
Victoria Mas

Ahhh les joies de la rentrée littéraire, ses centaines de nouveautés parmi lesquelles piocher, et ces quelques titres encensés par la critique, parmi lesquels… celui-ci. Repéré pour ma part lors de la rentrée littéraire des éditions Albin Michel, l’autrice avait su me donner envie de découvrir son roman. Ce sera donc ma petite exception pour cette rentrée littéraire, un moment que je n’aime pas particulièrement contrairement à bien nombre d’entre vous. Je remercie les éditions Albin Michel pour cette lecture.

Le résumé

Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Réparti sur deux salles – d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques – ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève, dont Victoria Mas retrace le parcours heurté, dans ce premier roman qui met à nu la condition féminine au XIXe siècle.

Mon avis

J’étais intriguée par ce roman lors de la présentation de la rentrée littéraire d’Albin Michel, car je trouve que son autrice en a très bien parlé. C’est un sujet qui me plaisait évidemment parce que je suis très vite attirée par les romans aux consonances féministes, j’aime lorsque l’on parle de destins de femmes qui cherchent à s’émanciper de leur condition, que ce soit à notre époque ou dans un contexte historique plus spécifique.

Le bal des folles est un roman court, c’est probablement le principal reproche qu’on pourrait lui adresser. Mais cela mis à part, c’est un roman efficace et bien écrit qui nous happe dans l’atmosphère de la Salpêtrière des années 1890.
J’aime toujours découvrir des faits historiques méconnus, et les travaux menés par Charcot sur ses patientes hystériques étaient par exemple quelque chose dont j’ignorais l’existence. C’est assez incroyable pour moi de me dire que si j’étais née 100 ans plus tôt, tout cela aurait pu m’arriver… Car bien évidemment, ne vous y méprenez pas : les aliénées ne sont pas (toutes) folles. Ce sont des femmes qui bousculent leur entourage et dont la société cherche à se débarrasser. Quelle hypocrisie !

Trois personnages nous sont présentés, trois femmes attachantes qui ne méritent pas le sort qu’elles subissent. Je pense m’être plus spécifiquement reconnue en Eugénie. J’ai aimé son don qui apporte une dose d’interrogations, et qui permet d’introduire le sujet de la religion. J’ai également beaucoup aimé Louise, son besoin d’amour et l’injustice de son sort m’a touchée. Quant à Geneviève, c’est probablement celle à laquelle je me suis moins attachée car elle est tenue à distance du lecteur. Elle est la seule en mesure d’agir et qui nous laisse pourtant impuissant.

En conclusion

Ce roman est riche, dense, intéressant ! J’aime lorsque la fiction remplit un rôle pédagogique comme c’est le cas ici. Ce roman est peut-être un peu court, j’aurais aimé en apprendre davantage sur les travaux menés par Charcot à la Salpêtrière. Ca n’en est pas moins une belle découverte !

La Parisienne