9782266255127Entre mes mains le bonheur se faufile,
Agnès Martin-Lugand
Ma note : 13/20

Vous vous souvenez certainement de l’excellent moment que j’avais passé avec Les Gens heureux lisent et boivent du café, un roman très court et sans prétention mais que j’avais adoré pour sa sobriété. L’on m’a récemment offert Entre mes mains le bonheur se faufile, que je me suis empressée de lire pour retrouver la jolie plume d’Agnès Martin-Lugand.

Mon résumé

Lorsque s’ouvre ce roman, la parfaite petite vie d’Iris vole en éclats. Elle apprend au détour d’un repas de famille que ses parents lui ont volé sa carrière de couturière en ne lui avouant pas qu’elle avait été reçue dans l’école qu’elle convoitait secrètement. Désormais mariée et employée de banque, Iris va abandonner son métier qui ne l’épanouit pas pour tenter sa chance à Paris, dans une formation à l’Atelier, où elle fera la rencontre de Marthe et de Gabriel.

Mon avis

Les romans d’Agnès Martin-Lugand m’attirent toujours pour leurs couvertures magnifiques, sobres et efficaces, à l’image de son écriture. Encore une fois, c’est pour moi une réussite graphique qui donne au lecteur un indice sur le contenu de ce qu’il va découvrir. A l’image de ces titres si poétiques.

Si j’avais adoré explorer la douleur de Diane dans le premier roman de l’auteure, je n’ai pas réussi à réellement m’attacher à Iris, un personnage que j’ai trouvé fade, passive, naïve et extrêmement docile, ce qui a eu tendance à m’agacer prodigieusement. Tout au long de l’intrigue, notre héroïne se laisse successivement donner des ordres par Pierre, son mari, puis Marthe, son mentor, manquant parfois de caractère. Elle se révèle malgré tout forte dans ses décisions : celle de reprendre la couture, celle de choisir l’homme qu’elle aime.

L’ambiance de ce roman est radicalement différente de celle des Gens. Avec les Gens, Agnès Martin-Lugand explorait la douleur, la colère, le besoin de changement d’une héroïne incroyablement forte pour assumer ses choix et ses décisions. Le roman était celui d’une reconstruction qui s’opérait seule.
Bien au contraire, dans Entre mes mains le bonheur se faufile, jamais Iris n’est seule. Elle n’apprend rien d’elle-même. Et l’atmosphère apparemment légère du début laisse progressivement place à des révélations oppressantes, malsaines, dans un climat d’angoisse. Etrangement pourtant, je dois avouer avoir totalement adhéré au changement et à ces nouvelles vérités qui viennent ponctuer la vie d’Iris. Tout était un peu trop facile, et enfin, l’intrigue semble prendre un autre tournant que celui prévu. C’est un roman que l’on commence en attendant quelque chose, sans que l’on ne parvienne pourtant à le définir, jusqu’à ce qu’enfin les explications tombent.

L’intrigue n’est pas sans faire écho aux Liaisons Dangereuses, et je n’ai évidemment pu qu’adorer cette référence pour moi mythique et incontournable. Un vrai bonheur de retrouver tant de jeux de pouvoir et de manipulation sentimentale ! Malgré tout, j’aurais largement préféré un dénouement plus tragique, un revirement dans l’attitude de Gabriel.

En conclusion

La force de ce roman repose indiscutablement sur ses révélations et sur la tension qui monte crescendo. Néanmoins, la faiblesse de l’héroïne m’aura fait regretter la profondeur plus touchante des Gens. Un roman qui m’aura moins convaincue, mais une auteure que je continuerai à lire pour son écriture et le réalisme quotidien de ses histoires !

La Parisienne

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